‹ Les médecinsChapitre 27 sur 44 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

LES SAIîsTS GUÉRISSEURS. — LES ROIS DE FRAISGE ET LES ÉCROUELLES.

LES SAINTS GUERISSEURS.

Maladies désignées par des noms de saints. — Influence des saints sur la guérison des maladies. — Liste des principales maladies et des saints sous le patronage de qui elles sont placées. — Oraison pour la guérison des brûlures. — Oraison pour la guérison des coliques. — Oraison pour la guérison des maux de dents. — Saint Fiacre et Richelieu. — Oraison pour la guérison de la teigne. — Saints à invoquer en diverses circonstances. — Saints guérisseurs d animaux. — Saints commandant à la pluie et au beau temps. — Saints à invoquer dans le mariage. — Saints faisant retrouver les objets volés ou perdus, etc.

L'Église offrait une suprême consolation, un secours bien précieux aux malades condamnés par la science, aux désespérés, aux pauvres diables à qui aucun docteur n'eut fait crédit et qui ne possédaient même pas le denier nécessaire pour acheter les simples débités par les herbiers ^ Il leur restait la res-

^ Voy. ci-dessus, p. 18.

source de s'adresser aux nombreux saints qui représentaient en médecine nos spécialistes. Quelques-uns , les plus célèbres , avaient donné leur nom à la maladie qu'ils guérissaient. Le peuple ne lui en connaissait point d'autre, et c'est presque toujours ainsi que la désignent nos anciens chroniqueurs.

Le mal Saint-Eiitrope, c'était l'iiydropisie.

— Saint-Fiacre, —

— Saint-Marcel, —

— Saint-Antoine, —

— Saint-Quentin, —

— Saint-Gilles, —

— Saint-Maur, )

— Saint-Genou, )

— Saint-Martin, —

— Saint-Main, /

— Sainte-Reine,'»

— Saint-Matliuriii,/

— Saint-Gildas, )

— Saint-Eloi, —

— Saint-Job, )

— Saint-Ladre,)

— Saint- Jean, \

— Saint- Avertin,, —

— Saint-Leu, )

— Saint-Bartliélemy, —

les hémorrhoïdes et le fie.

la gangrène.

l'érysipèle et la gangrène.

la toux et Fhydropisic.

le cancer.

la goutte, l'ivresse, la gale.

la folie, les ulcères, la lèpre.

l'épilepsie.

les convulsions.

Le mal Saint-Laurent, c'était les boutons à la figure.

— Saint-Guy, — la cliorée.

— Sa4nt-Marcoul,

— Saint-Quirin,

— les écrouelles.

Le célèbre Van Helmont fut emprisonné en 163 4 par l'archevêque de Mecheln, parce qu'il avait attribué à une vertu magnétique l'influence salutaire des saints dans les maladies ^. La foi seule produit ces miracles; les saints n'accordent le bienfait de leur intercession qu'à celui qui les invoque avec la foi ardente et nahe du chrétien convaincu. L'Eglise ha jamais varié sur ce point, et sa doctrine vient d'être exposée dans deux gros volumes qui ont pour titre : Les saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoqués dans les maladies et dans les circonstances critiques de la vie, par L. Du Broc de Segange, membre correspondant du ministère de l'instruction publique, et L.'F. Morel, chanoine archidiacre de la cathé^ dr aie de Moulins "^ . Entête de l'ouvrage, inspiré par une dévotion sincère, rédigé d'après les Bollandistes et les sources les plus sûres, figure

* Voy. Gh. Daremberg, Histoire des sciences médicales, t. I, p. 476.

* Paris, chez Bloud et Barrai, 1888, 2 in-8°.

Tapprobation sans réserve des évêques de Moulins et de Pamiers. Ce livre va être mon meilleur guide, et j'en adopte toutes les assertions. Dans la liste qui va suivre, je ne donnerai donc place qu'aux saints authentiques et orthodoxes, et je ne signalerai l'utilité de leur intervention que dans les cas où elle est reconnue et professée par l'Église. Je me bornerai, en outre, à citer pour chaque maladie les principaux de ces célestes docteurs, car leur nombre est considérable. En effet, on peut invoquer :

Contre les coliques. 18 saints.

