‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 56 sur 197 · XL IV · texte numérisé non relu

XL IV

I \ ST ITl' T ION DES LYCÉES

11 Floréal an X ( I" mai 1802).

Le plan d'instruction publique adopté par les gouvernements antérieurs à l'avènement de Napoléon, établi plutôt sur des théories métaphysiques, que sur la connaissance positive des facultés et des besoins de ceux auxquels l’enseignement est destiné, était incomplet et laissait de grandes lacunes à remplir. 11 était d'ailleurs mal approprié aux localités : dans plusieurs des villes où il existait des écoles centrales, il n’y avait point ou presque point de disciples pour suivre les leçons des maîtres; dans celles où les élèves étaient en grand nombre, l’instruction, trop forte pour quelques-uns, ne l’était pas assez pour les autres : dans toutes les écoles, elle manquait de son principal ressort cl n’atteignait point le but qu’on s’était proposé. En effet, les Professeurs donnant leurs leçons en forme de cours et les disciples étant des auditeurs bénévoles que rien ne contraignait à l’application, il y en avait très peu qui se livrassent sérieusement à l’étude. Ce mode d’enseignement peut convenir à certaines sciences, el seulement encore aux élèves qui y sont déjà initiés et qui ont la volonté de s’instruire; mais on ne peut ni exiger, ni

attendre celle volonté el celle aptitude de la pari du plus grand nombre des hommes, dans les premiers âges de la vie.

Napoléon, méditant dès lors le vaste plan d’enseignement qu’il a mis depuis à exécution, commença par faire disparaître un des principaux inconvénients de celui qui existait. Des écoles secondaires, destinées h donner à la jeunesse les premiers éléments des connaissances qu'elle devait acquérir dans des écoles supérieures, furent d’abord, selon le besoin local, répandues dans toute la France. Quelque temps après, trente Lycées remplacèrent, les écoles centrales qui étaient en beaucoup plus grand nombre, sans que renseignement ait rien perdu par celle réduction. Ce nouveau plan fut proposé par le Premier Consul et converti en loi le 1er mai 1802.

La médaille a pour objet de signaler celte importante réforme due au Législateur de l'instruction publique. File a pour type l’Instruction personnifiée sous la ligure d'une femme assise, environnée des symboles des sciences. Elle accueille avec bienveillance un jeune élève que le père lui présente.

La légende, BOXARVM • ARTIVM • DISCIPLINAS • RENOVATAE, annonce le rétablissement des bonnes études. Les mots : LYCEIS • TRI- (IINTA • ÏNSTITVTIS, un 1802, qu’on lit h l’exergue, indiquent l’institution de trente Lycées dans les principales villes de la France.

ÉCLAIRCISSEMENT

La loi du II Floréal an \ (I"" mai 1802i réorganise l’Instruction publique en France, créant des écoles primaires dans les communes, des écoles secondaires el des lycées dans les villes'. Celte importante réforme fut mise par la Commission au nombre des sujets de Y Histoire métallique de Napoléon, le 30 août 1808. Le G septembre, Visconli propose deux sujets au choix. L'un composé de deux figures : Minerve debout, le casque surmonté d’un coq, la chouette dans une. main : Apollon Lycien, dans l’attitude de sa statue à Athènes, le bras reployé sur la tête et la lyre dans la main gauche. Légende : Minerva mentor , Apollo Lycius ; exergue : Lyceis ad disciplinas el litleras docendas inshtulis. Ann. [1802]; ou, Lycea disciplinis el litleris docendis institut'/; ou, Lycea per Iriyenla orbes fundala. » L’autre sujet serait Apollon Lycien, avec la légende : Apollo Lycaeus, el l'exergue : Lycea per tntas Gallias disciplinis et litleris edocendis instilula , ou fundala.

Projet d' Ymeilhon : Le temple de Minerve; la déesse présenterait un livre h un Génie qui aurait laissé tomber un autre livre : légende : Bonarum artium disciplina renovala.

Projet de Monge/. : « Un édifice vaste et modeste ; sur la frise : Lyceum Bonaparlianum. Pour légende : Libérations institut ionis praeludia ; exergue : Lyceis institut is. Anna [1802 . >•

Le 13 septembre 1808, Quatremère de Quincy présente un nouveau projet. « Il ne pense pas qu'on doive s'attacher trop rigoureusement au mot Lycée , qui n’est peut-être ici qu'une dénomination passagère empruntée du grec, quoiqu’il n'y ait aucune similitude réelle entre les deux institutions; I etablissement des lycées n'ayant été autre chose que le rétablissement, à quelques variétés près, de l’ancien régime d’instruction publique, il propose de représenter dans le type l’Instruction ellemême ou l'Enseignement public sous la forme 'd’une -femme habillée simplement el avec dignité, assise dans la cathedra , le bras gauche appuyé sur un lix-re, étendant la main droite avec un geste «lui désignerait l'Enseignement. Devant elle, deux adolescents dans l'action d écouler, soit debout, soit assis sur un banc. Légende: Bevocandae ad pristina slttdia j uventuli ; exergue : Doclrina (ou disciplina publiai tu lyùeis restituta. Anna 1802 . - Le 20 septembre 1808, adoption du dessin de Chaudel,

I. Une médaille gravée par Andrieu à la Monnaie de Paris, sous la direction de Dcnon. rappelle cette loi. Trésor de mimisnt. Révolution française, pl. XC, tlg. 7. Voir dans la Correspondance de Napoléon /«'. à la date du ‘27 Pluviôse an XIII (10 février 1805) une noie importante de l'Empereur sur les lycées.

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