‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 67 sur 197 · LE ( ANAL D'ILLE ET HANTE · texte numérisé non relu

LE ( ANAL D'ILLE ET HANTE

21 Pluviôse an XII 11 février 1804).

Le principal objet d’ulililé qu’on s’est proposé dans l'ouverture du canal qui uuil l’I Ile avec la Rance, est de préserver des dangers de la mer el des attaques de l’ennemi les convois d'objets de construction destinés aux ports de la Bretagne.

Par la réunion de ces deux rivières, les mats qu’on lire du Nord ne sont plus obligés de doubler le cap le plus avancé de la Bretagne, et les rapports commerciaux des villes situées sur les* rivages opposés de celle presqu île trouvent dans celle communication intérieure plus de facilité el de promptitude.

La médaille, qui rappellera l’époque à laquelle celte utile entreprise fut commencée, représente deux Fleuves s'appuyant l'un sur l’autre el tenant chacun une rame en main. Leurs urnes placées près d’eux versent des eaux qui s'écoulent dans des directions opposées.

La légende autour du type, MARIA • PER • ARMÜRICOS • IVNCTA.

IÆ CODE CIVIL

30 Ventôse an XII 11 mars 1804).

L’ancienne ion de la France, mélange bizarre de droit romain et

de droit coutumier, de lois générales cl d'usages locaux consacrés par des règlements spéciaux ou par une jurisprudence souvent incertaine, avait été renversée avec la Monarchie et toutes les institutions protectrices de l'ordre public et des droits des particuliers. Les gouvernements faibles et éphémères qui sciaient succédé rapidement, ne lui avaient substitué (pic des lois commandées par les circonstances, ou suggérées par l'intérêt des passions. Sortie des terribles convulsions de l'anarchie, la France, dont l’ancienne Constitution était détruite, ne pouvait retrouver le calme et voir l'ordre se rétablir que sous une législation nouvelle, uniforme et liée dans toutes ses parties. Il fallait que les principes en fussent puisés dans la nature même de l’homme et de scs relations sociales, pour qu’elle pût devenir universelle et immuable comme la justice même. L’Empereur, jaloux d’ajouter à ses lauriers ce nouveau genre de gloire, conçut le plan d'un Code civil fondé sur ces bases. En même temps

qu’il appelait les lumières des jurisconsultes el l'expérience des magistrats à concourir à ce grand ouvrage, il faisait lui-même, de toutes les parties de ce vaste système, l’objet de ses méditations continuelles, et la France ne doit pas moins à son génie ce Code civil que plusieurs nations de l’Europe se sont empressées d’adopter, que les trophées et la gloire militaire dont elle a le droit de s’enorgueillir.

Le type de la médaille représente la Justice personnifiée, élevant de la main droite la balance, emblème de ses augustes fonctions et appuyant son bras gaîté lie sur le Code civil indiqué par les mots : CODE- NAPOLÉON, écrits en abrégé. La légende, DE- PERSONIS- REBVS* ET • ACTION 1BVS. réunie à celle de l’exergue, LEGES* DICTA E, désigne l’objet du Code, qui rc'de tout ce qui concerne les droits personnels el réels communs à tous les ordres de la Société.

ÉCLAIRCISSEMENT

Le $4 Thermidor an VIII (12 août 18<M>), le Premier Consul prit un arrêté nommant une Commission chargée d’étudier un projet de Code civil. Cette première ébauche fut soumise au Conseil d'Etat, qui discuta les articles du nouveau Code sous la présidence de Bonaparte, puis au Tribunal el au Corps législatif. La loi du :iü Ventôse an VII (21 mars 1S04) déclara achevé el promulgua le Code civil des Français ou Code Napoléon. En 1808 et en 1810. l'œuvre de Napoléon comme législateur fut complétée par le Code d’instruction criminelle et le Code pénal. Dans sa séance du vendredi \ septembre 1812. la Commission des Inscriptions el Médailles avait projeté de mettre à l’étude une médaille commémorant la promulgation du Code d’instruction criminelle, lorsqu’elle s’aperçut qu’elle n’avait pas encore élaboré le projet de la médaille relative au Code civil. On lit en effet, dans le procès-verbal de celle séance : « La Commission devait s’occuper de la médaille sur le Code d’instruction criminelle, mais ce sujet ayant donné lieu de rechercher les types de quelques autres médailles sur différents codes, la Commission s’est aperçue quelle avait omis le Code civil. Elle arrête en conséquence que ce sujet sera le premier dont elle s’occupera et qu’il sera intercalé dans le premier tome, déjà relié, do Y Histoire métallique. »