— les convulsions . 10 —

— les dangers de l'accouchement. 70 —

— les maux de dents. 20 —

— les écrouelles 15 —

— les maladies des enfants . 85 —

— l'épilepsie . 37 —

— les fièvres 123 —

- — les flux de sang 12 --

— la folie 24 —

— la gale 14 —

— la goutte 23 —

— la gravelle et la pierre 20 —

— les hernies 19 —

— riiydropisie 11 —

— la lèpre 12 —

— la paralysie 16 —

Contre la peste 53 saints.

— la rage 17 —

— les rhumatismes 15 —

— la stérilité conjugale 27 —

— les maux de tête 49 — -

— les maux d'yeux 47 —

etc., etc., etc.

Quand j'indique ci-dessous les circonstances qui ont créé à un saint sa spécialité, je copie Touvrage de M. Du Broc de Segange toutes les fois que je ne cite pas en note une autre source.

On invoquait donc :

Contre les abcès de la gorge :

S. Albert. S. Quirin.

Pour faciliter les accouchements :

S. Daniel de Padoue. S'« Julienne.

S. Léon. S'« Cunégonde'.

S. Norbert. S'« Colette.

S. Léonard. S'® Marguerite^.

' Revêtir sa tunique.

^ Au moment d'accoucher, « un grand nombre de femmes se font apporter la ceinture de sainte Marguerite. » (Dionis, Traité des accouchemens, édit. de 1718, p. 208.)

Lors de l'accoucliement de Marie de Médicis, » les reliques de madame sainte Marguerite estoient sur une table de la cbambre. » (Louise Bourgeois, sage-femme de la reine, 06servations sur la stérilité, 2* partie, p. 155.) L'abbé de Saint-Germain des Prés, où ces reliques étaient conservées, les prêta de nouveau à l'occasion des couches de Marie-

Contre ramai(jrissement • S. Miilefort.

Contre les angines :

S. Biaise. S. Remy.

Contre l'apoplexie :

S. André. S. Wol%ang.

Contre les maladies des articulations :

S. Philippe de Ncri*.

Contre Tasthme :

S. Goussault. S. Elric,

Contre les avortements :

S'* Gatberine de Sienne.

Contre les blessures graves :

S*" Alde(jonde. S'« Reinelde.

Contre les boutons :

S. Laurent. S'* Reine.

Thérèse, femme de Louis XIV, et de Marie-Victoire, femme du grand Dauphin. (Dom Bouillard, Histoire de l'abbaye de Saint-Gemnain des Pi-és, p. 256 et 257.) L'abbé de Saint- Remy de Reiir)S avait montré inoins de condescendance lorsque Louis XI mourant avait demandé qu'on lui envoyât la sainte ampoule qui, il est vrai, « n'avoit jamais esté bougée de son lieu. » L'abbé refusa d'en expédier « même une petite goutte, » et il fallut s'adresser au pape. (Voy. les Mémoires de Gommynes, édit. Dupont, t. II, p. 249.)

' Il avait guéri miraculeusement le pape Clément VIII. qui souffrait de la goutte.

Contre les brûlures ^ :

S. Lazare'. S. Laurent'.

Contre les cancers :

S. Gilles. S'* Aldegonde^.

S. Fiacre. S'« Agathe^.

S. Béat.

Contre le carreau des enfants :

S. Nazaire. S. Germain d'Auxerre.

Contre les cauchemars :

S** Franche.

Contre la cécité ^ :

S. Christophore".

' Un petit volume, publié en 1849, me fournit le texte suivant :

« Oraison pour guérir toutes sortes de brûlures. Par trois fois différentes, vous soufflerez dessus en forme de croix et direz : « Feu de Dieu, perds ta chaleur comme Judas perdit sa couleur quand il trahit ]>s. S. au jardin des Olives. » Et nommez le nom de la personne, disant : « Dieu l'a guéri par sa puissance. » Sans oublier la neuvaine à l'intercession des cinq plaies de ?S. S. J. Gh. Ainsi soit-il. » [Laissez dire et faites le bien, 1849, in-8°, p. 4.)

^ On lui avait appliqué sur la paume des mains des lames de fer rougies au feu.

