CHRISTINA ALEXANDRA
C'est probablement vers le même temps que Christine fit faire par Gioacchino Francesco Travani un grand médaillon sans revers qui la représente, comme les médailles MAKEAQS, en Minerve. En voici le type (fig. 28):
CHRISTINA- ALEXANDRA. Buste de Christine, de profil à droite, la tête coiffée d'un casque antique, surmonté d'un sphinx, entouré d'une couronne de laurier, avec une face de bélier sur la visière. Boucles retombant des deux côtés. Sur la poitrine, une cuirasse h écailles avec une tête de Méduse et des serpents entrelacés. Draperies recouvrant les deux épaules et formant de larges plis à gauche. Module: 93 mm.
Christine avait reçu au baptême les noms de Christina Augusta, dont le second est une anagramme du nom de son père, avec terminaison féminine. Elle adopta à la cérémonie de sa confirmation à Rome, en 1655, le nom de Christina Alexandra, en honneur du pape Alexandre VII, et c'est ainsi qu'elle a signé depuis. Elle a quelquefois repris plus tard le nom de Christina Augusta, mais alors dans la signification romaine d'Augusta, reine ou impératrice.
Cette pièce, qui est coulée, ne porte ni date, ni signature. Je n'hésite cependant pas à y reconnaître la
main de G. F. Travani. La ressemblance avec le type de sa médaille MAKEAQ^S est évidente, surtout pour la forme du nez et la saillie des yeux. Les grands médaillons coulés de ce genre étaient d'ailleurs une spécialité de cet artiste. Il y a au cabinet des médailles du Vatican un médaillon du même module d'Alexandre VIJ, signé Travanus et daté 1663, avec, au revers, la fontaine de S. Marie du Transtévère et l'inscription nobilius PER TE siTUS FLUAM INEXHAUSTUS. La même collection possède aussi plusieurs plaques et médaillons coulés, non signés, datés 1659-61, de la même manière.
Les renseignements que j'ai pu obtenir sur l'artiste ne sont pas très abondants. Ce n'était pas un médailleur proprement dit, mais un orfèvre, et même un des principaux de son métier, car il est en 1655 un des trois « consuls > de la confrérie des orfèvres. ^'^ Ceux-ci et les médailleurs ont, dès le xvi^ siècle, souvent travaillé ensemble, puisqu'ils possédaient, chacun de leur côté, la technique spéciale nécessaire. Benvenuto Cellini est l'exemple le plus fameux d'un grand orfèvre devenu aussi un grand médailleur. Mais à Rome les orfèvres n'habitaient pas, comme les médailleurs, dans la Via de' Coronari, et le nom des Travani ne se retrouve pas sur les registres des quatre paroisses qui se partageaient cette rue.
(1) Il a touché sa paye comme tel le 20 novembre 1655 (Libro délia Depositeria générale, 1655. Arch. di Stato, Rome).
(2) J'y ai vainement cherché des renseignements sur leur famille.
Pl. VII.