BARDANE
FÉBUR DE STJACQUES
HERBE DE SAINT-JACQUES (Senecio Jacobea L.).
Autre nom français: Jacobée.
Noms anglais: Common Ragwort, Stinking Willie, Baughlan, Tansy Ragwo:t, Stuggerwort, St. James’s-wort.
Plante introduite, Vivace, à racines peu profondes et de courte durée. Rhiromes peu nombreux, courts et épais partant de la base de la tige; dans les terrains houés beaucoup de plantes après avoir fleuri la deuxième année meurent sans émettre de rejetons. Tige raide, dressée, cannelée, de 2 à 3 pieds ; très branchue vers le haut, formant un corymbe composé serré à sommet plat. Feuilles radicales de 6 à 8 pouces de longueur, pétiolées. Feuilles de la tige sessiles, embrassant lu tige: toutes les feuilles vert foncé, doublement pennifides, les segments serrés se recouvrant en partie les uns les autres, crépus et ondulés. Capitules nombreux, dressés et plats, jaune d'or et tr voyants, de
de pouce de diamètre. Graines [pl. 53, fig. 20- grosseur naturelle et x 8]
lane de crème, oblongues, à sommet creux, avec une petite pointe au centrs, profondement sillonnées le long des côtes: celles du disque avee de courtes soies et presque droites, celles du bord, lisses et très arquées; pappus blanc. Comme c'est souvent le cas chez les plantes Composées, celle-ci a des graines (akènes) de deux formes différentes suivant leur position dans le capitule, celles du bord étant plus arquées que celles du centre qui sont plus droites, plus étroites et plus où moins anguleuses. Toute la plante est presque glabre ou avec touffes de poils laineux à la base des feuilles et des capitules, et avec des poils épars sur toute la surface.
Fleurit : De juillet à novembre; graines mûres en acût.
Se multiplie: Par graines et par quelques rejetons produit. à la base de la tige.
Se trouve: Commune localement dans les comtés de Pictou et d'Antigonish dans la Nouvelle-Ecosse et dans quelques parties de l'ile du Prince- Edouard; a été aussi signalée dans la province de Québec.
L'histoire de cette plante en Canada a été élucidée par le Dr. W. H. Pethick dans la Nouvelle-Ecosse et par le révd père Burke et M. L. W. Watson dans l'île du Prince Edouard: ces trois investigateurs ont fait un travail utile en faisant connaître aux cultivateurs le danger qu'il v a à négliger cette mauvaise herbe. Il parait que l'Herbe de Saint-Jacques a été importée d'Ecosse dans la Nouvelle-Ecosse, mais que dans l'île du Prince-Edouard elle est venue d'Irlande, où elle est connue sous le même nom, Baughlan.
Dommage : Le principal dommage occasionné par cette plante est qu'elle cause chez le bétail qui en mange une maladie curieuse et fatale du foie, la cirrhosis hépatique. Depuis plusieurs années on soupconnait que l'Herbe de Saint-Jacques était la cause directe de cette maladie: mais ceci a été dernièrement prouvé d’une manière coneluante par une série de soigneuses expériences du Dr. W. H. Pethick, d'Antigonish, sous la direction du directeur vétérinaire général du Canada, le Dr. 4. G. Rutherford: et la maladie, que l’on supposait précédemment être contagieuse, a été effacée de la liste de celles auxquelles s'applique l'Acte des maladies contagieuses des animaux.
Fi seb
Kemide : V1 devrait certainement être possible d'extirper des terres cultivées cette grossière plante dangereuse et facile à voir, maintenant que les propriétaires de fermes ont des preuves de ses propriétés nuisibles. Elle ne se multiplie pas extrémement par les racines, et, d'après les observations du révd père Burke, là où on l'a tenue soigneusement fauchée, elle a disparu en peu de temps, Dans les pâturages et les prairies à foin il faudrait arracher chaque plante à la béche avant que les graines suient formées, Les autorités municipales devraient aussi faire un effort méthodique et bien concerté pour lu faire détruire le long des chemins et dans les rues des villes et des villages. Les animaux de ferme ne mangent guère l'Herbe de Saint-Jacques à l'état vert ; c'est pourquoi il faut en premier lieu s'occuper de nettoyer les prairies; car ils la mangent tous quand elle est mélée au foin. L'adoption d'une courte rotation de cultures dans les cantons infestés ferait aussitôt disparaitre cette plante vivace qui est de courte durée et à racines superficielles; si en outre on tâchait de la maintenir fauchée dans les lieux incultes, on ne manquerait pas d'en voir tout de suite les bons etfets. Une courte rotation de cultures serait «'ailleurs une amélioration dont il v a grand besoin dans les méthodes d'exploitation agricole actnellement usitées duns les parties de la Nouvelle-Ecosse et de File du Prince-Edouard où FHerbe de Saint-Jacques est si répandue et si nuisible, On a trouvé que les moutons peuvent manger cette plante sans grand inconvénient et qu'elle dépérit lorsqu'elle est broutée ras par ces animaux, Le Dr, Rutherford a fuit la remarque que les étendues de pays où elle se trouve sont admirablement propres à l'élevage des moutons.
LE NENFEÇON VULGAIRE (Common Groundsel, Senecio vulgaris L.), qui a été introduit d'Europe et se trouve dans les jardins assez rarement dans les provinces du centre et la région des ‘‘prairies,"" mais en grandes quantités dans les provinces maritimes et sur lu vôte du Pacifique, est une petite plante branchue de 6 à 8 pouces de hauteur à nombreux capitules de fleurons tous tubuleux. Les graines sont longues et étroites, en forme de fuseau, l'extrémité supérieure obtuse et légèrement élargie par la cicatrice blanche du sommet ; surface à lignes soulevées suivant la longueur et couverte de courtes soies blanches, ce qui distingue ces graines de pe de l'espèce semblable, le Senecon visqueux (Stinking Groundsel, Senecio riscosus L.) qui se trouve dans les provinces maritimes avee le Séneçon vulgaire. et qui, bien que toute la plante soit velue-visqueuse, a des graines un peu plus longues et entièrement sans soies; ses capitules ont aussi sur leur bord des fleurons à languette distincte,
La Taxaisie vuLGaIRE (Common Tansy, Tanacetum vulqare Li), bien que souvent confondue avec l'Herbe de Saint-Jacques dans les provinces maritimes, en diffère considérablement, Elle a les capitules à peu près dépourvus de fleurons à languette, les graines tout-h-fait lisses, à 5 côtes, surmontées de einq dents mousses au lieu d'un pappus soyeux. La plante est aussi agréablement aromatique, au lieu d'avoir une abominable odeur, caractère qui dans la Nouvelle-Ecosse à fait donner à l'Herbe de Saint-Jacques le non de Stinking Willie (Willie puant).