LE ( ONSI LAT DÉCENNAL
24 Frimaire an VIII 14 décembre 17!)'.) .
L expérience avait démontré que, pour remédier aux maux de la France, il était nécessaire de réunir en une seule main toute l’activité, (|ui pouvait en opérer la guérison. Mais le temps jugé nécessaire à la consommation d'un aussi grand ouvrage indiquait aux anciens de l’Etal cpic la suprême magistrature ne pouvait plus être déléguée selon la durée éphémère des pouvoirs précédents.
Instruite par l’expérience cl les exemples de l'histoire, la France remit alors, pour dix ans, les pouvoirs civil et militaire entre les mains de Napoléon, et dans la sage prévoyance du terme encore plus éloigné que pouvaient exiger ses besoins, elle comprit dans cet acte souverain la prorogation possible du gouvernement qu’elle confiait au Premier Consul.
Tel est le sujet de celte médaille. Son type représente la France remettant aux mains du Premier Consul l’épée du Pouvoir. La légende: VOTIS- PVBLÇfîïSCOXSVLDECENNALIS, signifie que le vœu public décerne dix ans de Consulat à Napoléon. L'exergue porte la date de la loi1.
1. Celte Notice explicative, extraite .les Procès-Verbaux des séances de la Commission des Inscriptions et Médailles, n’a pas été transcrite sur les volumes manuscrits du Recueil destiné A l’Empereur, non plus .pie le dessin de Chaude! <|ui est perdu.
KCLA IHCISSHMENT
Nous avons rappelé plus haut qu'à la suite de la Journée du 18 Brumaire le gouvernement de la K rance fui confié à Irois consuls provisoires, et que cet étal de choses dura jusqu'au 23 Frimaire an VIII lit décembre 179!)). La Constitution nouvelle fut alors promulguée, confiant le gouvernement à trois consuls nommés pour dix ans : Bonaparte, premier Consul. Cambacérès et Lebrun. Le régime du Consulat décennal dura jusqu’au 11 Thermidor an X (2 août 1802), époque où un Sénatus-consulte décerna à Bonaparte le Consulat à vie.
La Commission des Inscriptions et Médailles, dans sa séance du II septembre 18011. ayant décidé de commémorer par une médaille la période du Consulat décennal de Bonaparte, Vlongez déposa le projet suivant: •• La médaille représenterait la France assise remettant au Consul l’épée dite le parazonium (signe du pouvoir. La légende serait : Volis decennalibus Consul. L’exergue porterait la date. » (juat remère de Ouincy propose : » La France en habit guerrier présenterait à Napoléon le symbole de F Km pire, soit globe, soit gouvernail. Napoléon, appuyé sur la table constitutionnelle sur laquelle on lirait ces mots : Consul ml ilecem annos, recevrait le gouvernement. Deux faisceaux placés entre les deux figures désigneraient le gouvernement Consulaire. \ l'exergue : Fasces dat rirtus. •>
Le 18 septembre 18011. un membre propose que « la légende soit ainsi conque, pour éviter toute équivoque avec des formules antiques renlèrmanl un sens très différent: Volis publiais Consul drcennalis ». La Commission arrête, après discussion, que la médaille du Consulat décennal aura pour type : » La France assise remettant au Consul debout le parazonium ; la légende sera: Volis publiais Consul decenhalis. ••
Le 23 septembre, la Commission modifiant ce type arrête que « la France doit être assise sur un trône dans le style antique, avec un suppeduneum ; qu'elle doit être armée du casque, présenter au Premier Consul le parazonium des deux mains; qu'il doit le recevoir de la droite, debout, cl tenir de la main gauche le rouleau qui caractérise, la loi résultant du dépouillement des voles ",
Le vendredi 23 janvier 1807, le dessin de la médaille, exécuté par Chaudet, est au nombre de ceux qui sont présentés à la Classe par la Commission, avec un texte explicatif inséré dans le procèsverbal de la séance de ce jour et qui forme la Notice ci-dessus. Ce projet de médaille n'a pas été adopté, parce cpie le type fut jugé trop analogue à celui d'au très médailles déjà dessinées : voilà pourquoi il ne ligure pas dans le Becueil manuscrit de V Histoire métallique.