ÉGLISE SAINTE-GENEVIÈVE
DESTINÉE A LA SÉPULTURE DES DIGNITAIRES ET DES PRINCIPAUX FONCTIONNAIRES DE L’ÉTAT
20 février 1800.
Le nouveau temple que la piété de Louis XV avait fait élever à la Patronne de Paris était encore loin d’être achevé, lorsque les nouvelles idées qu’enfanta la Révolution lirent changer le nom et la destination de cet édifice. Il fut consacré, sous le titre de Panthéon français, à la sépulture des hommes qui auraient bien mérité de la Patrie.
Mais on ne tarda pas à s’apercevoir que le Panthéon, privé de tout rapport avec les croyances et les institutions religieuses, n’offrait qu’un vaste monument où tout était sans vie et sans puissance sur l’imagination, et qu’il n’appartient qu’à la Religion de faire respecter et de rendre durables les institutions dont le but est d’honorer la cendre et la mémoire des morts.
Convaincu de la nécessité de mettre sous celte sauvegarde sacrée et les
sentiments de la reconnaissance publique envers les grands hommes, el leurs monuments funèbres, Napoléon a ordonné, par son décret du [20 février 1 800], que le Panthéon fût rendu au culte et terminé selon l’intention de son fondateur, sous l’invocation de sainte Geneviève, patronne de Paris ; voulant encore qu’à l’avenir la destination de cet édifice ne fût ni vague, ni sujette aux contradictions, il a réglé que les grands Dignitaires, les grands Officiers de l’Empire, de la Gourou ne et de la Légion d’Honneur, les Généraux et les Sénateurs y auraient leur sépulture. Il a ordonné de plus que, pour rendre aux mausolées enlevés des anciennes églises leur caractère primitif, et les mettre en harmonie avec tous les souvenirs qu'ils doivent conserver, les tombeaux que les circonstances ont fait entasser dans le Muséum des Monuments français seraient transférés à l’Église de Sainte-Geneviève et y seraient rangés par ordre de siècles.
La médaille dont l’objet est de célébrer la belle institution qui assure, après leur trépas, aux hommes distingués par les services qu’ils ont rendus à la Patrie, une sépulture honorable, et en quelque sorte une seconde existence, a pour type le frontispice de l’Église de Sainte-Geneviève.
La légende, VIRIS- DE • PATRIA- BENE* MERITIS, est la traduction de l’inscription française qu’on lit sur la frise du monument, AVX* GRANDS HOMMES • LA • PATRIE • RECONNAISSANTE. Celle de l’exergue : PVBLICE • EFFERENDIS ■ EX • DECRETO, apprend que cette sépulture est une récompense publique décernée par la loi.
ÉCLA IRCISSEMEN T
Le 12 février 1806, Napoléon écrit au ministre, M.’de Champagny. pour lui faire part de scs vues sur le Panthéon, son achèvement et son affectation. Le lendemain il va visiter cette église et ordonne qu'elle soit rendue sur-le-champ au culte catholique. Le décret qui décide qu'elle sera la sépulture des Grands Dignitaires de l'Empire est du 20 février suivant: le même décret affectait la basilique de Saint-Denis à la sépulture des empereurs.
Le 22 décembre 1800, la Commission des Inscriptions et Médailles met au nombre des sujets de Y Histoire métallique : « Sainte-Geneviève ou le Panthéon affecté à la sépulture des Dignitaires et des hommes de mérite ».
Le 29 décembre, Yisconti propose pour type la façade du Panthéon. Pour légende: Itequies oplimorum meritorum, tirée de plusieurs médailles impériales. Pour exergue, la date du décret.
Petit-lladcl propose aussi pour type la façade du monument. Pour légende : l 'iris de palriâ meritissimis. Pour exergue : Sumplu publico efferendis ex décréta, et la date.
Mongez propose pour légende : Proceruni et oplime merentium. Pour exergue: Commune sepulcrum , et la date. Les 12 et 19 janvier 1810, la Commission arrête : <• Le type représentera la façade du monument. La légende sera : Viris de palriâ meritissimis ; à l’exergue : Publiée efferendis ex décréta, et la date. »