‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 51 sur 197 · RÉTABLISSEMENT · texte numérisé non relu

RÉTABLISSEMENT

DES HELIGIKESES HOSPITALIÈRES

27 Prairial an /X l(i juin 1801).

Les lois qui supprimèrent les Corporations religieuses en France, n’exceptèrent point telles tles Religieuses consacrées au service des Hôpitaux et des autres établissements de charité. Elles leur laissèrent seulement la faculté de continuer leurs pénibles et utiles fonctions; et presque toutes ces jeunes filles, quoique déliées de leurs premiers engagements, y restèrent fidèles et redoublèrent de zèle pour le service des malades, jusqu’en 1793, où, dispersées par la violence, elles furent contraintes tic se cacher, pour se soustraire à la persécution. En vain on tenta de les remplacer dans les hôpitaux par des personnes salariées. L’expérience força bientôt de reconnaître qu’il est un genre de services (pie les hommes ne peuvent ni commander, ni payer, et dont le salaire est dans le principe seul qui porte à les rendre. Lorsque l’œil vigilant de Napoléon porta la réforme dans les hôpitaux, il n’y eut qu’une voix pour demander que le soin en fût de nouveau confié aux Religieuses h os-

pitalières. On s'empressa de réunir celles qui existaient encore, cl, par l'effet de plusieurs actes successifs du Gouvernement, leur institution a été rétablie et rendue à son ancienne destination. L'arrêté du Gouvernement en date du [27 Prairial an 1 X | est le premier acte qui opéra ce rétablissement , et c’est à celte époque qu’on a cru devoir rapporter ce bienfait de Napoléon.

Le type de la médaille indique le motif de l'institution, c’est-à-dire le sentiment d’une charité éclairée envers l'humanité souffrante, sentiment qui caractérise tous les établissements fondés par saint Vincent de Paul.

Au milieu du champ de la médaille, est assise une femme voilée qui représente la Charité. On la distingue aux attributs que l’allégorie moderne lui a alïëclés, savoir deux enfants qu’elle nourrit; ici, elle lient un des deux cillants contre son sein; I autre est à terre à côté d’elle, et s’enveloppe dans un pan de son manteau. La Charité présente une coupe à une autre femme voilée dont 1 ajustement rappelle le costume des Religieuses hospitalières. Cette femme soutient un malade et cherche à le soulager. La légende autour du type: MATRLS • ÆGROTIS * REDDITAE, et celle de l’exergue : SANCTI • MONIA LIBVS • VINCLNTII • REVOCATIS, signifient qu’on a rendu des mères aux pauvres malades, en rappelant à leurs fonctions les tilles de saint Vincent de Paul.

Lorsque fui. rendu l'arrêté du 27 prairial an l\ lti juin 1801). il y avait déjà un cerlain temps cpie les religieuses de saint Vincent de Paul étaient rentrées dans les hôpitaux, d'où la Révolution les avait expulsées. Au 27 Prairial, le Premier Consul ne fait que le constater en réglant l'administration des biens « spécialement affectés à la nourriture, à l'entretien et au logement des hospitalières et des li I les de Charité attachées aux anciennes corporations vouées au service des pauvres et des malades». Dès le lendemain, 28 Prairial, Bonaparte écrit à Forfait pour lui enjoindre de rétablir les religieuses dans l'hôpital de Toulon, « parce que les malades y sont mal soignés ». Le 10 Fructidor an X (28 août 1802>. il écrit dans le même sens à l’archevêque de Paris, et vers la même époque il fait prendre des mesures analogues dans toute la France.

Le 12 juillet 1808, la Commission des Inscriptions et Médailles mit au nombre des sujets de Y Histoire métallique de Napoléon le Rétablissement des Religieuses hospitalières.

Le 11) juillet, Monge/, propose pour type : » l ne couronne de fleurs d’immortelles ; au milieu, cette inscription : Pur virgines nosocumits consecraUe. Anno 1801. Pour la légende, en dehors et autour de la couronne : Maires aegrotis reslilulae. »

Pelil-Radel propose pour type la figure de saint Vincent de Paul d'après le dessin de la statue de Stouf '. File tiendrait entre ses bras un enfant exposé. A sa droite, serait une sœur hospitalière sous l’emblème de la Charité, voilée, tenant appuyé sur ses genoux un malade étendu aux pieds du saint, et présentant à ce malade un breuvage ; à côté de celui-ci serait un chien appuyé sur son maître. Pour légende : Providenlia 1 incentii reslitula. Pour exergue : Sancli nwnialibus revocatis ad opéra misericordiæ.

Qualremère de Quincÿ propose le type qui a été. dessiné par Chaudet. La Commission l'approuve le 2ti juillet 1808 ; les 13 et 20 janvier 1800, lecture et adoption de la Notice explicative1 2.

1. J .-H. Stout, sculpteur, élève de Coustou, né à Paris le 5 janvier 1742, mort le 30 juin 1826. Sa statue de saint Vincent de Paul, comme fondateur des Hospices des Entants trouvés, fut exécutée en 1708.

2. Voir, dans le Moniteur du 10 novembre 1800, un décret impérial confirmant les lettres patentes du mois de novembre 1657 concernant les sœurs hospitalières de la Charité, dites sœurs de saint Vincent de Paul ; un nouveau décret, du 26 décembre 1810, approuva les statuts des fïuigieUSes hospitalières de l’HOlel-Dieu de Paris.

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