‹ Les médailles romaines de Christine de SuèdeChapitre 2 sur 34 · MÉDAILLES DE LA PREMIÈRE JEUNESSE DE LA REINE · texte numérisé non relu

MÉDAILLES DE LA PREMIÈRE JEUNESSE DE LA REINE

Fig. 2.

Fig. 4.

Médaille de Sébastien Dattler.

Fig. 5- Médaille de J. Rethe.

Fig. 6.

Médaille de J. H6hn(i643).

couronné s'élevant d'un bûcher brûlant au sommet d'un rocher. La lég-ende phoenix phoenicis gustavi e. funera (sic) NATA prouve que le graveur n'était pas fort en latin. Le phénix, comme nous le verrons, est devenu une des emprises favorites de la reine.

La seconde'^'-' (fig. 5) est due au burin de Joh. Rethe, qui travaillait à Stockholm, et la troisième (fig. 6) est de Joh. Hôhn. Celle-ci a été frappée à Riga en 1643. Toutes les trois montrent chez l'artiste une évidente préoccupation de la ressemblance. Il s'est ingénié à reproduire aussi fidèlement que possible son modèle, sans essayer de l'idéaliser.

L'emploi de la tête de trois quarts, modelée presque en méplat, était très à la mode dans le Nord de l'Europe, comme il l'avait été en Grèce à l'époque d'Epaminondas. Cette disposition du type permet d'arriver à une ressemblance plus facilement comprise que celle du profil, et on lui doit quelques portraits magnifiques, comme celui d'Henri IV par Guillaume Dupré et celui de Catherine de Médicis qu'on attribue à Germain Pilon. Elle appartient, cependant, plutôt à la peinture, qu'à la médaille. Elle exige un relief, qui expose la pièce à une rapide

(1) Ovale, hauteur 54 mm. Légende du revers : aethereum NUMEN DIADEMATA CELSA TUETUR. Un génie, descendant d'un nuage, tient une couronne et un sceptre au dessus de la reine, assise sur un trophée.

(2) Module 39 mm. Au revers les armes de Suède avec la date 1643.

De Bildt. 4

détérioration par l'usure, et elle doit par conséquent être réservée aux grands médaillons qui ne passent pas de main en main comme les médailles de petit module. Pour celles-ci, et, à plus forte raison, pour les monnaies, l'emploi du profil sera toujours préférable, puisqu'il permet de donner au type un maximum de caractère avec un minimum de relief.

Christine, pendant son règne, n'a cependant pas été de cet avis, car elle s'est fait représenter en trois quarts de face, non seulement sur beaucoup de médailles, mais encore sur ses principales monnaies. C'est ainsi que nous la voyons sur une médaille de 1645, l'année qui suivit sa majorité (fig. 7) et sur celle qui fut frappée en souvenir de la paix de Westphalie, 1648 (fig. 8 et 9). Sur cette pièce, due à Sébastien Dattier, Christine, que ses flatteurs appelaient volontiers la Pallas Nordica, apparaît pour la première fois coiffée d'un casque orné d'une couronne de laurier. Au revers, la reine, vêtue à l'antique, portant le même couvre-chef un peu grotesque, censé rappeler le casque de Minerve, s'avance, une branche de laurier dans la main gauche, vers un olivier, symbole de la paix, duquel elle saisit une branche. La légende Repertrix (Elle le découvrit) a l'avantage d'être laco-

(1) Module 42 mm. Légende du revers: et bello et- pagetriumpuat: anno • i-6-4'5 • : Frappée à Riga. H. Wulff y était maître de la Monnaie, mais il n'est pas certain qu'il ait gravé le coin.

(2) Module 54 mm.

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