^ Il périt brûlé sur un gril.

* Elle mourut d'un cancer. — « Les saints, dit Théophile Gautier, sont homéopathes et ne guérissent que les maladies dont ils sont affectés... On pense, sans doute, que ces bienhetireux personnages compatissent plus tendrement aux maux qu'ils ont soufferts. " (Italia, édit, de 1884, p. 273.)

5 On lui coupa les seins.

^ Voy. ci-dessous : Contre les maux d'yeux.

"^ Au moment de sa mort, il obtint du Seigneur que sa mère aveugle recouvrât la vue.

Contre les chancres :

S. Fiacre. S. Macre.

Contre la chorée :

S. Guy.

Contre les suites de chutes :

S. Quiterie.

Contre la claudication * :

S. Claudel S. Pourçain.

Contre les coliques ^ :

S. Érasme^. S'« Émerance.

Contre la faiblesse de complexion :

S- Ulrich.

Contre la consomption :

S. Pantaléon.

Contre les contusions :

S'* Amelberge.

^ Voy. ci-dessous : Conlre les maux de jambes.

^ Patronage tiré de son nom : claudas, boiteux. « Il existe souvent une ressemblance entre les noms des saints et les maux contre lesquels on les invoque. »

^ « Oraison pour guérir promptement de la colique. Mettez le grand doigt de la main droite sur le nombril, et dites : « Marie, qui êtes Marie, ou colique passion qui est entre mon foie et mon cœur, entre ma rate et mon poumon, arrête, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Et dites trois pater et trois ave, et nommez le nom de la personne, disant : « Dieu t'a guéri. Amen. » (Le médecin des pauvres, Màcon, 1875, in-18, p. 40.) Ce petit livret a eu un nombre immense d'éditions; outre celles-ci, j'ai consulté celle du Gâteau, 1866, et celle de Paris, 1887.

* Surtout contre celles des enfants.

Gontre les convulsions des enfants :

S. Barthélemi. S. Maurice.

S. Claude.

Contre la coqueluche :

S. Bavon. S. Biaise.

Contre les douleurs de cou :

S. Arnould'. S. Loup.

Contre les crampes :

S. Firmin.

Contre la crasse de la tête :

S. Main.

Contre les croûtes au visage :

S'« Rose.

Contre les dartres :

S. Antoine. S. Julien l'hospitalier.

Contre les maux de dents :

S. Christophe-. S. Biaise.

S. Engehnond. S. Dalmace^.

S. Grescence. S. Rigobert^.

^ « Tourner autour du cou la corde qui servit à pendre le saint. "

- « Il y en a qui trouvent fort mauvais qu'on ait faict saincte Apolline guarisseuse de dents, et disent que sainct Ghristofle en est le vray et naturel médecin. » (Henri Estienne, Apologie pour Hérodote, édit. Ristelhuber, t. II, p. 320.)

^ Appliquer contre la gencive une dent du bienheureux.

* Frotter les dents avec de la poussière grattée sur son sépulcre.

S. Dizié. s. Géran.

S. Médard». S. Rocli.

S. Nicolas^. S'« Ide de Nivelle^

S*« Elisabeth de Ilonjjrie. S'* Apolline^.

Contre la diarrhée :

S. Loup. S. Germain d'Auxerre.

Gontre les maladies du dos :

S. Dodon^.

^ Toucher la dent malade avec une baguette arrachée à la charmille qui entoure le tombeau du saint.

* Dans la 110^ Nouvelle de Bonaventure Desperriers, le marquis de Ferrare dit au bateleur qui feignait le mal de dents : « Prens la médecine que je t'ordonne, et prie monsieur S. Nicolas, et tu seras incontinent guary. » Edit. elzévir., t. II, p. 329.

^ Toucher la dent malade avec une dent de la sainte.

