OULAD M'BARK
Gaehouch. — Oulad Mahmoud. — El Khouizi
Population approximative^ 18^000 ; — guerriers : fantassins, 1,400 ; cavaliers, 300.
Comme les Oulad Naceur, les Oulad M'Bark viennent des Béni Hassan. Ils sont les descendants directs de M'Bark, frère de Makh Far. Ils ont été pendant de longues années des conquérants heureux et invincibles. Pendant que les Brackna et les Trarza descendaient lentement vers le Bas-Sénégal, eux s'avançaient hardiment à travers le désert et venaient planter leurs tentes jusque sur les frontières du Bakounou.
Mais la guerre les ont peu à peu décimés. Ils ne sont plus aujourd'hui qu'une tribu affaiblie. On estime leur nombre à 18,000 individus qui ne comptent pas plus de 300 cavaliers et 1,400 fantassins.
Les Oulad M'Bark ne vivent pas sous le commandement d'un chef unique. Us sont partagés en quatre groupes :
1® Les Gaehouch, fraction la plus importante qui comprend sous l'autorité de Sidi Ahmet Ould Abidin :
Les El Fatta ; Les Oulad Mounoun ; Les El Sazka ; Les Oulad Ahmed ; Les El Mahamdah ; Les El Loukherad ; Les El Mokhaliss ;
Les El Modiat ; LesElDjerdit; Les Ataris ; Les Oulad Kher.
2° Les Oulad M'Bark du Bakounou (Ooumbon) constitués par les El Bousseïf OuFd Ahmet qui se subdivisent en : El Founti ; Oulad Aly ; El Bemeïsat ; Et Oulad Billi.
Ils ont pour chef Ousman Ould Amar.
S'' Les Oulad iTBark du Ouagadou (Qoumbou) plus connu sous le nom des Oulad Mahmoud appelés aussi Ladoumous.
Les Oulad Mahmoud ont pour chef Ely Ould Djidou Ould Zim appelé aussi Ely Ould Zim.
Ce sont d'anciens zénaga des Oulad M'Bark devenus indépendants depuis que leurs maîtres ont perdu leur puissance.
Us comptent de nombreuses tribus :
Les Oulad Legass ;
Les El Tiki ;
Les Ladoumous ;
Les Loumhaïlis ;
Les El Drag^elé ;
Les El Idabouk ;
Les Oulad Yadass ;
Les Oulad Skakina ;
Les Oulad Abdoul Ouakan ;
Les Tergelei ;
Les Oulad Ahloul ;
Les Leggras ;
Les El Apna ; »
Les Oulad Eorma ;
Les Dzeimarik.
A eux seuls les Oulad Mahmoud forment une agglomération d'environ 10,000 individus et peuvent avoir 100 cavaliers et 800 fantassins.
4® Les Oulad Khouizy ont pour chef Amar Dîko. Les Askeur ne sont qu'une fraction des El Ehouizi et c'est à tort qu'on les a considérés longtemps comme une tribu particulière indépendante. Ils sont d'ailleurs peu nombreux et moins importants encore.
Vers 1840, les Oulad M'Bark étaient en guerre constante avec les Dowich et les Mechdouf. Ils avaient alors un chef dont le nom est resté célèbre dans leur mémoire, Âmar Ould Ousman. Il tint tête à toutes les forces de Bakar Ould Soueïdi, chef des Abakak, qui était cependant à cette époque dans toute sa puissance, et il s'imposa dans le pays de telle façon que toutes les caravanes subissaient ses exigences.
Cette autorité dura plusieurs années; les mutineries de quelques tribus rebelles à son autorité furent rapidement maîtrisées.
Lorsque les bandes- d'El Hadj Omar parurent dans le pays, Amar Ould Osman marcha à leur rencontre. Et c'est un fait à retenir que ce prophète tidjani, prêchant la guerre sainte au nom de la foi islamique, ne trouva que des adversaires, dans ce groupe des Maures de l'Afrique occidentale, cependant musulmans. — Les gens d'Omar, commandés par son frère, durent se replier. El Hadj accourut et vint lui-même attaquer le camp d'Amar Ould Osman qui, malgré une brillante résistance, fut défait mais ne se soumit point. Il suivit les troupes d'Omar pas à pas, les harcelant sans cesse et avec le concours des Peulhs, le battit à son tour à Sambakha. Cependant El Hadj prit bientôt sa revanche et rejeta les Oulad M'Bark dans le désert.
Amar mourut peu de temps après. Plusieurs chefs se succédèrent sans laisser d'autre trace que leurs noms, jusqu'à un nommé Baddi Ould Mokhtar qui rouvrit les hostilités contre les gens d'El Hadj Omar. Ce dernier avait quitté le pays laissant le commandement de ses troupes à un de ses captifs, Mustapha, qui s'était acquis par sa valeur et son intelligence la confiance de son maître et possédait une énorme autorité sur les Toucouleurs qui l'accompagnaient.
Baddi vint jusqu'à Nioro, y pénétra et razzia complètement le village. Cependant Moustapha, qui ne s'endormait pas, lui donna la chasse, le rattrapa à Ouarguetta et lui reprit tout son butin plus les captifs et les femmes qui l'avaient accompagné. Baddi tenta un suprême effort pour reprendre ses biens, mais il fut de nouveau défait et dut demander la paix à Mustapha qui l'envoya
à Ségou traiter a^vec son maître. El Hadj la lui accorda; mais Amar* mourut mystérieusement au moment de son retour.
Son fils Ely prit le commandement des Oulad M'Bark. Il tenta plusieurs fois, mais sans succès, de leur rendre leur ancienne puissance. Les Oulad M'Bark durent se retirer dans le haut Sahel et ne redescendirent que lorsque nos troupes s'installèrent définitivement au Soudan.
Aujourd'hui nous les retrouvons divisés comme ils sont revenus du désert et, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, Ely qui, après la dispersion des Oulad M'Bark, était resté à la tête des Oachouch, est remplacé depuis 1895 par Sidi Ahmet Abiddin, son frère.
Les Oulad Mahmoud, comme les Oulad M'Bark, sont à peu près tranquilles. Ils comptent environ 10,000 individus dont 300 cavaliers et un millier de fantassins. Assez turbulents entre eux, ils ne sont pas extrêmement guerriers. Deux de leurs tribus, les Tiki et les Dzeimarik sont fréquemment en désaccord. Elles se pillent réciproquement et sans grand tumulte.
Les El Khouizi et les Askeur sont des tribus insignifiantes qui vivent en paix dans le cercle de Eayes.
Depuis le l*' octobre 1901, les Oulad M'Bark sédentaires paient un droit fixe tous les ans en remplacement des droits de pacage.
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