EXTERMINATION DES MAUVAISES HERBES
Dans le choix d'une méthode d'extermination, il faut avant tout prendre en considération la nature de la plante à exterminer et son mode de végétation,
Pour les Mau aises herbes Annuelles toute méthode par laquelle on hâte la germination de la graine dans le sol cet détruit ensuite les jeunes plantes avant qu'elles produisent de nouvelles graines, ne manquera pas avec le temps le nettoyer le terrain, quelque infesté qu'il soit. Les semences de certaines herbes annuelles ont une très grande vitalité et continuent à lever pendant plusieurs années à mesure que les labours amènent de nouvelles graines à la surface. On a vu des graines de Sénevé germer après avoir été enfouies profondément dans le sol pendant vingt ans, et l'on a assuré que celles de La Folle Avoine avaient une égale vitalité; mais les preuves en sont moins évidentes.
Les Mauvaises herbes Bisannuelles doivent être ou bien déracinées à la charrue ou bien fauchées avant qu'elles fleurissent. Des fauchages à courts intervalles la seconde année, afin d'empêcher la production de nouvelles graines, débarrasseront le terrain de ces plantes; mais un seul fauchage n’a d'autre effet que de leur faire pousser des branches latérales, qui, si on ne les coupe, produisent de nombreuses graines. Lorsqu'on ne peut employer la charrue, il faut couper les plantes de cette classe au dessous du collet de la racine. Pour cela l'instrument le plus commode est une béchette ou un gros ciseau fixé à l'extrémité d'un long manche, ce qui fait qu'il n'y a pas besoin de se baisser.
Les Mauvaises herbes Vivaces sont de baucoup les plus persistantes et leur éradication exige un traitement foncier, dans quelques cas la culture de plantes spéciales. Un traitement imparfait, tel qu'un simple labour, fait fréquemment plus de mal que de bien, en ce que les tiges souterraines sont divisées en tronçons qui en poussent d'autant plus vigoureustment.
On trouvera en examinant plusieurs plantes vivaces qu'elles peuvent être divisées en deux classes, dont l’une a le système des racines près de la surface du sol, tandis que l'autre enfonce très profondément ses racines. Dans le cas des plantes vivaces à racines peu profondes, il faut ou bien bêcher profondément le terrain infesté ou bien le labourer si superficiellement que les racines se trouvent exposées au soleil pour qu'il les dessèche, Pour les plantes à racines profondes, d'autre part, il faut le labourer aussi profondément qu'on le peut commodément sans dépense excessive. La profondeur du labour dépendra de la nature du terrain: dans les terrains légers ou graveleux, il peut être préférable de labourer superficiellement : car un labour trop profond nuirait à la texture physique du sol, qui est si importante par rapport au mouvement de l'humidité dans le sol. Il faut done adopter quelque méthode de travail du sol, telle que l'emploi d'une houe à large socs qui à courts intervalles de temps coupe toutes les nouvelles pousses à un ou deux pouces au dessous de la surface du sol, de manière à empêcher les plantes de former des feuilles et ainsi de faire provision de nourriture pour continuer à croitre,
C'est par leurs feuilles que les plantes prennent la plus grande partie de leur nourriture, Les plantes vivaces, qui vivent plusieurs années, après avoir élaboré leur nourriture, en emmMagasinent une partie Pour usage dans la suite, dans des réservoirs s éeiaux tels que les bulbes, les tu! rcules et les rhizomes charnus. La première pousse du printemps, en particulier celle des tiges à fleurs. est produite surtout par l'emploi de cette provision spéciale de nourriture. Les plantes sont done dans leur condition de plus grande
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faiblesse nu moment où elles ont épuisé la plus forte partie de leur réserve de nourriture et n’ont pas eu le temps de la renouveler. Par suite, la période de végétation où l'enfouissement à la charrue des plantes vivaces aura le plus d'effet, est juste au momeut où leurs tiges à fleurs ont fait toute leur pousse, mais avant que les graines, qni seraient une source de danger, aient eu le temps de mürir. 11 faut avoir quelque expérience pour savoir quel est le meilleur moment pour travailler certains sois ou pour s'attaquer à certaines mauvaises herbes, ainsi que pour reconnaitre les mauvaises herbes à tous les stades de leur développement. Certaines mauvaises herbes, te Chardon de Russie et le Tabouret des champs par exemple, ont un aspect très différent quand elles sont jeunes et quand elles ont pris toute leur croissance, Un ne peut point poser de règle générale, eur le traitement nécessaire variera dans différentes régions, dans différents sols et sous différentes conditions de climat, Le traitement qui réussit dans un endroit, peut échouer dans un autre. Les plantes vivaces, si on les laisse pousser leurs tiges à fleurs et qu'ou les enfouisse ensuite (ou bien les fauche d'abord et les enfouisse ensuite), auront, par la production des tiges à fleurs, tellement réduit lu nourriture emmagasinée dans les rhizomes qu'elles seront très affaiblies et qu'on pourra ensuite en avoir facilement raison par deux ou trois houages avant l'arrivée de l'hiver. Dans le Manitoba on a aussi trouvé extrêmement utile de labourer tard en automne pour nettoyer les terrains infestés de quelques-unes des plus mauvaises herbes vivaces telles que le Chardon des champs et le Laiteron vivace. D'autre part, on a trouvé dans l'Ouest que toutes les mauvaises herbes et autres plantes se décomposent facilement si l’on laboure les prairies naturelles ou artificielles en mai où au commencement de juin. Il est ensuite beaucoup plus aisé de nettoyer les terrains ainsi traités que si l'on avait renvoyé le labourage jv qu'au mois de juillet. La raison en est le climat et le caractère suceulent de toutes les parties des plantes à ce moment
de l'année.