ACTE I, SCENE VU i
JEAN
Oui...
C'est moi qui vous fais fuir?
JEAN
Peut-être... Non...
ROBERT
Vous êtes de l'usine?
JEAN
Que vous importe?... Moi ou un autre 1... (7/ veut s'en aller.)
ROBERT
Restez, je vous en prie!... Et dites-moi votre nom.
JEAN
Je n'ai pas de nom...
ROBERT
Ah! (Un courl silence)... Pourquoi me parlez- vous ainsi?... Vous ne me connaissez pas!...
JEAN
Pourquoi m'interrogez-vous ainsi?... Je n'ai rien à vous dire...
robert, il lui tend la main.
Je suis votre ami...
jean, le regard mt des pieds à la tête, avec hauteur.
Oui... oui... je sais... Parbleu!... Le fils du patron, révolutionnaire et socialiste... anarchiste aussi, sans ' doute!... C'est très à la mode, cette année, chez les bourgeois... Ah! cela fait bien... cela a de la tour-
nure!... et c'est charmant avec les millions que nous vous gagnons... (Violent.) Laissez-moi!...
ROBERT
Je vous défends de douter de ma sincérité.
Et moi, je vous défends de croire à ma bêtise!...
u o B E H T J'ai djéjà donné des gages... j'en donnerai d'autres.,.
JEAN
Vos prêches... vos articles... vos livres?... Je les connais... je les ai lus!... Si je les ai lus!... Mais, c'est attendrissant, en effet... Réconciliation... bonheur universel... fraternité!... Et quoi encore?... Ah ! vous la chantez bien, la romance!... Tenez, j'aime mieux votre père... IL est dur, implacable... il nous assomme par le travail et par la faim, en attendant, sans doute, les coups de fusil... Au moins, avec lui, il n'y a pas d'erreur!...
ROBERT
11 ne s'agit pas de mon père... il s'agit de moi...
JEAN
Vous!... (// hausse les épaules.) Allez donc débiter vos patenôtres aux camarades... Ce sont de pauvres diables, de douloureuses brutes, qui ne savent pas ce qu'ils veulent et qui ne croient qu'à la puissance des mots... Moi, je ne crois qu'à la puissance des actes... sais ce que je veux !
eiobert, avec tristesse.
vraiment?...