‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 66 sur 197 · POUR LA MUSIQUE ET LA GRAVURE · texte numérisé non relu

POUR LA MUSIQUE ET LA GRAVURE

1" jour complémentaire an XI {21 septembre 1803).

Les Grands Prix de peinture, de sculpture et d’architecture, institués par Louis XIV, ont depuis plus d’un siècle entretenu eu France l'émulation parmi les jeunes artistes. Le voyage de Rome cl le séjour qu’y font, sous la direction d'un maître habile, et aux frais du Gouvernement, ceux qui ont obtenu ces prix, ont toujours été regardés comme le meilleur moyen de perpétuer le bon goût dans les arts, et de prévenir cette dégénération que le défaut d'un assez grand nombre d’objets de comparaison et d’études ne manquerait pas de porter dans leurs productions.

Mais on n’avait pas encore songé il faire jouir la Musique de cet avantage. La gravure en taille douce et celle sur pierre line, regardées comme des dépendances naturelles de la peinture et de la sculpture, ne participaient qu indirectement au bienfait de l’émulation et de l’instruction qui résultent des Grands Prix.

Napoléon a voulu encourager ces arts par des Prix pareils à ceux qu’avait fondés Louis XIV et qui, comme ceux-ci, seraient décernés par l'Institut. Trois couronnes entrelacées sur le champ de la médaille sont les symboles de cette fondation nouvelle. Comme l’objet de ces prix est d'encourager l'étude de la musique et de chacun des deux genres de gravure, la légende porte : MVSICESET-VTHIVSQVESCALPTVHAEPROMOVENDIS-STVDIIS. L’exergue, PRAEMIA • PROPOSITA • AN NO • MDCCCIII. donne la date de la fondation.

ÉCLAIRCISSEMENT

La médaille dont il est ici question se rapporte à la fondation par le Premier Consul, puis par l'Cmpereur, de plusieurs prix destinés à encourager les Beau \-\ rts et que la (.lasse des Beaux-Ails de l'Institut était chargée de décerner. La première de ces fondations a donné lieu à l'incident suivant :

L'arrêté Consulaire du Pluviôse au \l 23 janvier 1803), qui réorganisa l'Institut rie France, n'avait point rétabli le Grand Prix de gravure, ce qui privait la Classe des Beaux-Arts du privilège d’envoyer à Borne des artistes graveurs, connue l'ancienne Académie. On lit remarquer celte omission à Bonaparte, qui chargea Chaptal de régler l'a (Taire suivant les vœux de l'Institut. Le ministre de l'Intérieur écrivit en conséquence à Joachim Le Breton, secrétaire perpétuel de la ('.lasse des Beaux- Arts, la lettre suivante :

» J'ai reçu, citoyen Secrétaire, dit le Ministre, la lettre par laquelle vous me faites part des représentations adressées au Premier Consul par la Classe des Beaux-Arts, relativement à l'omission du (Irand Prix de gravure qui a été faite dans l'arrêté du Gouvernement du 3 Pluviôse an \l. Je vous annonce avec plaisir que le Premier Consul a bien voulu accueillir favorablement Ja demande de la Classe des Beaux-Arts, en accordant un Grand Prix de gravure; et j’approuve, citoyen Secrétaire, le règlement que vous m'avez transmis pour le concours du Grand Prix de cet art et pour diriger les travaux des artistes qui. l’ayant obtenu, seront envoyés à l’Kcole française des Beaux- \rls à Rome. »

Signé : Chaptal '.

Dans sa séance du mardi 18 avril 1809, la Commission des Inscriptions et Médailles mit au nombre des sujets de Y Histoire métallique de Napoléon : « la fondation des prix de gravure et de musique dans la quatrième Classe de l’Institut

Le 16 mai 1809, « sur les prix de gravure et de musique fondés pour les étudiants et ajoutés à ceux <le peinture, sculpture et architecture », Visconti propose pour type : « Une Renommée posant deux couronnes, une sur la tête de la Musique, l'autre sur la tète de la Gravure, représentées sous la figure de deux femmes assises, l’une écrivant des notes île musique, l'autre avec les emblèmes de la gravure. La légende serait ; Minim um arlificibus, gemmavum aerisque sculploribus praemia proposila. »

Projet de Mongez : « Une table très ornée, sur laquelle seraient placés deux vases, et deux palmes dans ces vases. La légende serait : Srulplurae et musicae alumnis praemia proposila. L’exergue : Inslitutn gallieano judice. »

Projet d'Ameilhon : « Minerve tenant des couronnes ; deux génies tournés vers elle, dont l’un grave sur une planche et l'autre lient un papier de musique et une (1 û te. avec cette légende : Sara praemia arlibus proposila. \ l'exergue : Ex décréta in 1 1 ' classe Insliluti Francine. •<

Le 22 mai 1809, Quatremère de Quincy présente un nouveau projet : « Le. type représenterait trois couronnes entrelacées, au milieu desquelles on pourrait figurer les instruments de la musique, de la gravure en taille douce et de la gravure en pierre dure. La légende serait ; Promovendis musices et utriusque sculpturae sludiis. \ l'exergue : Praemia proposila. ••

La Commission adopte le projet de Quatremère de Quincy.

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