‹ Les mauvaises herbes du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 48 · FAMILLE DES CRUCIFÈRES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CRUCIFÈRES

Il est pau de familles de plantes d’une importance économique aussi grande que celle des Cruci ères ou famille des Moutardes, non seulement | en raison du grand nombre de mauvaises herbes importunes qu'elle com- | prend, mais aussi par le fait qu'il ne s’y trouve pas une seule plante vénéneuse. Un grand nombre d’espèces fournissent des aliments bien connus et excellents; par exemple : le chou, le navet, le radis, le cresson, etc. Tout:fois, quelques-unes de nos pires mauvaises herbes, dont la plupart ont été introduites en Canada, appartiennent à cette famille. Les caractères de la famille sont faciles à reconnaître. Les fleurs sont régulières, composées de uatre sépales libres et de quatre pé ales libres, formant une fleur en croix, d'où le nom de la famille, Crucifères. Les fleurs sont portées sur des pédoncules et réunies au sommet des branches en grappes qui s'allongent graduellement et au bas desquelles sont souvent des fruits tout formés et { même mûrs avant que les fleurs du sommet se soient épanouies. Les fruits des Crucifères sont des siliques de diverses formes. Les graines sont en général petites et trèe nombreuses. Elles sont le plus souvent à surface plutôt terne, plus ou moins granulée, et beaucoup, lorsqu ‘on les met dans l'eau, se couvrent de poils gélatineux et d'un mucilage au moyen desquels, NII quand elles ont séché, elles restent vollées aux surfaces des objets en contact ; ceci est un facteur important dans leur dissémination. La quantité du mucilage varie, Sur certaines graines il reste après de cation comme une couche de pointes en forme de poils où comme des fili. L'enveloppe de la graine st en général mince et étroitement appliquée, de sorte qu’au travers on distingue aisément la forme d: l'embryon. La position qu’occupe l’embryon au deda de la graine est souvent d'un grand secours pour la déterminatio. es graines des Crucifères. Suivant la position respective des feu!” séminales et de la radicule à l’intérieur des graines de Crucifères, embryon est dit être :

1. Accombant, lorsque la radicule est couchée le long du bord des feuilles séminales, comme chez le Tabouret.

2. Incombant, lorsque la radicule est couchée sur l’une des feuilles

séminales, comme chez la Bourse-à-pasteur, la Passerage commune et le Vélar d'Orient.

3. Oblique, lo-sque la radicule est couchée en biais en travers des feuil'es séminales, comme chez le Vélar d' lecident.

4 Condupliqué, lorsque ln radicule est couché sur le dos de l'une des feuilles sS‘minales qui sont doublées en long des deux côtés sur la radicule, comme chez la Moutarde, le Radis, ete.

Beaucoup de Crucifires ont dans les racines, les tiges ou les graines une odeur où un goût qui aident à les faire distinguer. Les feuilles et les tiges de plusieurs sont revôtues de petits poils étoilés. Nous traitons ici Siparément et figurons les plantes nuisibles les mieux connues ou les plus itportunes; nou: en mentionnons d'autres que l'on pourrait confondre avec celles-ci e! faisons remarquer les principales différences.

Une famille alliée de près à celle des Crucifères est celle des Carrari-

ñ DACLES, qui possède quelques caractères importants en commun avec elle : j des fleurs eruciformes, des siliques, toutefois non cloisonnées, et souvent un | ; 29 j ‘il PP ne En ao commen mena ane mmmnmmnnn Eee

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goût âcre ou piquant. Les principales différences entre les deux familles sont que chez les Crucifères quatre étamines, sur les six présentes, sont longues et deux sont courtes, tandis que chez les Capparidacées, toutes les six sont d’égale longueur, et que la silique des Crucifères est divisée en deux loges égales par une mince paroi. On irouve quelquefois dans le blé de l'Ouest les curieuses graines [pl. 55, fig. {—grosseur naturelle et x 4] de la CLÉOMÉ À FEUILLES ENTIÈRES (Entire-leaved Spider-flower, Cleome integrifolia T. & G.), qui est une Capparidacée. Ces graines sont en forme de coin arrondi cu rénifornes allongées avec un profond sillon arqué sur chaque face sur les deux tiers de Ja distance depuis la base en pointe aiguë jusqu” au sommet. Ces graines, quan elles sont mûres sont brun foncé, rudes au toucher, la surface étant couverte d’aspérités de couleur moins foncée; les graines non encore mûres et séchées sont jaunâtres.

PLAPICHE 1.

VÉLAR FAUSSE-GIROFLÉE (Erysimum cheiranthoides L.).

Nom anglais: Wormseed Mustard.

(Nuisible: N.-0.)

Iudigène. Plante annuelle et annuelle hivernante. Tiges dressées, simples ou branchues, de 6 pouces à 2 pieds de hauteur. Vert foncé; toutes la plante quelquefois blanchâtre, revêtue de poils étoilés très courts. Feuilles lancéolées, faiblement sinuées-dentées. Fleurs jaune vif, de ! de pouce de diamètre, en grappes terminales, d'environ 1 pouce de diamètre et qui s’allongent graduellement. Siliques légèrement arquées, de 4 pouce à | pouce de longueur, à quatre angles arrondis, dressées sur des pédoncules étalés. Chaque silique contient environ vingt-cinq graines. Une plante ordinaire müûrit environ 25,000 graines. Graines [pl. 53, fig. 1— x 2et x 8]. de srosseur et de forme variables : beaucoup sont en pointe à une extrémité et arrondies à l’autre, d'environ 3, de pouce de longueur, à surface terne, jaune rougeâtre plus foncé vers la base et à peu près sans mucilage. Radicule proéminente et incombante, c’est à dire couchée le long du dos de l'une des feuilles séminales, que l’on distingue facilement dans la graine sèche. Le goût des graines est très amer: aussi les animaux ne les aiment pas, et quelques nourrisseurs disent qu'elles leur sont très nuisibles. Cette assertion n'est toutefois par confirmée par de récentes expériences à Port Arthur, où on en a fait manger impunément en grande quantité à des moutons.

Fleurit: Depuis juin à l’autonme: graines mûres de juillet aux gelées.

Se multiplie: Par groines.

Se trouve: Fréquemment dans les lieux incultes et dans les terrains cultivés. Dans tout le Canada.

Dommage: La graine est une impureté commune dans la graine de trèfle: la plante est une mauvaise herbe des jachères et des grains semés sur éteules, parfois en telles quantités qu’elle étoufte le grain.

Remède : Va Fausse-giroflée eause surtout du tort par Îles plantes dont les graines ont germé en automne et qui ont résisté à l'hiver. Il est, toutefois, facile de détruire ces plantes par un labour en automne ou au printemps. Le travail au pulvérisateur à disques est très effectif si on le fait de bonne heure au printemps avant que les plantes aient poussé trop de nouvelles racines.

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Planche 2

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