‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 77 sur 116 · LA PROMENEUSE · texte numérisé non relu

LA PROMENEUSE

L'allée en doux circuits contourne pour tes pas Le g-azon vert où dort le bassin létharg-ique, Et le soir fait grandir d'une ombre symétrique Les ifs et les cyprès qui ne s'effeuillent pas.

L'avare buis, toujours méticuleux et ras, Aux parterres égaux que sa bordure étriqué, Est propre à te conduire au rêve méthodique Que lu suis en marchant et qui te parle bas.

Mais une âme perplexe, indécise et légère, Sur ta bouche s'attriste ou sourit passagère, Selon l'odeur du vent ou le parfum du soir.

Et je n'ai pu régler l'inégale fontaine

Dont le double soupir suffit pour l'émouvoir,

Inquiète souvent et toujours incertaine.

A riVAVEaS L A N l8l

ODELETTE

Si j'avais mieux connu mon amour, si j'avais mieux

Connu ma vie,

Si j'avais mieux

Su mes pensées,

Je n'aurais pas lié ma vie

A tes pensées

Et à tes jours,

Je n'aurais pas mêlé ta vie

A mon amour I

Offre-t-on à qui l'on aime

La fleur épineuse où les doig-ts saignent?

Mène-t-on boire à la fontaine

Qu'on sait amère ?

Donne-t-on à filer aux belles mains

Faites pour tisser de la joie

l82 LES MÉDAILLES d'aH 3ILE

Le chanvre dur et la grasse laine Des filandières?...

Te voici debout dans ma vie

Au carrefour de mes chemins;

La source est à tes pieds ; la rose ploie

Sa tig-e dang-ereuse. Tu l'as cueillie;

Et la quenouille des destins

Est-elle si peu lourde de fils incertains

Que tu souries

D'être seule dans mon amour

Et de l'avoir pris par la main ?

A TRAVEIiS L AN

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