A GEORGE DURUY
Vulcain croisait les bras et regardait sa femme. « Mon ami, dit Vénus, vous semblez soucieux : Allez prendre un peu l'air. — Eh non, par tous les dieux ! Vous attendez ce soir votre galant, madame !
Or moi, je veux tuer ce militaire infâme ! » — Mais Venus l'embrassa, lui souffla dans les yeux ; Et, debout près du lit, l'époux disgracieux Sentit un doux sommeil se glisser dans son âme.
La Reine de Paphos atrocement sourit.
Elle toussa trois fois : une porte s'ouvrit, Et,' tandis que ronflait le boiteux immobile,
Mars, frisé sous son casque, entra d'un air faquin. Vénus se dégraffa ; puis, d'un geste tranquille, Elle accrocha sa robe aux cornes de Vulcain.
A MON CHAT
A MON CHAT
Mon chat, hôte sacré de ma vieille maison, De ton dos électrique arrondis la souplesse, Viens te pelotonner sur mes genoux, et laisse Que je plonge mes doigts dans ta chaude toison.
Ferme à demi, les reins émus d'un long frisson, Ton œil vert qui me raille et pourtant me caresse, Ton œil vert semé d'or, qui, chargé de paresse, M'observe d'ironique et bénigne façon.
126 A MON CHAT
Tu n'as jamais connu, philosophe, ô vieux frère,
La fidélité sotte et bruyante du chien :
Tu m'aimes cependant, et mon coeur le sent bien.
Ton amour clairvoyant, et peut-être éphémère, Me plaît ; et je salue en toi, calme penseur, Deux exquises vertus : scepticisme et douceur.