LA HACHE ET LE FILET
Abats les chênes
De ta haute hacho d'acier bleu
Qui luit et frappe et coupe et peine,
Et peu à peu
Ebranle l'arbre qui tremble et penche,
Et tombe avec toutes ses branches
Avec ses lierres et ses g'uis...
Et puis,
Dompte la mer
Et g-uide la proue et vogue et vire
Parmi l'écume et le flot vert
Et tire
Le lourd filet dont un poids clair
D'argent vif et d'or et d écailles
Gonfle les mailles...
LES MÉDAILLES D*ARGILB
Vous êtes
Hauts de stature et forts de bras,
Toi, pêcheur, et toi, bûcheron,
Et si bien môme
Les guis coupés étaient des tôtes,
Et tes poissons
Pèseraient-ils leur poids d'or vrai,
Vous n'auriez pas contre mon gré,
Vous n'auriez pas,
Par la cog-née ou par la rame,
Sans mon amour.
Une seule heure de mes jours
Un seul cheveu de mes cheveux.
Et c'est bien peu
Tout votre vain orgueil d'hommes qui ne peut
Qu'à sa guise lui rie une bouche de femme,
A TRAVEUS l'an 2o3
CHÉPUSCULE D'AUTOxMNE
Pâles et par la main et comme deux amies La Tristesse et la Paix vous conduisent vers l'ombre Où dans le vieux jardin mélancolique et sombre, S'effeuillent doucement des roses endormies.
La face du silence aux fontaines bleuies Se regarde mourir au fond de l'eau qui tombe Goutte à goutte, éveillant le repos des colombes Lourde dans l'or de l'arbre et des feuilles vieillies.
Car l'automne est venue avec le crépuscule, Et lorsque vous marchez un fantôme recule, Devant vous qui sourit d'avoir été vous-même ;
Une épine survit où fut la fleur éclose,
Le Passé, soir par soir, s'accroît de l'ombre vaine,
Goutte à goutte, le Temps se meurt et rose à rose 1
20'j LES MliDAII.LÎIS D AUGILE