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TROISIÈME MÉDAILLE
DURANGEL (Léopold -Victor)
Né à Marseille
Élève de WACHSMUTH et HORACE VERNET
MENTIONNÉ A A' TÉ RIEUR E MEN T
Si M. Durangel ne possède pas encore l’éblouissante palette des maîtres vénitiens et s’il ne dessine pas encore avec la savante distinction de Léonard, on est obligé de convenir qu’il sait du moins camper ses personnages dans des attitudes réelles et donner à leur physionomie l’expression du sentiment qu’il a voulu peindre.
La toile qu’il expose sous ce titre :
Résignation , et qui est, sans contredit, le meilleur de ses deux envois de cette année, représente un mendiant aveugle, à genoux, à la porte d’une église, son chapeau à la main. La figure, très éclairée par le soleil, se détache avec vigueur sous un fond sombre. ✓
L’attitude du malheureux est si résignée, il tend si naturellement son chapeau qu’on est pris de l’envie d’y jeter un gros sou. En passant devant cette grande misère, le jury, qui compte paraît-il dans son sein des âmes sensibles, n’a pu résister au désir de récompenser tant d infortune et de résignation, et M. Durangel a obtenu une troisième médaille.
TROISIÈME MÉDAILLE
BLAYN (Fernand)
Né à Paris
Élève de MM. CABANEL et LEROLLE
MENTIONNÉ A NTÉRIEUREMENT
L’individualité de M. Blayn vient de s’affirmer cette année avec succès dans les deux toiles, si pleines d’une douce poésie champêtre, qu’il expose au Salon : Enterrement d'une jeune fille dans un petit village de Picardie et Rentrée des oies (Normandie. j Comme Millet, Jules Breton et Lerolle, ses maîtres, M. Blayn cherche à reproduire avec sincérité et émotion l’existence des paysans. Ah! que nous préférons ses peintures des mœurs des campagnes, chaudement exécutées avec toute l’âme de l’artiste, à ces créations mystico-religieuses, d’une facture correcte mais froide trop nombreuses au Salon. Tous nos compliments à M. Blayn pour être fidèle à ses chers paysans qu’il connaît si bien, et au jury pour avoir récompensé cet artiste de talent qui prend place désormais parmi nos meilleurs peintres
1 3o LES MÉDAILLÉS DU SALON
des mœurs champêtres avec son Enterrement d’une jeune fille en Picardie, toile charmante d’une coloration douce et fraîche, pleines de qualités sérieuses de dessin. L’air y est largement répandu, tous ses personnages sont bien observés et solidement traités, et sans défigurer leur caractère simple et naïf il a su les rendre intéressants en idéalisant leurs physionomies et leurs attitudes, et en donnant une couleur pleine de poésie aux choses qui les entourent.
TROISIÈME MÉDAILLE