PREFACE V
ces enfers dont je parlais tout à l'heure , innocents qui portent' si cruellement la peine -d'un mal qu'ils n'eut point causé! 11 s'agit du principe même de la famille, sur lequel toute société s'appuie et qui est si profondément altéré par les infractions secrètes et par les scandales publics dont s'afflige vainement l'impuissance des moralistes.
Que faire? Faut-il rétablir le divorce? Je ne me dissimule pas tout ce" que cette proposition aurait de mal sonnant aux oreilles d'un certain monde. Je vois d'ici, à ce seul mot, toute la phalange des êtres constants et même la cohorte des mo])iles, assez adroits pour voiler leur mobilité, se dresser contre moi.
Je ne m'efl'raye pas pour si peu.
Le divorce n'est qu'un expédient, et encore n'est-il pas merveilleux. Toutefois, je préférerais encore la situation régulière et légale' d'un mari et d'une femme divorcés aux situations scandaleuses et anormales qu'enregistre chaque jour la chronique des tribunaux.
Faut-il laisser la loi du divorce dormir dans les nécropoles législatives et vaut-il mieux modifier le chapitre du code civil qui régit les séparations de corps?
C'est possible. L'une ou l'autre solution serait provisoire. Il est vrai que nous sommes dans un pa^s
où le provisoire a des chances de durée.