‹ Les médailles romaines de Christine de SuèdeChapitre 3 sur 34 · DE LA REINE · texte numérisé non relu

DE LA REINE

Médaille de Sébastien Dattler (1648).

nique. C'est ce qu'il y a de mieux dans cette pièce, qui n'est pas parmi les meilleures du graveur. Les détails en prêtent même un peu au ridicule. Voyez, p. ex., la main et le pied gauches de la petite figure !

Pour le couronnement de la reine, le 20 octobre 1650,' on frappa plusieurs médailles, dont la principale (fig. 10) est due au français Jean Parise, qui venait d'être appelé à Stockholm. L'artiste a représenté la reine de profil à gauche, couronnée de laurier. La ressemblance a été idéalisée sans trop se perdre, et l'ensemble du type est inspiré d'une simplicité classique qu'on chercherait vainement chez les autres médailles faites à la même occasion. Une de celles-ci (fig. ii), en trois quarts de face, à droite, nous montre un type peu différent de celui des médailles de la minorité de la reine. Le graveur ne s'est cependant pas donné beaucoup de peine pour la rajeunir, ou plutôt pour lui faire honneur de la jeunesse qu'elle avait réellement. Christine, à son couronnement, n'avait pas encore vingt-quatre ans, mais on

(1) Diam. 42 mm. Il y a de cette médaille plusieurs variantes de différents modules. Le revers montre un bras sortant d'un nuage et tenant une couronne royale. En dessous la légende avitam ET AVCTAM (Elle a augmenté son héritage). L'original de Parise a été copié par J. Rethe, qui travaillait en même temps que lui à la Monnaie de Stockholm. Parise resta en Suède jusqu'à sa mort, en 1655.

(2) Ovale, hauteur 61 mm. Sous le bras, les initiales du graveur H. R. Frappée à la Monnaie de Riga, sous la maîtrise de H. Wulff.

lui en a généreusement octroyé une dizaine de plus. C'est encore une femme plutôt mûre qui nous apparaît sous les traits fortement accentués du buste d'une autre médaille (fig. 12).^'^ Ici le graveur a essayé, sans trop de succès d'ailleurs, de donner au type une allure un peu classique. Il y a une couronne de laurier, une cuirasse à écailles avec un masque de lion sur l'épaule, et des draperies à riche plis, mais tout ce bagage antique semble hors de place. Heureusement, il y a aussi une certaine expression de fierté et de majesté, qui sied bien à une reine, et qui fait pardonner le manque de goût de r arrangement.

Une autre des médailles que Jean Parise grava pour le couronnement de la reine mérite une mention spéciale. Le droit (fig. 13) est presque tout à fait semblable à celui de la médaille avitam et auctam (fig. 10). Peut-être est-elle même mieux réussie comme ressemblance, spécialement pour la forme du nez. Au revers (fig. 14), la reine est représentée en Dea Roma, assise sur un trophée, s'appuyant du bras gauche contre un bouclier et tenant de la main gauche" une « victoriole ^ . Christine sentait déjà alors, à l'apogée de sa gloire, cette mystérieuse attraction vers la Ville Éternelle à laquelle elle devait céder quatre ans plus tard. Écoutez ce qu'elle écrit, le 18 octobre 165 i.

(i) Module 54 mm. Au revers les armes de Suède avec la légende late christina régit (Le royaume de Christine est grand). L'auteur est inconnu.

Pl. III.

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