Le 11 septembre 1812. la Commission entend la première lecture des propositions pour la médaille du Code civil on Code Napolé.m. Monge/, propose deux sujets: l'un aurait pour type : « L Empereur debout, en habit civil, remettant le Code à la France personnifiée. Pour légende : Félicitas Imperii : pour exergue : Codex Xeapolioneus. » L'autre : « Cérès assise sur un siège très orne, tenant d'une main des épis, et de l'autre un sceptre, qui rappelle les lois qu’elle avait fait connaître aux hommes. La légende serait : Cures Thesmophora ; l'exergue : Codex Neapohoneus. ••

Visconti propose : ■■ La Justice assise sur un trône ou siège d'une forme noble, d’une main élevant la balance, de l'autre tenant un livre ouvert sur lequel on lirait les mots en abrégé : Cad. Nap. La légende serait : Suum cuique; l'exergue . Codex .Xeapolioneus, et la date. »

Ouatrcmère de Quincy propose : ■< La figure de la Justice imitée de Raphaël aux salles du Vatican. La figure élèverait «le la main droite la balance; elle aurait la gauche appuyée sur un grand livre ouvert, où on lirait : Codex Neapolioneus. La légende serait la devise que Raphaël a donnée à la justice : Jus suum unicuique Iribuil. L'exergue porterait la date de la promulgation du Code. » Le 18 septembre 1812. Silvestre de Sacy propose : <■ Thémis tenant d'une main un rouleau en partie déroulé, sur leijuel ou lirait : Codex Neapol.; de l’autre, les balances. La légende serait, ou : Rebus el personis leges diclae ou De rebus. personis el aelionibus jura conslilula. ■>

La Commission, après avoir entendu une seconde lecture de tous les projets, arrête : » Le type représentera la ligure de la Justice à peu près dans le goût de celle de Raphaël aux salles du Vatican. Elle élèvera la balance de la main droite ; son bras gauche reposera sur le Code civil où on lira ces mots en abrégé : Cod. Neap. Légende : De personis, rebus el aelionibus; exergue : Leges diclae.

Le (i novembre 1812, Lemol présente à la Commission son dessin terminé.

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22 Germinal an AU [12 avril 1804).

La politique exclusive des ducs de Savoie avait toujours cherche à rendre I entrée de la Haute Italie impraticable par terre à désarmées. On ne pouvait y pénétrer qu’avec des bcles de somme. Le chemin (pie les Espagnols, après avoir traversé le midi de la France, étaient obligés de suivre pour arriver en Lombardie par les Alpes Col tiennes, ne présentait qu’un délilé escarpé et dangereux. Napoléon, jaloux de multiplier les liens qui devaient unir l'Italie à la France et de conserver le passage des Espagnols par des contrées qu’ils enrichissaient, a fait ouvrir une roule sûre et commode sur les flancs du mont Gcnèvre, entre les sources du Var et la ville de Susc. Un obélisque est placé au point culminant, et un hospice, monument de la vigilance paternelle du grand Napoléon, ollre un repos salutaire aux voyageurs.

