‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 38 sur 197 · H ÉT A H I , I S SE M K \ T I)K LA VILLE DE LAON · texte numérisé non relu

H ÉT A H I , I S SE M K \ T I)K LA VILLE DE LAON

10 Messidor an VI 11 [20 juin 1800).

Le génie do la destruction, qui présida constamment pendant la Hévolulion a tous les conseils des dominateurs de la France, semble avoir voulu l'aire ressentir plus particulièrement à la ville de Lyon les cruels effets rie sa terrible puissance. Ce ne fut point un délire momentané excité par les accès intermittents de la fureur populaire qui lil renverser les plus beaux inonumcnls de cette grande et superbe ville. La destruction fut organisée administrativement, et un Comité de démolition procéda méthodiquement cl avec calme, pendant des mois entiers, à opérer la ruine de cel le malheureuse cité.

Ce délire révolutionnaire avait néanmoins cessé depuis quelques années, lorsque Napoléon prit les rênes du Gouvernement ; on ne détruisait plus, mais on ne reconstruisait pas.

L’honneur de relever Lyon de scs ruines fut un de ceux que Napoléon ne pouvait manquer d’ambitionner. Quand il y passa pour se rendre en

Italie, il ordonna que celle ville fûl rétablie, el le vainqueur de M.ircngo, à son retour en France, posa la première pierre de la place Bonaparte.

Ce rétablissement est le sujet de la médaille.

Le type représente la ville de Lyon sous l'emblème d’une femme assise sur des ruines et des débris d'architecture. A côté d’elle est placé le lion qui est son ancien symbole. L'altitude et l’ajustement de la ligure expriment la tristesse et rabattement, el sont imités des médailles el des bas-reliefs antiques dont il existe un grand nombre sur lesquels sont représentées des villes el des provinces captives. Napoléon, debout devant elle et lui tendant une main protectrice, semble l’aider ii se relever.

On lil autour : L\ (’iDVNVM'RESVBCK.NS, « Lyon se relève do ses ruines»; el il l’exergue : . EDI FICIIS’HESTITYTIS, « On rétablit ses monuments », avec la date de la pose de la première pierre.

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Vainqueur à Mareugo !<• If juin 1800, le Premier Consul régla rapidement les préliminaires de la paix el les affaires d’Italie; puis il remil le commandement de l'armée à Masséna. Il quitta Milan le 45 juin et repassa les Alpes pour rentrer en France.

Le 48 juin, à 5 heures du soir, il arrivait à l.von et le lendemain, au milieu des acclamations enthousiastes des habitants, il posait solennellement la première pierre îles façades de la place qui avait porté antérieurement le nom de Bellecour ( Bel la Curia). Les Lyonnais reconnaissants donnèrent à celle place le nom de Iionaparle el tirent frapper des médailles en l'honneur du Premier Consul, réédificateur de leur cité que la Révolution avait détruite1 2.

\ son tour, la Commission des Inscriptions cl Médailles décida, dans sa séance du 41 juin 1808. de faire figurer dans P Histoire mêlalliipie de Napoléon, une médaille rappelant que Bonaparte rendit à Lyon la splendeur dont brillait cette \ i lie avant la barbare destruction de 171)8. Comme Iv pe de celle médaille, le 48 juin, Pelil-Radel propose: « La ville de Lyon assise sur une corniche ou des luis de colonnes renversées. File recevrait de la main de l’Kiupercur un rouleau à moitié développé dans lequel on verrait un plan de forum. • Visconti est d'avis d'imiter la médaille du forum de Trajan. « On ferait de même la représentation de celui de Lyon. La légende serait : Forum Bonaparliunum. •>

Proposition d'Ameilhon : « L'effigie de l'édifice rétabli. Min de désigner plus symboliquement la ville de Lyon, on pourrail placer dans le type le Rhône el la Saône, et entre ces deux neuves, le Lion, armoirie parlante de celte ville. Pour légende : Eximium civilalis decus irslilulum. Pour exergue : Lapident posai! ou jecil iV ’eapolio. »

Proposition de Mongez : ■> Napoléon debout relève la ville de Lyon qui est assise sur des ruines d'édifices. Légende : l.ugdunum e ruderihus resurgens. Pour exergue : Fort Bonupurlluni fundamintt jtii'il Xeapolio. Anna [1800 .

Le 5 juillet 1808. le sujet est ainsi arrêté : •• Napoléon relèvera la ville de Lyon vue sous la figure d une femme assise sur des ruines. Un lion, symbole de la ville, sera placé à côté de celle figure qui sera ajustée dans le goût et le style de quelqu'une de ces provinces captives qu'on voit dans l'antique. La légende sera : l.ugdunum resurgens. L’exergue ; Aedi/iciis reslilulis; la date...-1 •■. Le vendredi. 4 décembre 1808, la Commission entend, en première lecture, la Notice destinée à accompagner le dessin de Chaude!; seconde lecture et approbation, le 9 décembre 1808.

