DES SUCCUHSAEES DES INVALIDES
7 Fructidor an VIII (25 août 1800).
L 'établissement de l’Hôtel militaire des Invalides à Paris esl une grande el noble pensée de Louis XIV, el le monument qui a le plus illustré son règne. La magnificence extérieure de cet édifice, l'espèce de luxe attaché au régime même de l’établissement le rendent plus utile et plus digne de son objet, en rehaussant, dans l’opinion publique, la valeur des récompenses accordées aux services militaires, qui ne p'euvent être réellement payés que par des distinctions honorables el éclatantes.
Cependant les meilleures institutions ont aussi leurs inconvénients. On parut plus frappé, dans le siècle dernier, des grandes dépenses qu’entraînait I établissement des Invalides à Paris, que de la nécessité de sa splendeur. On proposa plus d’une fois de le réformer et même de le détruire el de disperser les Vétérans dans les Provinces.
Il appartenait à Napoléon de raffermir et de perfectionner la création de
Louis le Grand el de donner à l'œuvre de la magnificence une utilité plus certaine cl plus générale : il fallait multiplier les bienfaits «le la retraite militaire el les répartir dans diverses contrées de l'Empire, en y formant des établissements moins magnifiques et moins dispendieux, dont l'IIôtel des Invalides à Paris serait le centre et le chef-lieu.
C'est ce qu'a fait Napoléon, en créant, par son arrêté du 7 Fructidor an VIII, quatre succursales placées dans quatre divisions militaires et destinées à recevoir huit mille émérites de plus que n’en peut contenir cet Hôtel.
l/idée de repos attachée à ces établissements est celle qu'on a cru devoir saisir et exprimer dans celle médaille, d'autant plus que les nouveaux asiles offerts aux guerriers vétérans ne sont point ici des monuments des arts.
Le type représente un guerrier assis et imité de la statue antique de Murs quicsccns. Scs armes sont à ses pieds, pour indiquer qu'il n’en fera plus usage.
La légende autour de la ligure : HKQ\ ’IES’EMERITOIVV M, el celle de l'exergue : OCTOMILLIBVSCAST1LVQVATVORADSIGNATA, disent que huit mille émérites trouveront une retraite honorable dans les quatre établissements nouvellement fondés par Napoléon.
ECLAIBCISSEMEM'
Le lit Thermidor au NUI (7 août 1800), le Premier Consul écrit à Lacuée, président de la Section de la Guerre au Conseil d’Flal, pour l’inviter à étudier les moyens d’établir trois succursales des Invalides, à Mayence, à Bruxelles et à Lyon ou à Avignon : chacune de ces succursales devra loger 2.00(1 Invalides et la maison de Paris, 4.000; total, 10.000 Invalides. Suivant la marche ordinaire de ce temps, les choses ne traînèrent point en longueur. Quinze jours après, c'est-à-dire dès le 7 Fructidor an VIN -25 août 1800), était promulgué un arrêté Consulaire ainsi conçu ; « Il sera, successivement, et à mesure du besoin, donné quatre succursales à la Maison nationale des militaires invalides située à Paris. La première sera placée dans la 2i" division militaire Bruxelles): la seconde dans la 2ti'' (Coblence ; la troisième dans la 12" (La Rochelle) ; la quatrième dans la 8" (Marseille). Chacune de ces Maisons sera destinée à recevoir deux mille invalides au moins. »
La Commission des Inscriptions et Médailles, dans sa séance du 12 juillet 1808, étudia pour la première fois le projet d’une médaille relative à celte création, qui fut très populaire dans l'armée.
Ameilhon présenta le projet suivant ; « Le type représenterait un grand édifice en construction ; d’avant on verrait une ligure qui serait la Pielas ou la Earilas, assise auprès d’un autel d'où s’élèverait une petite flamme. La légende serait ; Pielas Augusta in de/ensores Palriæ. L’exergue : Plurima hospi/iu veleranis mililibus supplela ou préparai» . »
Proposition de Monge/. : ■< Napoléon debout en costume militaire antique, indiquant un édifice à deux soldais qui marcheraient appuyés sur leurs lances. La légende serait : Velerani Bonaparliani. L'exergue : N oui veleranis rcceplus. »
Proposition de Quatremère de Quincy : « Un soldat sans armes, assis et dans l'altitude du repos, à peu près comme le Mars antique, occuperait le milieu du champ de la médaille. D'un côté, serait un édifice où on lirait Hospilium, el d'où pendraient des armures ; de l’autre, s'élèverait un grand arbre au pied duquel seraient adossées des armes. On pourrait, ou mettre deux édilices, ou figurer deux arbres semblables. La légende serait : Emerito niilili, ou Quiescenli milili. L’exergue : llaspilia nova, se rapportant à quiescenli, ou (Juies parai», en mettant emerilo dans la légende. »
Le 111 juillet, la Commisssion arrête le type dessiné par Chaudet qui est « à peu près dans l'intention de la statue antique appelée le Mars au repos ». Les 27 janvier et .'1 février 18(111, adoption de la Notice explicative.