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que tous les médecins portaient, outre l'ample perruque, une longue barbe, à laquelle Molière a fait plus d'une allusion. Lorsque Argan rêve de prendre ses degrés, Toinette lui dit : « Quand il n'y auroit que votre barbe, c'est déjà beaucoup, et la barbe fait plus de la moitié d'un médecin ^ » Sur la perruque reposait le liant bonnet pointu en forme d'éteignoir, mode qui remontait à la fin du quinzième siècle ^ et qui ne vit pas celle du dix-septième. Au milieu du règne de Louis XIV, les jeunes médecins commençaient à revêtir le costume ordinaire des bourgeois aisés. Tous, au dix-huitième siècle, l'avaient adopté. Leur habit était de drap ou de velours, une fine dentelle formait le jabot et les manchettes; ils tenaient à la main une canne à pomme d'or ou à bec de corbin. Leur démarche était pleine de dignité. On les accueillait partout avec de grands égards, même avec respect.
Il fallait qu'un médecin fut bien pauvre pour courir la ville à pied. Enveloppés dans leur longue robe, ils s'en allaient gravement, assis sur une mule ou sur un cheval. En 1505, on plaça dans la cour de l'école « deux hautes
' Malade imaginaire, acte III, se. 22.
" Voy. Quicherat, Histoire du coslume, p. 322.