1. Voyez céS médailles dans le Trésor de nurnism. Révolution française, pi. I. XXVIII, IIk- 3, 4 el

2. La date du 2!) juin 1800 manque ici, comme dans le dessin de Clinudel.

PAYEMENT DES H ENTES El’ PENSIONS

■>:l Thermidor an 17// (// aoill 1800 .

Napoléon eul à peine pris en main les rênes <lu Gouvernement <pi il s'occupa des moyens d'assurer le payement régulier des Rentes el Pensions, et de faire renaître la conliance publique, qui esl. à la fois, le principe el l’ell'el de tout bon système de finance. Depuis cette époque, la régularité dans les payements s’est accrue chaque jour, les ressources de filial sont devenues plus abondantes, toutes les dépenses ont été acquittées, les arriérés ont disparu, el avec eux la crainte de ces mesures financières qui, sacrifiant l'avenir au présent, ne satisfont aux besoins du jour qu en multipliant les embarras du lendemain.

L'objet de celle médaille étant de célébrer la lidélilé ii remplir les engagements publics, le type représente une femme assise, vêtue d'une simple tunique, s’appuyant d'une main sur le livre de la dette publique, qu on reconnaît au mot NOMIXA, qu'il porte, et qui exprime les dettes par inscription;

elle a l'autre main étendue sur une nrcn. ou un coffre rempli de pièces de monnaie, et orné de deux mains croisées, symbole connu de la Bonne Foi.

La légende. FI DLS • PVBLICA, fait connaître que celle femme est la ligure allégoriipie de la Foi publique.

Les mots F( )K \ V S • STAT A HI F • SOLVTVM . qu’on lit dans l’exergue, avec la date XI • AV(î-MDCC(I|, apprennent que depuis le gouvernement de Napoléon les renies sont payées sans retard, et à jour fixe.

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La médaille rappelait l l'arrêlé Consulaire du 2il Thermidor an VIII II août 1800) relatif au Paiement eu numéraire des rentes et pensions sur l'Ktal, a été décidée par la Commission dans sa séance du :u mai 1808. Le 7 juin. Mongez présente le type suivant : « L'Équité, figure de femme en pied, tenant une liasle pure et une corne d'abondance. Pour légende : Pensiones annutte primum solulae. Pour exergue : Æquilas. Amin... ••

\ isconli propose : « I n personnage allégorique représentant le Crédit ou plutôt la Foi publique. Ce serait une femme tenant de la main gauche le Grand Livre, sur le dos duquel serait gravé nomina. ce qui signifie les dettes cl les inscriptions des rentiers; de la main droite elle porterait un sac d'argent tiré d’un grand coffre qui serait à ses pieds et paraîtrait rempli de pièces d’argent. Ce coffre pourrait être orné de symboles en rapport avec le temps et les circonstances. La légende Fid& publiai ferait connaître assez le sens de la figure, qui ne serait ni celle que les Ynciens ont souvent désignée par ces mots sur leurs médailles, ni la Fuies publicct du droit des gens. Les accessoires de celle-ci la feraient assez reconnaître pour celle qui est la Fiflélilé aux engagements publies, l/exergue serait : Foenus slala die solulum ; la date de l’arrêté. •>

Petit-Radel propose : « La Foi publique assise, étendant la main sur une amphore remplie d’espèces numéraires. Sur cette amphore on verrait deux mains réunies. De l’autre main, la Foi publique brûlerait sur un autel des rouleaux de papier qui signifieraient l’abolition de toutes les . . maies fictives.

On lirait sur l’autel : Fimo au dieu Fidius . La légende serait : Fi des publica redux ; l’exergue : Aerarium vecligali privalo reseraluni, et la date. »

Le 14 juin, après discussion, le type suivant est. en principe, adopté par la majorité de la Commission : « I ne figure de femme en simple tunique, assise, tiendra sous son bras un grand livre, sur le dos duquel sera écrit le mot : Nomina, mot qui signifie en latin de/les Cicéron : nomina facere). Ce li're sera ici celui de la dette publique. Celle ligure étendra l’autre main sur une area pleine de pièces d’argent. Sur ses parois sera gravé le symbole habituel de la Bonne Foi, qui consiste en deux mains croisées. La légende sera : Fi dés publica. L’exergue : Foenus slala die solulum. •

On propose d’ajouter le mot redux; les opinions étant encore divisées sur certains détails, on vole l' ajournement de la discussion. Le -21 juin, on décide de substituer une area à l’amphore pleine de monnaies. ■< ce dernier \aisseau n’ayant dû servir à contenir des monnaies que dans le cas où on les enfouissait ». Sur le mol redux à ajouter à Filles publiai, nouvelle discussion, <■ moins sur l’intention du mot que sur le choix de la tournure, pour éviter la redondance de deux épithètes •>. Enfin, le 4 novembre 1808, adoption de la Notice explicative (pii accompagne le dessin de Chaudel.

FONDATION

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