COMMENT LES MAUVAISES HERBES SE RÉPANDENT
Dans le siècle actuel de communications faciles et étendues entre toutes les parties du continent, et même avec le monde entier, les graines de mauvaises herbes peuvent fréquemment être introduites dans des parties du pays qui n’en étaient pas auparavant infestées.
Il y a bien des manières dont les mauvaises herbes se répandent :
1° Par les agents naturels. Le vent porte les graines à de grandes distances, non seulement en été, mais aussi en hiver avec le sl qu'il fan voyager et sur la surface de la neïge. Les cours d'eaux les distribuent sur tout leur parcours. Elles sont aussi disséminées par les oiseaux qui se nourrissent de graines et par les animaux herbivores, dont les graines traversent le canal alimentaire sans être digérées, ou bien elles se fixent à quelque partie de leur corps par des artifices spéciaux desquels elles ont été pourvues par la nature dans ce but même, tels que des poils barbelés, des épines, des sécrétions gommeuses, etc.
2° Par l'homme. Les graines des mauvaises herbes sont fréquemment introduites mélées à des graines agricoles, surtout aux graines bon marché, mal nettoyées: elles sont aussi apportées dans des fermes précédemment propres dans le fumier venant des villes, ou bien elles sont importées dans le foin employé comme matière d'emballage où comme fourrage. En outre, elles sont souvent portées d'une partie d'une même ferme à une autre par les charrettes, les brouettes, les semoirs, les machines à battre ou &’autres outils agricoles. Les grands avantages que nous tirons des chemins de fer, sont contre-balancés par le fait qui » été constaté, qu'ils ont été le moyen d'introduction de bien des mauvaises herbes dans de nouvelles localités: les graines étaieut tombées des wagons, soit par l'effet des secousses dans la marche des trains, ou quand on les nettoyait aux lieux d'arrêt.
Un fait qu ‘il ne faut toutefois pas oublier, c'est que les compagnies de chemin de fer ne produisent pas elles-mêmes ces graines de mauvaises hertes. Elles voiturent simplement pour les : :ltivateurs et préfereraient de beaucoup transporter du grain parfaitement pur de mauvaises graines de toute espèce que celui qui pourra causer du dommage dans un nouvel endroit à la prospérité et au progrès duquel elles sont intéressées. Ils est de le plus grande importance de surveiller de près tous les talus de chemin de fer et toutes les cours de stations de manière à voir et à détruire avant qu'elles se répandent dans la contrée environnante, toutes nouvelles mauvaises herbes qui peuvent faire leur apparition.
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CLASSIFICATION DES Mauvaises HEnBEs.
On peut classer les mauvaises herbes, comme toutes les autres plantes, simplement suivant le nombre d'années qu'elles vivent, en Annuelles où vivant un an, Bisannuelles ou vivant deux ans, et Vivaces, ou vivant plusieurs années. Dans la lutte contre les mauvaises herbes il est de la plus grande importance de considérer à luquelle de ces trois classes chacune appartient; car dans la plupart des cas, le traitement est simple et sera basé sur les principes généraux suivants : empêcher les plantes annuelles et bisannuelles de produire des graines, et empêcher les nf rs vivaces de former encore des feuilles, des racines et des tiges souterraines.
Les HERBES ANNUELLES, qui complètent toute leur existence en une année, ont en général de petites racines tibreuses et produisent une grande quantité de graines. De ce nombre sont le Sénevé ou Moutarde des champs, le Tabouret des champs, le Chou-gras, la Renouée liseron, le Pourpier, l'Herbe à poux, la Folle Avoine. Il y a aussi quelques plantes annuelles appelées ‘‘Annuelles hivernantes,”” qui non seulement sont de vraies plantes annuelles, dont les graines germent au printemps, mais qui vivent d’une année à l’autre: les graines produites pendant l'été lèvent en automne et les plantes se développent en partie avant l'hiver et complètent leur existence le printemps suivant Telles sont la Bourse à pasteur, la Passerage, le Tabouret des champs, déja mentionné, la Neslie, le Vélar d'Orient, la Vergerette du Canada et la Bardanette.
Les HERBES BISANNUELLES, auxquelles il faut deux saisons pour compléter leur croissance, recueillent et emmagasinent pendant la première un approvisionnement de matière nutritive, qu’elles emploient la saison suivante pour produire des fleurs et des graines. On en a des exemples dans la Bardane, la Fausse-tanaisie, l'Onagre commune et la Vipérine.
Les HERBES VIVACFS, qui continuent à croître pendant plusieurs années, se propagent de plusieurs manières, mais toutes produisent aussi des graines. Les unes s'enracinent profondément, les autres ont le système radiculaire près de la surface du sol. Les plus difficiles à extirper sunt celles qui poussent de longues tiges souterraines au-dessous de la surface du sl, telles que le Chardon des champs, le Laiteron vis -», le Liseron des champs, la Silène enflée, l'Onagre blanche, la Laitue bleue, et quelques Tournesols sauvages. Nous avons des représentants de la seconde classe ou herbes à racines peu profondes dans l'Armoise de l'Ouest, la Millefeuille et le Chiendent. Certaines herbes vivaces ne s'étendent que lentement depuis le pied à l'aide de courtes tiges ou pousses, mais produisent une quantité de graines. On en a des exemples dans la Marguerite, le Pissenlit, la Verge-d’or et la Millefeuille.