‹ Les mauvais garçonsChapitre 20 sur 47 · U26 I.IS MAUVAIS · texte numérisé non relu

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Pourtant, ce u'étnit [)as k l'or du genliihomme qu'il en voulait; il se contenta de s'emparer d'une petite clef qu'il serra soigneusement sous son lîoqueton, en faisant mine de reporter une bouteille sur le dressoir.

Son maître ne proféra pas une parole pendant tout le repas. Il répondit par des signes de tête à toutes les questions et aux civilités empressées de la comtesse.

Cependant les convives se levèrent pour quitter la table., et le cbapelain, les mains jointes, balbutia, selon l'usage, la prière du soir. Tandis que le cbevalier du guet achevait sa dernière rasade , que les pages étaient occupés de la desserte, et que le capitaine , prenant affectueusement la main du prieur Enguerrand, lui contait à l'oreille quelque tour égrillard, la comtesse poussa un cri subit et devint toute pâle. Chacun se retourna ; gentilshommes et valets l'entourèrent aussitôt, et tous, effrayés de l'agitation qu'ils remarquaient dans les traits de madame de Laborne, l'interrogeaient vainement pour en connaître la cause.

Elle ne répondit point, mais elle porta à son front une main tremblante et glacée.

Don Enguerraiid promenait un regard soupçonneux sur tous les visages, comme pour chercher dans un coup d'œil, dans un froncement de sourcil, l'explication de cette terreur mystérieuse dont la cause échappait à sa jalouse surveillance. Il épia surtout le nouvel hôte du château, qui, tout enfermé dans son armure de fer, était resté sur son escabelle, et s'occupait tranquillement, au milieu de l'inquiétude générale, à remettre un de ses gantelets.

La présence de cet homme gênait cruellement le prieur, qui ressentait déjà pour lui, sans le connaître, une de ces haines d'instinct qui ne se peuvent expliquer.

La figure jaune et impassible de l'écuyer qui l'accompagnait était comme un livre fermé où son œil ne pouvait pénétrer. Il vouait au diable, dans son cœur, et son jeune fdleul et sa maudite rencontre, et il se promettait bien de ne pas laisser échapper l'hôte du capitaine de Laborne sans connaître son visage et son nom.

Cependant, la comtesse avait repris ses sens. Elle appela sa chambrière , prétexta une indisposition occasionée par la fatigue de la veille, et prit congé de la compagnie. Hugues vint baiser

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respj'rtiieusemeut In inaiii âv sn mèr(! , qni le pressa dans ses bras avec un soupir douloureux; puis, sans daigner répondre au prieur, qui lui offrait sa main pour sortir de la salle, elle se retira.

Don Enguerrand, rouge de h«nte et de dépit, la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle eût entièrement disparu dans l'obscurité du long corridor. Soit le hasard, soit à dessein, madame de Laborne, en sorta.nt, laissa glisser sur le carreau un mouchoir brodé aux armes de sa maison. Il fut relevé aussitôt et rendu à la noble dame par l'écuyer de l'étranger. Le prieur remarqua ce mouvement avec un déplaisir qu'il ne put celer; mais il n'entendit pas les paroles que la comtesse laissa tomber dans l'oreille de l'écuyer, tandis que celui-ci lui remettait son mouchoir, un genou en terre, le chef découvert, en signe de respect.

— Qu'il vienne ! je l'attends.

Ces mots, articulés du bout des lèvres et du ton le plus bas, ne furent entendus que de celui à qui ils étaient adressés.

Le gentilhomme espagnol se leva enfin, et vint au-devant du capitaine de Laborne , auquel il

adressa un court compliment que personne ne put comprendre, parce qu'il était prononcé en langue castillane. Puis il fit un signe à son écuyer, qui s'arma d'un flambeau à deux branches, et ils sortirent tous deux de la salle, précédés d'un valet du château, chargé de les conduire à l'appartement qu'on leur avait destiné.

Don Enguerrand, sans répondre au salut d'adieu que lui avait adressé l'étranger, prit le bras du comte, et attira rudement à lui le chevalier du guet, sous le manteau de la cheminée. Il fit fermer les portes de la salle, et pria les deux jeunes gens de vouloir bien écouter l'importante révélation qu'il leur allait faire.

Pendant ce temps, la comtesse est dans sa chambre, accoudée sur une petite table , le visage dans ses deux mains, le sein gros de soupirs, les yeux trempés de larmes.

Blanche, la chambrière, se tientdebout derrière sa maîtresse. Elle attend que madame de Laborne lui donne quelques ordres; mais la comtesse ne s'aperçoit pas même de sa présence, tant est grande sa préoccupation, tant son esprit est bouleversé.

Blanche se hasarde à offrir ses services à sa

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