* «« Oraison contre le mal de dents. Sainte Appoline, assise sur la pierre de marbre, Notre Seigneur passant par là, lui dit : " Appoline, que fais-tu là? — Je suis ici pour mon chef, pour mon sang et pour mon mal de dents. — Appoline, retourne-toi; si c'est vmc goutte de sang, elle tombera; si c'est un ver, il mourra. » Dites cinq pater et cinq ave en l'honneur et à l'intention des cinq plaies de Notre Seigneur J.-C, et faites le signe de croix sur la joue avec le doigt en face du mal que l'on ressent, disant : «Dieu t'a guéri par sa puissance. » (Le médecin des pauvres, Dijon, 1868, in-18, p. 1.)

^ « Quoique entre le nom de saint Dodon et dorswn, vulgairement doSy il n'y ait aucune conformité, si ce n'est une certaine consonnance entre dodo et dos, dos, de là cependant il est arrivé que déjà depuis lontemps le patronage de saint Dodon a été réclamé par les malades qui souffrent du dos et des reins. »

Contre la dysenterie :

S'* Eulalie*. S. Fiacre.

Contre les écrouelles ^ :

S. Marcoul'. S. Quirin.

S. Donan. S. Edouard^.

S. Éloy. S'« Candide*.

S. Cloud«. S'« Balbine''.

Contre les empoisonnements :

S. Benoît. S. Firmin.

Pour les enfants qui tardent à marcher : S. Hilaire. S'^Avoye^

^ Boire de l'eau qui a séjourné dans le chef de la sainte. Celui-ci est conservé à Gaen.

' Voy. ci-dessous, p. 254 et suiv.

^ Marque au cou. « A quelques saincts, on a assigné les offices selon leurs noms, comme quand aux saincts médecins on a avisé que tel sainct guariroit de la maladie qui avoit un nom approchant du sien. " (H. Estienne, p. 311.)

* Il s'agit d'Edouard le Confesseur, et l'on verra plus loin que les rois d'Angleterre prétendaient avoir, comme les rois de France, le don de guérir les écrouelles par le simple attouchement.

" « On mesure la circonférence de son chef avec un fil que l'on passe autour du cou des malades. A ce simple contact, les tumeurs scrofuleuses disparaissent. »

^ « Saint Cloud étant fils de roi et ayant eu des droits incontestaljles à la couronne de France, la tradition populaire lui aura attribué le privilège conféré à tous les rois de France. »

^ « Elle avait été guérie des écrouelles par le pape saint Alexandre, qui lui avait entouré le cou de sa propre chaîne. »

^ Les plonger dans une fontaine qui a été bénite par la sainte.

S. Sulpice. S'« AlcIe(joncle'.

S. Arnoult.

Pour obtenir des enfants mâles :

S'« Félicitée

Contre les engelures :

S. Genès.

Contre l'enrouement :

S. Bernardin.

Contre les maux d'entrailles :

S. Érasme 3. S'" Rolande.

Contre les épidémies :

S. Roch^

' Faire trois fois le tour d'une fontaine qui jaillit jadis sous les pieds de la sainte.

^ Elle n'a eu que des garçons,

^ Il doit ce privilège à son martyre. Ses intestins, tirés par l'ouverture du nombril, furent enroules sur un treuil que deux hommes faisaient mouvoir.

* Durant l'épidémie d'injluenza qui fît tant de victimes durant l'hiver de 1889-90, saint lloch fut l'objet d'une vénération particulière. On lisait dans Le Gaulois du 6 janvier 1890 : « Grande affluence de fidèles dans l'église Saint-Roch, où de tout temps, pendant les périodes épidémiques, les chrétiens vont se prosterner au pied de la statue du saint. Pour satisfaire aux nombreuses demandes de ses paroissiens, M. l'abbé Millaud a décidé qu'à partir d'aujourd'hui des messes seront dites toute la matinée à l'autel dédié à saint Roch. »

Il en fut de même en province, dans les villes qui possédaient des chapelles de saint Roch, A Montpellier notamment, une messe solennelle fut célébrée par l'évèque. « A l'issue de la cérémonie , le prélat a prononcé une courte allocution, remerciant et encourageant les assistants, puis

Contre l'épilepsie :

Les rois Mages'. S. Joaclnm.

