HONNEUR ET RECONNAISSANCE
On ne peut lire sans une frémissante émotion, dans les Mémoires du temps, le récit de l’enthousiasme inouï qui accueillit, à leur entrée dans Paris, nos légions tant de fois victorieuses. L’Institut eut ainsi l’honneur de participer à cette grandiose réception et de la préparer. La paix semblait, à tous, bien définitive cette fois; les arts de la paix allaient assurer, désormais, le bonheur des peuples régénérés par nos armes. L’Empereur lui-même crut-il avoir, au moins pour le continent, fermé le temple de Janus? Toujours est-il qu’il demanda aux quatre Classes de l’Institut de lui rédiger, pour le commencement de 1808, un Rapport général sur l’état des Lettres, des Sciences et des Arts.
Les quatre Classes firent, chacune individuellement et dans sa spécialité, ce tableau général qui fut présenté à l’Empereur par des délégations particulières, les G, 19, 27 février et 5 mars 1808. La réception honorable et flatteuse que fil Napoléon à ses collègues de l’Institut dans cette occasion, est bien connue par le récit détaillé qu'en ont fait divers historiens. . *
Ces solennités parurent à la Classe d’IIisloire et de Littérature ancienne constituer un épisode assez important pour mériter d’être consacrées par une médaille. Elle invita, en conséquence, la Commission spéciale à lui présenter un projet. Il fut exécuté rapidement (voyez Médaille CLVI).
Le 4 mars 1808, on distribua aux membres de la Classe d’Histoire et de Littérature ancienne « les discours adressés à Sa Majesté l’Empereur par M. le Président et M. le Secrétaire perpétuel, en lui présentant le Compte rendu de ! étal et du progrès des Lettres depuis 1789. » Ce Compte rendu était la partie qui revenait en propre à la Classe dans le Rapport général.
MM
Le môme jour, Quatremèr.e de Quincy, au nom de la Commission des Inscriptions et Médailles, présenta le projet de médaille : il fut adopté, « sauf la rédaction de la légende et quelques légers changements à faire aux ligures ». Cette médaille présentant pour l'Institut tout entier, vu les circonstances, un intérêt particulier, on résolut de la faire dessiner en tête du Rapport général.
On lit h ce propos dans le Procès-verbal de la séance du mardi 12 juillet 1808: « La Commission, en conséquence du désir que la Classe a exprimé de voir le sujet de la médaille adoptée par elle, orner le frontispice du Rapport de l’Institut à l’Empereur, avait prié M. Chaudet de lui proposer ses vues à cet égard. M. Chaudet présente et la Commission adopte la mesure qu’il conviendrait de donner au type de cette médaille pour figurer sur un format in— 4 ; quelques légères modifications à faire à la composition sont également arrêtées. Enfin, la Commission décide que M. Chaudet chargera M. Duvivier, dessinateur et graveur, d’exécuter pour la somme de 200 francs, un trait à l’eau forte du projet de médaille1 ».
Comme nous le raconterons plus loin [Médaille CL VI) la Commission modifia ultérieurement, pour le Recueil de l’ Histoire métallique , la médaille adoptée en 1808. ■