f.ES MAUVAIS
guerrand la considéra long-temps en silence, et ses yeux s'animaient peu à peu d'une expression qu'ils n'avaient pas eue jusqu'alors. Il se rapprocha de la comtesse, qui, cette fois, lui abandonna sa main comme une malade dont la lièvre a égaré les esprits.
— Éléonorel pourquoi de la sorte habiller de tristesse et de deuil des jours que le ciel avait faits pour être clairs et sereins ? Pourquoi vous tant refuir de moi, qui voudrais de vos volontés que pas une ne restât inaccomplie? Dieu m'est témoin si, depuis vingt années jà passées, j'ai un seul instant cessé de vous idolâtrer du plus profond de mon amour 1 Dédains, mépris, trahisons ne m'ont été de rien. Je vous aime, ingrate, comme au' premier jour où je vous ai connue. Mon cœur éclate, mon haleine brûle comme à l'instant où je ressentis pour la prime fois le feu de vos baisers. Oh 1 je donnerais ma vie, Eîéonore, pour retrouver une de ces nuitées que votre amour jadis me faisait si belles et si fortunées. Oh ! je donnerais mon âme pour aviser un petit, comme par le passé, vos prunelles toutes de flamme, blanchir sous vos noirs cheveux.
— Sainte Marie ! où suis-je ? murmura la comtesse.