S. Jean^ S. Hildevert^.

S. Leu. S. Avertin.

Contre Térysipèle :

S. Antoine. La sainte Vierge*.

Contre Tesquinancie :

S. Loup. S. Biaise.

Contre les maux d'estomac :

S. Timothée'. S'* Éinerance.

Contre les évanouissements :

S. Valentin.

il a récité à haute voix des prières spéciales. La statue de saint Roch était entourée de bouquets et de lumières. »

La corporation des paveurs avait pour patron saint Piocli. Il devait cette prérofjative au même motif qui avait déterminé les aiguilletiers à choisir saint Sébastien, et les brossiers à choisir sainte Barbe.

' « Dans le mouient de l'accès, si quelqu un pose sa bouche sur l'oreille du patient et qu'il prononce trois fois ces mots : « Gaspard porte la mvrrhe, Melchior l'encens, Balthazar l'or, » il est certain qu'il se lève aussitôt. »

^ « A cause que la teste de sainct Jean tomba quand il fut décapité. " (J. Brillon, Dictionnaire des arrêts, t. III, P-.i24.)

■' " Les BoUandistes inclinent à penser qu'on doit attribuer ce don à la ressemblance qui existe entre Hildevertus et vertigo. »

'^ L'érysipèle était appelé le mal des roses ]Xotre-Dame, Yoy. Ducange, au mot morbus.

" « Il était sujet à une maladie d'estomac qui l'incommodait fort. Saint Paul l'eût guéri aisément s'il eût voulu,

Contre la fièvre :

S. Félix'. S. Loup».

S. Ri(joberl'. S. Arnould.

S. Gautier*. S. Didier.

S. Antonin*. S. Hugues.

Contre les fistules :

S. Fiacre". S. Quirin.

Contre la folie :

S. Mathuriii'^. S. Dizier.

S. Gildas». S'» Bertlie.

Contre les furoncles :

S. Gloud^. S. Antoine.

mais il connaissait trop le prix des souffrances pour en demander l'affranchissement. "

^ Prendre de la poussière grattée sur la pierre de son tombeau.

^ Boire à une fontaine que le saint fit jaillir d'une terre aride.

^ Gomme pour saint Félix.

* Il en mourut.

" Il en mourut.

" Il était invoqué contre toutes les maladies du fondement. Voy. ci-dessous : Contre les hémoi-rJioîdes.

' De l'italien matto, qui signifie /bu. — Dans Le pédant jouéy de Cyrano de Bergerac, Granger dit à Fleury : « Mon fils est fol. Le pauvre enfant doit une belle chandelle à saint Mathurin. " Acte I, scène 6.

* Voy. Rabelais, Gai-gantua, liv. I, chap. XLv.

" « Quant à l'invocation contre les furoncles, qui sont appelés clous dans le langage vulgaire, il en faut chercher l'origine dans la similitude dvi nom de cette affection avec celui du saint. »

Les cloutiers l'avaient pris pour patron.

LES MJ':DECKNS. 233

Contre la {jale :

S. iMain. S. Job.

S. Marc. S'« Reine.

Contre la gangrène :

S.Marcel'. S.Antoine.

Contre les maladies des glandes :

S. Côme et S. Damien.

Contre le goitre :

S. Goussaut. S. Biaise.

Contre les maux de gorge :

S. Ignace. S'* Lucie'.

S'« Godelive^

Contre la gourme :

S. Côme et S. Damien*.

^ La gangrène est dite « selon le vulgaire, feu Sainct- Antoine on feu Sainct- Marcel. " (Ambr. Paré, liv. XII, chap. XX, p. 469.)

^ On lui transperça la gorge avec une épée.

^ Elle fut étranglée.

■* Patrons des chirurgiens. On a fait sur eux ce dicton :

Servez sainct Cosine et sainct Dauiien, Vous vous porterez toujours bien.

« Il parait hors de doute qu'il v avait moins de maladies graves quand les médecins fêtaient leurs saints patrons. Peut-être voient-ils quelque profit à se passer d eux. "

Guillaume Duval, professeur de philosophie au Collège de France, médecin ordinaire du roi et doven de la Faculté de médecine en 1646, récitait tous les samedis les litanies des saints et saintes qui ont exercé la médecine et de ceux qui sont invoqués contre les maladies. Il en a publié la liste (très incomplète) dans l'ouvrage suivant : Historia mono-

Contre la goutte :

S. Maiir. S. Grégoire le Grand'.

S. Genou ^. S. Julien d'Alexandrie'.

S. Bonel^

Contre les hémorrhagies :

S'" Tanche 5. S'« Marthe.

