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LE SOMMEIL

Les draps frais ont séché sur l'herbe pour ton corps. Une odeur de soleil, de rosée et de vent S'y môle et s'y confond en un parfum vivant; Respire la prairie en eux éparse encor.

La chambre jusqu'au soir fut belle d'un jeu d'or Aérien, subtil, délicat et mouvant.

Tu verras du soleil et des fleurs en rêvant ; Voici le crépuscule et la nuit sombre. Dors.

Il fait noir. Reste ainsi, les yeux ouverts; je sais Que près de nous, tout bas, la g-rande rose s'est Avec douceur et tout à coup épanouie !

Tu dors. Ton souffle ég-al soupire entre tes dents,

Et je sens palpiter la ténèbre éblouie

Et l'ombre tout eulière est pleine de printemps.

LES MEDAILLES d'aKGILE 53

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