‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 15 sur 116 · LA MÈRE · texte numérisé non relu

LA MÈRE

Prends g'arde, jeune mère, à l'enfant que tu portes. Evite la ruelle et ne t'arrôte pas, Avec lui qui sommeille ou rit entre tes bras, A l'angle delà place ou sur le seuil des portes.

Suis le sentier. Crois-moi. Il vaut mieux que tu sortes

De la ville et marcher doucement, pas à pas,

Le long' de cette haie où tu respireras

Aux jardins qu'elle clôt l'odeur des roses fortes.

Il est, plus loin, des lieux tranquilles, ce vieux temple En ruine où le temps a fait croître plus ample Le lierre rampant sur les dalles qu'il rompt...

Assieds-toi en chemin devant le soir qui iombe Et montre à cet enfant dont les jours passeront La borne de la route et la stèle des tombes.

LES MÉDAILLES n'AnCILB ^l

LA KONCE

Tu n'auras pas en ma pensée un clair tombeau

De marbre solitaire et pur, au bord de l'eau

Qui mirerait ton Ombre en pleurant ta mémoire;

Je ne planterai pas, pour embaumer la gloire

De ta beauté qui dans sa cendre ici repose,

Le rosier jamais las d'épanouir ses roses

Dont le pieux parfum attire vers la Mort

Le poète qui passe et les abeilles d'or.

Non! à ton souvenir méchant je dresserai

Une stèle d'argile sèche ou d'âpre grès

Sur qui, seuls visiteurs que ton Ombre apprivoise,

Rampent la fourbe guêpe et la ronce sournoise.

42 LES MLDAILLES d'aRGILK

Page 1