Contre les hémorrhoïdes :

S. Fiacre*. S. Alexandre.

Contre les hernies :

S. Conrad. S. Valéry.

S'« Rolande.

gramma, s'ive pictura linearis sanctorum medicorimi. Adjecta est séries nova sive auctuariuin de sanctis qui œgris opitulantur certosque percurant uiorbos. 1643, in-i-".

J II l'eut.

^ « Quant à sainct Genou, qui guarit de la goutte, c'est parce que cette maladie se loge volontier au genou. » (Henri Estienne, t. II, p. 313.)

=5 II l'eut.

^ Il en est mort.

" Elle perdit tout son sang par la bouche et par les narines.

•* Henri V d'Angleterre « mourut d'une maladie qu'on nomme de saint Fiacre. G'estoit un flux de ventre merveilleux, avec hémorrhoïdes. " (Juvénal des Ursins, Histoire de Charles VI, cdit. Michaud, t. II, p. 567.)

Ambroise Paré appelle le fie mal saint Fiacre (^OEuvrcs, p. 371, 373 et 996.)

« On a fait sainct Fiacre médecin du phy, et de celuy principalement qui vient au fondement. « (H. Estienne, t. II, p. 312.)

" Il a coutume de guérir principalement ceux qui sont

Contre Thydropisie :

S. Eutrope'. S. Quentin.

S. Lubin. ' S. Gilbert.

Contre l'incontinence nocturne d'urine chez les enfants :

S. Gervais*.

Contre les maladies incurables :

S. Priest.

affligés de viscus ; c'est pourquoi on appelle vulgairement cette maladie le fix de saint Fiacre. »

Il s'agit ici de la tumeur nommée fie, qui se développe en général près de l'anus. Richelieu en mourut. On fit cependant apporter de Meaux, où elles étaient conservées, les reliques de saint Fiacre, mais elles ne purent enrayer les progrès du mal :

Saint Fiacre, délaissant son temple et ses autels, Abandonne le soin du reste des mortels. Encor son entremise et sa sainte prière Auront assez de peine à sauver ce derrière.

{Sur V enlèvement des reliques de saint Fiacre^ apportées de la ville de Meaux pour la (juérison du derrière du cardinal de Richelieu. Dans le Tableau de la vie et du qouvernenient de Messieurs les cardinaux Richelieu, Mazarin, etc., p. 29.)

Lorsqu il fut décidé que Félix ferait à Louis XIV l'opération de la fistule, Bossuet se rendit à Meaux, et commença devant les reliques de saint Fiacre une neuvaine que les religieux achevèrent.

^ « C'est par un calembour qu'on est parvenu à attribuer îi saint Eutrope la guérison de l'hydropisie. »

" Quand on a faict saint Eutrope médecin des hydropiques, je croy bien qu'on a confondu Eutrope avec hydrope. >• (H. Estienne, t. II, p. 312.)

* On l'invoquait aussi pour les « enfants qui ont les pieds en croix. »

Contre les suites de l'ivresse :

S'« Bibianc'. S. Malhias'.

S. Martine

Contre les maux de jambes : S. Pérégrin*. S. Qiiirin^.

Contre la jaunisse :

S. Odilon. S. Gérard.

Contre les maladies de la langue :

S'* Catherine''.

Contre la lèpre :

S. Lazare^. S. Main.

S. Job.

Contre le lumbago :

S. Laurent^.

' Sans doute du latin bibere. En outre, « pendant son martyre, elle avait éprouvé de violents maux de tête. »

^ A cause de la ressemblance de son nom avec celui de l'améthyste, pierre qui passait pour prévenir l'ivresse.

^ Voy. Ducange, au mot Morbus.

■* Peregrinut signifie voyageur, pèlerin, tous gens qui se servent fort des jambes.

* En souvenir de son supplice : « Après avoir eu tous les membres rompus, il ne pouvait plus se mouvoir. »

® Elle était douée d'une grande éloquence. « On a pensé qu'après avoir usé de la parole avec tant d'éclat, elle devait être exempte de toutes les maladies qui attaquent la langue. >i

^ Souvent appelé saint Ladre.

