LA MÈRE
Prends g'arde, jeune mère, à l'enfant que tu portes. Evite la ruelle et ne t'arrôte pas, Avec lui qui sommeille ou rit entre tes bras, A l'angle delà place ou sur le seuil des portes.
Suis le sentier. Crois-moi. Il vaut mieux que tu sortes
De la ville et marcher doucement, pas à pas,
Le long' de cette haie où tu respireras
Aux jardins qu'elle clôt l'odeur des roses fortes.
Il est, plus loin, des lieux tranquilles, ce vieux temple En ruine où le temps a fait croître plus ample Le lierre rampant sur les dalles qu'il rompt...
Assieds-toi en chemin devant le soir qui iombe Et montre à cet enfant dont les jours passeront La borne de la route et la stèle des tombes.
LES MÉDAILLES n'AnCILB ^l
LA KONCE
Tu n'auras pas en ma pensée un clair tombeau
De marbre solitaire et pur, au bord de l'eau
Qui mirerait ton Ombre en pleurant ta mémoire;
Je ne planterai pas, pour embaumer la gloire
De ta beauté qui dans sa cendre ici repose,
Le rosier jamais las d'épanouir ses roses
Dont le pieux parfum attire vers la Mort
Le poète qui passe et les abeilles d'or.
Non! à ton souvenir méchant je dresserai
Une stèle d'argile sèche ou d'âpre grès
Sur qui, seuls visiteurs que ton Ombre apprivoise,
Rampent la fourbe guêpe et la ronce sournoise.
42 LES MLDAILLES d'aRGILK