PANNEAU
L'ing-énieux Amour noue à mon cadre d'or Sa couronne de fleurs et son carquois de flèches, Car sa bouche, jadis, douce à mes lèvres fraîches, Leur donna la couleur qui les empourpre encor.
Sous l'arceau du bosquet qui dresse son décor A ma beauté, l'Automne avec ses feuilles sèches Touche ma joue encor pareille au fard des pèches, Et l'éclair de mes dents pourrait y mordre encor.
L'Amour, hélas ! vois-tu, ne fait pas d'immortelles; La toile d'araignée ourdit à mes dentelles Ses fils mystérieux qu'entrelace le temps,
Mais si la triste Mort m'effleura de son aile, Le dieu qu'en sa jeunesse adora mon printemps Me g-arde souriante et me voit toujours belle.
236 LES MÉDAILLES d'aUGILE