^ « Pendant qu'il était étendu sur son gril, il dut ressentir des douleurs atroces aux reins, au dos et aux épaules. »

Les rôtisseurs l'avaient pris pour patron.

Contre la ml(]raine :

S. Damien'. S. Eiitrope^.

S. Hugues 2. S. Simplicieii^.

S. Vincent Ferrier*. S'" Colette.

Contre le mutisme :

S. Muce^

Contre les maladies nerveuses :

S. Georges'^. S. Marc^.

Pour faire recouvrer le lait aux nourrices : S. Mammès^. S. Gilbert.

Contre les maux d'oreilles :

S. Aurélien'". S'« Oranne".

^ Appuyer la tête contre son tombeau.

^ 11 eut la tète fendue à coups de hache.

^ Il fut un des fondateurs de la Grande-Ghartreuse.

'* Quand on le décapita, « sa tète forma, en tombant sur le sol, une excavation » où les fidèles viennent placer leur tête.

^ « Une femme tourmentée depuis plusieurs années par d'atroces douleurs de tête fut guérie par le contact avec la partie douloureuse d'une calotte de saint Vincent conservée chez les Dominicains de Toulouse. »

^ En latin Mutins ou Mutas,

^ La valériane était appelée Herbe de Saint- Georges.

^ La tanaisie était appelée Herbe de Saint-Mai-c.

^ « Sainct Mammard est le médecin des mammelles. » (H. Estienne, t. II, p. 312.) — Sa mère adoptive s'appelait Ammia; « à l'âge de deux ans, parce qu'il l'appelait marnas ou maman j on lui donna le nom de Mammès. »

^° « D'après les vieux auteurs, on le désigne aussi sous le nom à' Oreille. »

^^ Elle était sourde.

S. Polycarpe. S'" Taraise'.

Contre les palpitations :

S. Piat.

Contre la paralysie :

S. Yalfroy. S»« Glotilde.

Contre la peste :

S. Antoine'. S. Roch^.

S. Gérald. S. François de Faille*.

S. Sébastien*.

Contre la pierre et la gravelle :

S. Jubin®. S. Etienne'.

S. Benoît". S. Hubert.

' Embrasser sa tète, « qui est enfermée dans une capsule d'argent. »

^ Le porc placé aux pieds d'un saint signifie le démon et les voluptés vaincus.

^ Prière à saint Roch, composée par les Marseillais au cours de l'épidémie de 1720 :

Grand saint Roch, nous ne craignons rien, Et rien ne nous sera funeste Si vous êtes notre soutien.

Secourez ce peuple chrétien, Et venez apaiser la colère céleste ; Mais n'amenez pas votre chien, Nous n'avons pas de pain de reste.

Vov. ci-dessus : Contre les épidémies.

* " Les habitants de Gosenza furent guéris par la simple onction de l'huile de la lampe qui brûlait dans sa chapelle. »

* Voy. Rabelais, Gargantua, liv. I, chap. XLV. ** Il en est mort.

^ Il fut lapidé.

^ Il en guérit saint Henri, empereur d'Allemagne.

Contre la faiblesse des pieds :

S. Arbogaste'.

Contre la pleurésie :

S. Leuce^ S. Manuel.

Contre le rachitisme :

S. Millefort.

Contre la rage :

S. Hubert 3. S. Dominique.

^ « En Suisse, on montre sur un rocher l'impression profonde de son genou. Ceux qui sont fatigués ou faibles des pieds retrouvent leur vigueur à ce rocher. »

- Appliquer sur la partie malade quelques débris de son sanctuaire ruiné.

