‹ Les mauvaises têtes, ou, Le baril de poudreChapitre 9 sur 23 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

LA MÉDAILLE, lllCflARDIN, Mad. DE GRAS SE VILLE.

RICHARDIN , en colère.

Ce maudit suisse !.... Que de peine pour lui faire entendre

raison ! . . . {A La ^ Médaille. ) Mou ami M. le géne'ral

Dermont ?

LA 3IÉDAILLE.

Je vais l'avertir; il n'est pas encore levé.

Mad. DE GRASSEVILLE.

Pas levé!... A midi!

LA 3IÉDATLLE.

Un convalescent se ménage.

Est-ce qu'il a été malade ?

LA WÇDAILLE. . .

Connoissez-vons des sar^tés de quatre-vingts ans ?

Mad. DE GRASSEVILLE.

Nous étions dans l'incertitude de le trouver à Paris ; il quitte rarement ses terres.

i4 LES MAUVAISES TETES,

LA MÉDAILLE

Je crois bien... Avec la gonlte... l'ophtalmie... la phtliisic. cl la perspeclive d'une apoplexie.

RICHARD IN

Ho ! Ho !... Voilà un homme bien hypothèque !

LA MÉDAILLE

C'est vrai... C'est nn vieux diable qui s'est fait ermite... il voit fort peu de monde.

Mad. DE GRASSEVILLE.

Mais il amasse ?

LA MÉDAILLE

Oh ! Je vous en réponds.

RICHARDIN

Dites-moi : son neveu est-il avec lui ?

LA MÉDAILLE

Son neveu ?

Alphonse Dermont.

LA MÉDAILLE

Ah!... L'officier de hussards ?... 11 est à son corps; il manoeuvre en ce moment.

Mad. DE GRASSEVILLE.

On dit que c'est un assez mauvais sujet.

LA MÉDAILLE

Médisance! Calomnie !.. . C'est jeune, étourdi... mauvaise fêle !... Mais plein d'honneur !

Mad. DE GRASSEVILLE,

Et criblé de dettes.

LA MÉDAILLE

Auroit-il fait quelqu'emprunt à madame ?

Mad. DE GRASSEVILLE.

Non, certes ; avec le désordre que je lui connois.

LA MÉDAILLE

Il ne dit de mal de personne au moins.

Mad. DE GRASSEVILLE.

C'est qu'il ne parle jamais de lui.

RICHARDIN, hns à Ma I. de. Grnsseville. Bien riposté.

COMEDIE-VAUDEVILLE. i5

LA MÉDAILLE , à part.

Comme ils arrangent mon maître !. . . . Quittons la place, ir la patience m'dchopperoil.

AIR : Je vous quUte.

Je vous quitte^ Je vais vite , Annoncer votre visite.

BTCHARDIN et Mad. DE GRASSKVILLR.

Oui , va vite , Et (le suite , Mon ami , Reviens ici.

RICHARDIN

Je sais qu'il est très-galant , Quoiqu'il n'ait pas pris de f ^mme ; Dis-lui que c'est une dame Qui dans ce salon l'attend.

LA MÉDAILLE

Mon maître n'est qu'une ébauche , Et pour qu'il mette soudain Son œil droit et son bras gauche, Il lui faut un coup de main.

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