Le type delà médaille est la Voie personnifiée, comme sur les médailles romaines, appuyée sur une roue cl tenant un obélisque : elle est placée sur le sommet d’une montagne. La légende : VIA • MILITARIS ■ EX • IIISPANIA •

AD • ITALIAM, et celle de l’exergue : PER • ALPEM • C( )TTI AM • ANNO [MDGCGIV'l, indiqucnl <| ne celle roule militaire conduit d’Espagne en Italie, à travers les Alpes Cotliennes, cl qu’elle a etc ouverte en l'année IKOi .

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Décrétée par le Premier Consul après Marengo. en môme temps que celles du Si ni pion et du Mont Cenis, la route, du Mont Genèvre, depuis Gap jusqu'à Fr.nestrelle, fut ouverte à la circulation entre la France et l'Italie le 22 Germinal an \ 1 1 ( 12 avril 1804 . Sur l’initiative du préfet du département des Hautes-Alpes, J.-C.-F. de Lndoucctte, un obélisque de 20 mètres fut élevé au plus haut sommet de la route, à la gloire de Napoléon, et une médaille fut gravée par Auguste pour commémorer cet événement *.

A son tour, le (» janvier 1800. la Commission des Inscriptions et Médailles mit au nombre des sujets do Y Histoire métallique de Napoléon « l'ouverture de la roule du mont Genèvre ».

Le 20 janvier 1800, Monge/ propose le sujet suivant : » I n fantassin et un cavalier sur une route monlueuse. La légende serait : Via militaris ex ffispania ad Jlaljam. L'exergue : Per Alpes Collins ad mont, (lener. » Le 0 février. Petil-Radel propose : » I n sol de rochers sur lequel serait un petit temple à quatre frontons, soutenu de quatre colonnes et ouvert de tous côtés. Line chaussée anguleuse traverserait ce petit temple, auprès duquel serait placé un obélisque. Légende : Ilispaniarum llaliæque eonsorlio; exergue : Per Collins Alpes via du< lu , Ifospilinm condilum. »

,< D'après l’intention où est la Commission de faire entrer dans la ‘composition du mont Genèvre l'obélisque élevé par le Préfet des Hautes-Alpes sur la nouvelle route, Yisconti propose de représenter la ligure de la Voie personnifiée appuyée sur une roue et tenant un obélisque, dans le goût à peu près de la ligure qui, sur le piédestal de la colonne d’Anlonin (autrefois à Monle-Cilorio . parait être celle du Génie du Champ de Mars et lient un obélisque sur son genou »

Qualremère de Quincy propose de figurer l'obélisque entre deux colonnes milliaircs.

Le lll février 1809. la Commission adopte : « Une figure de Voie personnifiée, couchée, appuyée sur une roue cl tenant un obélisque qui repose sur son genou. La figure sera sur le sommet dune montagne ; la légende : Via mililaris ex Ilispaniù ail llaliam. L'exergue : Per Alpem Colliam •>

1. Voyez celle médaille ci-dessous en cul-de-lampe, ef dans le Trésor de numismatique Révolution, française, pl. xc.vi, ilg. il. lin 1807, revenant d'Italie. Napoléon ordonna d'autres travaux, «pii. par Briançon, l'eneslrelle cl Pignerol, complétèrent le réseau des roules du mont Genèvre et du mont Cenis.

2. P. Santé Bartoli, Columna Cachlis M. Aurelio Anlonino Auguslo ilicaln. pl. Il .P 1704 .

3. Parlant des grands travaux d'utilité publique qui, en 1807. sous l'impulsion de Napoléon, se trouvaient en voie d’achèvement, Tliicrs s'exprime ainsi : » Treize mille quatre cenis lieues de grandes roules, formant le vaste réseau des communications de l’Kmpire, avaient élé ou réparées, ou entretenues aux frais du Trésor publie. Deux routes monumentales, celles du Simplon el du mord Cenis venaient d'étre achevées. Napoléon lll allouer des fonds pour entreprendre enfin celle du inonl Genèvre... ■■ (A. Th i ers, llisl. du Consulat el de l'Empire, livre XXVII : Fontainebleau.)

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