‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 50 sur 197 · IV\U CEUX D’AIGUES-M OUÏES ET DE LA UADELLE · texte numérisé non relu

IV\U CEUX D’AIGUES-M OUÏES ET DE LA UADELLE

2ô Ventôse an IX /fi mars 1801).

Le canal qui, dans le Midi île la France, devail établir mie communicalion entre l'Océan e( la Méditerranée, esl une îles plus belles entreprises qui aient illustré le règne de Louis XIV ; mais elle n’étail point encore complètement achevée, et on ne pouvait pas regarder la réunion des deux mers comme entièrement effectuée.

En 1778, on avait commencé à ouvrir à Aigues-Mortes un canal qui devait s'étendre jusqu’à Bcaucaire. Ce travail, qui devail compléter celui qu'on avait fait sous le règne de Louis XIV, fut suspendu par la Révolution.

L’honneur de le terminer était réservé au grand homme dont la destinée esl d'embrasser dans un système général cl d’épuiser toutes les grandes idées d'amélioration et de prospérité commerciale.

A peine parvenu au gouvernement. Napoléon voulut que l’ouvrage de Louis le Grand fût terminé, et il le fut. Le canal d’ Aigues-Mortes fut repris

cl l'on termina celui de la Radelle, cuire Aigues-Mortes cl l'étang de Mangiuc. Ces deux canaux, eu achevant d’établir la communication cuire les deux mers, oui encore procuré le double avantage de restituer a I agriculture de vastes terrains, et de faire cesser les maladies pestilentielles causées par les eaux stagnantes dont ces terrains étaient couverts.

La médaille représente une portion du globe terrestre sur laquelle sont à demi couchées les ligures de l'Océan el de la Méditerranée, se donnant la main, el reconnaissables à leurs attributs ordinaires. I /Océan a des serres d'écrevisse sur la tête et un gouvernail à la main. La Méditerranée lient un thon ou dauphin dans la sienne.

La légende: MARIRVS’TAA 1)FM • 1\ WCTIS, annonce (pie la réunion des deux mers est enfin effectuée. Celle de l’exergue : FOSSA ■ AQVITA- NICA- AD- AQVAS MORTVAS- PRODVCTA, apprend (pie le canal de Languedoc est prolongé jusqu'à Aigues-Mortes.

ù<:lai/)C/ssi:me\t

Dans sa séance du mardi !l août ISOS, la Commission des Inscriptions et Médailles inscrit au nombre des sujets de {'Histoire mélallit/ue « I' Uhèvemenl du canal de Languedoc, par la confection des canaux d’Aigues-Morles el de la Radelle. décrétée le 25 Ventôse an IX (10 mars IS01 >■.

Le lli août ISOS, la médaille projetée est l’objet des propositions suivantes :

Projet de Monge/, : ■■ Les deux mers, l’Océan el la Méditerranée, assis sur des rochers el appuyés sur la même urne, «le laquelle s’écoulent deux ruisseaux. L’Océan serait caractérisé par les serres d’écrevisse el le gouvernail. La Méditerranée serait vue sous la forme d’une jeune femme portant sur la main un dauphin ou un thon, comme Neptune sur les médailles de Cumes ou d’Iléraclée : sur sa draperie serait écrit : Medit(erramea) : la légende sérail : Maribus tandem junclis ; l’exergue : .1 usinai is fossa ail Ar/uas Mort uas et liadellam ducla. »

Projet de Qualrcinèrc de Quiney : >« La figure du Canal personnifié, par analogie avec les voies antiques, sous la forme d’une femme tenant dans chacune de ses mains une barque à rame. On pourrait la placer au milieu de deux autres figures qui seraient ou l’Océan ou la Méditerranée, ou les deux petits canaux d’Aigues-Mortes et de la Radelle, en manière de nymphes qui présenteraient leurs urnes et en verseraient les eaux. Légende : Undis associatis; exergue : Auslrali fo ssii amplialù. »

Le 23 août 1808. adoption du type dessiné par Chaudel. auquel manque la date de l’arrêté Consulaire du 25 Ventôse an IX (16 mars 1801 . L’arrêté général relatif aux grands travaux publics, du 23 Fructidor an XI ,10 septembre 1803), consacre une nouvelle somme de cinq cent mille francs h l’achèvement du canal.

IÆ UETABLISSKMEXT 1)1 CELTE

Sj$ Décembre 1709— Mars /SOI.