^ Ses descendants directs avaient hérité de son utile prérogative, et Louis XIV accorda au chevalier de Saint- Hubert le droit de toucher les personnes mordues par des chiens enragés. Madame de la Guette, se trouvant dans ce cas, s'empressa de recourir à lui : « Je pris, écrit-elle, la résolution de m'en aller le lendemain à Paris pour trouver le chevalier de Saint-Hubert, et le prier de me toucher; comme il est de la race de ce grand saint, il a la vertu d'empêcher la rage, et tous ceux qui sont touchez de luy se tiennent heureux. Le Roy même l'a été et toute la cour, ainsv qu'une infinité de personnes du royaume. » M. de Saint-Hubert ordonna à madame de la Guette de se confesser et de communier, puis il la toucha, et poussa même la complaisance jusqu'à toucher un chat et une vache qui avaient été mordus en même temps qu'elle. (Voy. mad. de la Guette, Mémoires, édit. de 1681, p. 200 et 282.)

Dans son Opérateur ingénu (1669, p. 51), Lamartinière dit qu'un de ses amis, nommé M. de Ganroses, « de la lignée de saint Hubert, » lui narra « qu'ils gardent dans leur lignée, sans le dire à d'autres, tant pour que la charité qu'ils en font soit plus à priser, que pour servir de remarque à l'antiquité de leur noblesse, " un remède sûr. W consentit

S. Pierre'. S. Denis l'Aréopagite'.

S. Gildas^. S'« A^albur^^e^

Contre les maladies de la rate :

S. Phallier.

Contre les maux de reins :

S. René. S. Laurent^.

S. Renaud*'.

Contre les rétentions d'urine :

S'« Rolande ^

a le révéler à Laniartinière, et celui-ci s'empressa de le publier. On pilait dans un mortier de l'ail, des feuilles de marguerite, de la rue, etc., on mettait le tout dans un verre de vin blanc, on filtrait et l'on faisait boire la potion au malade, « soit d'amitié, soit par force. »

Sur d'autres modes de traitement, voy. Les médicaments^ p. 118.

' Il faut brûler la morsure avec une clef d'église rougie au feu. Mais il est indispensable que l'église soit dédiée à saint Pierre, et l'opération ne peut être faite que par un prêtre. Voy. J.-B. Thiers, Traité des superstitions ^ édit. de 1697, t. I, p. 370, et Lebrun, Ilist. critique des pratiques superstitieuses j édit. de 1732, t. I, p. 426.

^ « Exposé aux bêtes féroces, il fit sur elles le signe de la croix, et les bêtes se prosternèrent à ses pieds. »

^ Chien enragé, change de route,

Voici la bannière et les saints, Voici la bannière et la croix.

Ainsi que monsieur saint Gildas.

* « Les Bollandistes citent la guérison de la morsure d'un chat enragé par l'huile de sainte Valburge. »

^ Voy. ci-dessus, p. 236.

" Analogie de rein avec René et avec Renaud.

^ On lit sur son tombeau l'inscription suivante : '< Je guéris, par la grâce de Dieu, la strangurie, la hernie, la cécité et les autres infirmités. »

Contre les rhumatismes :

S. Léandre. S. Gautier.

Contre le rhume :

S. Maur'. S. Quentin'.

Contre la rougeole :

S. Maxime. S. Adelard.

Contre le scorbut :

S. Antoine. S. Firmin.

Contre les maladies des seins :

S" Macre^.

Contre le sommeil prolongé :

S. Guy^

Contre la stérilité des femmes ^ :

S. Greluchon*^. S. Arnaut.

S. François. S. Faustin'.

' Il retira de l'eau saint Placide, qui allait se noyer, et qui « n'eut même pas le plus petit rhume. » ^ Allusion aux quintes de toux.

^ On lui avait arraché les seins.

* « Il est ordinairement représenté avec un coq à côté de lui. »

* Voy. Dulaure, Histoire des différents cultes, t. II, p. 26/'. ^ « Sainct Guerlichon se vante d'engrosser bravement autant

de femmes qui le viennent aborder, pourveu qu'elles facent leur devoir, c'est-à-tlire que pendant le temps de leur neuvaine, faillent point chacun jour de s'estendre sur luy tout de leur long; aussi ne faillent point de boire chacun jour un certain breuvage, parmi lequel il y a de la poudre qu'on racle des génitoires d'iceluy, desquelles il est horriblement bien fourni. » (Henri Estienne, t. II, p. 322.)

' Sur saint Faustin, voy. dans P. Viret, De la vraye et fausse religion, édit. de 1590, p. 504, un passage que je

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