‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 84 sur 116 · LA HACHE ET LE FILET · texte numérisé non relu

LA HACHE ET LE FILET

Abats les chênes

De ta haute hacho d'acier bleu

Qui luit et frappe et coupe et peine,

Et peu à peu

Ebranle l'arbre qui tremble et penche,

Et tombe avec toutes ses branches

Avec ses lierres et ses g'uis...

Et puis,

Dompte la mer

Et g-uide la proue et vogue et vire

Parmi l'écume et le flot vert

Et tire

Le lourd filet dont un poids clair

D'argent vif et d'or et d écailles

Gonfle les mailles...

LES MÉDAILLES D*ARGILB

Vous êtes

Hauts de stature et forts de bras,

Toi, pêcheur, et toi, bûcheron,

Et si bien môme

Les guis coupés étaient des tôtes,

Et tes poissons

Pèseraient-ils leur poids d'or vrai,

Vous n'auriez pas contre mon gré,

Vous n'auriez pas,

Par la cog-née ou par la rame,

Sans mon amour.

Une seule heure de mes jours

Un seul cheveu de mes cheveux.

Et c'est bien peu

Tout votre vain orgueil d'hommes qui ne peut

Qu'à sa guise lui rie une bouche de femme,

A TRAVEUS l'an 2o3

CHÉPUSCULE D'AUTOxMNE

Pâles et par la main et comme deux amies La Tristesse et la Paix vous conduisent vers l'ombre Où dans le vieux jardin mélancolique et sombre, S'effeuillent doucement des roses endormies.

La face du silence aux fontaines bleuies Se regarde mourir au fond de l'eau qui tombe Goutte à goutte, éveillant le repos des colombes Lourde dans l'or de l'arbre et des feuilles vieillies.

Car l'automne est venue avec le crépuscule, Et lorsque vous marchez un fantôme recule, Devant vous qui sourit d'avoir été vous-même ;

Une épine survit où fut la fleur éclose,

Le Passé, soir par soir, s'accroît de l'ombre vaine,

Goutte à goutte, le Temps se meurt et rose à rose 1

20'j LES MliDAII.LÎIS D AUGILE

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