Napoléon, persuadé que la Religion, ce premier besoin cl ce caractère distinctif de l’homme, était aussi l'un dos liens de la sociélé et des principaux ressorts du Gouvernement, el la base la plus solide de la morale, fut à peine investi de l'autorité, qu'il s'occupa du soin de rétablir l’ancien culte, et de lui rendre ses cérémonies cl sa dignité. Les novateurs révolutionnaires, en admettant la liberté indéfinie de toutes les religions, n’avaient guère eu d'autre but (pic de les détruire toutes: ils ne pouvaient ignorer qu’au milieu des passions elfrénées d’une civilisation corrompue, le désir aveugle d'une indépendance sans bornes ferait rejeter comme des absurdités les croyances révérées, qui depuis tant de siècles avaient présenté des récompenses] à la vertu et des châtiments au vice ; de sorte que celte prétendue liberté des cultes, qui n’était, pour les chefs du Gouvernement, (pie la liberté de n'en protéger aucun, était devenue pour le peuple la liberté de les mépriser tous. Les ministres du culte catholique avaient été dispersés,

exilés, déportés. Les églises étaient en démolition. Celles qu’on ne détruisait pas étaient presque toutes fermées, à l'exception d’un petit nombre < 1 1 ii étaient ouvertes, soit à des sectes protégées, soit aux froids enthousiastes d'une momerie philosophique dont le but était de substituer quelques cérémonies théâtrales aux anciennes cérémonies religieuses, et de faire reposer sur ce qu’on appelait la morale, ce qu’il plaisait encore d’appeler la religion, c'est-à-dire de mettre la base sur le sommet de l’édifice.

Napoléon rappela les ministres du culte, et en attendant (pie le Concordai, qui se traitait avec le Saint-Siège, pût rendre à la religion catholique sa hiérarchie et sa splendeur anciennes, il fil rouvrir les églises et, en rétablissant le culte de la grande majorité des Français, il assura la liberté de tous les autres cultes.

L’objet de la médaille est de célébrer ce bienfait. Hile a pour type la Religion, représentée sous les formes de la Pleins des médailles romaines. De la main gauche, elle lient 17/ce/ va ou la cassolette à l’encens; delà droite, elle en jette des grains sur un autel.

La légende, SACRA • REDIVIVA. indique le rétablissement du culte. L’exergue, MDCCC/L donne la date de ce rétablissement.

ÜCLAUtCISSEMEST

î avait, il i‘s -

la pratique, l’Église catholique avec la République française, sur la base des principe® nouveaux posés par la Révolution. C’est ainsi, par exemple, qu’un arrêté du 7 Nivôsean VIII (28 décembre 179!») assurait le libre exercice des cultes publics dans les édifices destinés à ces cultes et qui n’avaient pas lés. Celte mesure, bien que générale et ne visant pas spécialement les catholiques, fut unie manifestant des intentions réparatrices de la part du Premier Consul et elle lit sortir de leurs retraites ou revenir de l’exil Ja plupart des prêtres non assermentés, desquels on se borna à exiger une simple soumission aux lois.

C’est en mars 1801, à la suite de mesures de plus en plus libérales, qu’curent lieu les premiers pourparlers entre le Pape et le Gouvei

des Inscriptions et Médailles, dans sa séance du lli octobre 18i l’une avant pour but de célébrer le rétablissement du Culte catholique, l’autre relative à la signature du Concordat. Pour la première, \meilhon proposa lo sujet suivant: « La Piété brûlant de l’encens sur un autel, avec cette légende : Sacra rediviva. ••

Le jeudi .10 octobre 1806. la Commission arrête le type de la médaille et, le 23 janvier 1807. elle présente à la Classe le dessin de Chaudet avec la Notice suivante: <• Le Premier Consul voulant garantir à tout Français l’exercice libre, public et solennel de toute religion anciennement instituée, lit ouvrir indistinctement tous les Temples. Tel est le sujet de cette médaille. Son type représente la piété envers Dieu, qui est commune à tous les cultes. File tient, d’une main, une boite de parfums; de l’autre, elle répand, sur le foyer embrasé d’un autel, l'encens, dont la vapeur s’élève vers les deux. La légende : Sacra rediviva , exprime les cérémonies religieuses du culte extérieur (pii revivent, pour ainsi dire, par la Loi, dont la date est marquée dans l’exergue '. >■

Soumis à un nouvel examen le 23 août 1808, ce type fut adopté sans modification.

Page 1