XI
242 LA VIK PllIVRE D'AUTREFOIS.
S. Gilles. S'o Procule.
S. Guignolet'. S'« Anne^
S. Mathias. S'« Colette ^
S. Gabriel ^ S'« Foy*. S. Thibault".
Contre la surdité :
S'« Oiiine. S. Ouen'.
n'ose reproduire. Les lignes suivantes, de forme moins brutale, ont également été écrites par un hétérodoxe : « 0 comhien de feuunelettcs hréhaigncs (stériles) sont devenues joyeuses mères de beaux enfans pour avoir ceinte la ceinture de jNotre-Dame, ou baisé les brayes de sainct François; ou bien pour s'cstre estcndues sur l'image de sainct Gucrlichon, ou pour lui avoir seulement chatouillé les pieds, ou pour avoir levé le devantier (vêtement de devant) à sainct Arnault,ou pour s'estre vouées à sainct Faustin en Périgord, que les femmes dupais appellent sainct Chose ; ou tinaleuicnt pour avoir tiré les cordes du clocher de l'église Notre-Dame de Liesse à belles dents. " (Marnix de Sainte-Aldegonde, Tableau des différens de la religion, édit. de 1605, p. 380.)
^ Boire de l'eau dans son crâne.
^ « Sainte Anne, qui avait tant prié pour avoir un enfant, devait naturellement être invoquée par celles C|ui désiraient obtenir la même faveur. »
^ « Sa mère était sexagénaire, et ce fut par une \ rot3Ction spéciale qu'elle obtint la grâce d'avoir un enfant. »
^ « C'est lui qui annonça à la Vierge Marie sa sublime maternité. »
^ « Sa ceinture possède les vertus miraculeuses attribuées d'ordinaire aux reliques des saintes martyrisées pour avoir défendu leur virginité; elle procure la maternité et des couches heureuses aux femmes qui la ceignent. »
** « La reine Marguerite, femme de saint Louis, mariée depuis plusieurs années, obtint par son intercession puissante plusieurs fils et plusieurs filles. »
' «» Cette invocation tire son origine du nom même de
Contre la syphilis et « les maladies honteuses : »
S"- Reine'. S. Job^
S. Fiacre ^
Contre la teigne :
S'" Reine^ S'- Anne^
S. Ignace^.
Ouen, comme dérivé du vieux verbe ouïr, qui veut dire entendre. Sainte Ouine est invoquée pour le même motif. »
' « Elle était invoquée contre la rogne, la teigne, les maladies honteuses, et en général toutes les- affections caractérisées par des éruptions de boutons ou de pustules. » Cause : une guérison opérée par elle.
^ « On a eu grand tort de faire Job médecin des vér ,
comme si la gale qu'il a eue avoit été vér. .., maladie que nous sçavons estre née peu devant nostre temps. » (H. Estienne, t. II, p. 314.) — Voyez dans G. Patin, Lettre du 18 septembre 1665, t. III, p. 553, une phrase que je ne veux pas réimprimer.
^ Voy. ci dessus Fistules et Hémorrhoïdes.
* Vov. ci-dessus Syphilis.
" « Prière pour la teigne. Paul qui est assis sur la pierre de marbre, notre Seigneur passant par là lui dit : « Paul, que fais-tu là? — Je suis ici pour guérir le mal de mon chef. — Paul, lève-toi, et va trouver sainte Anne, qu'elle te donne telle huile quelconque ; tu t'en graisseras légèrement à jeun une fois le jour, et pendant un an et un jour. Celui qui le fera n'aura ni rogne, ni gale, ni teigne, ni rage. " Il faut répéter cette oraison pendant un an et un jour sans y manquer, tous les matins à jeun, et au bout de ce temps vous serez radicalement guéri et exempt de ces maux pour la vie. » {Le médecin des pauvres, Paris, 1887, p. 2.)
® Jeu de mot : saint Tignasse
Contre la transpiration de la tête :
S'o Baudile'.
Contre les ulcères :
S. Job. S. Eloi.
Contre la variole :
S. Élie. S'« Bonose».
Contre les varices :
S. Antoine.
Contre les vers des enfants :
S. Millefort^. S. Mandé*.
Contre les vomissements :
S'® Julienne*.
' Elle fut décapitée, et sa tête en tombant fit jaillir trois sources. « Les mères y trempent les bonnets tle leurs enfants et les leur mettent sur la tète pour en éloigner une transpiration abondante. "
^ " Ses chairs, déchirées avec des ongles de fer, portaient des traces équivalentes à celles que laisse la petite vérole. »
^ " On apporte les enfants dans sa chapelle, et on les fait asseoir trois fois, entièrement privés de leurs vêtements, sur une pierre froide qui se trouve sur ce sanctuaire. »
* Il habita pendant longtemps l'île Saint-Mandez, près de Lannion. « La terre de cette île a la vertu de faire périr tous les serpents et tous les insectes. On emploie tous les jours cette terre, on la délaie avec quelque liqueur, et cette liqueur avalée par les enfants tue les vers. »
^ « Un vomissement continuel lui faisait rejeter toute espèce d'aliments, et cette douloureuse affection ne permettant pas qu'on lui administrât le saint viatique dans ses derniers moments, le Sauveur voulut bien faire un prodige pour contenter son désir de s'unir à lui. La sainte hostie, placée sur son cœur, disparut subitement, et après sa mort,
Contre les maux d'yeux ' :
S'« Lucien S»« Clairet
S. Clair*. S. Jérôme \
S. Lé(jer*. S. Raphaël^.
S. Félix«.
Mais les saints ne se bornent pas à prévenir ou à guérir les maladies. Le chrétien peut, en toute circonstance, invoquer leur efficace intervention. « Les défaillances , les maladies physiques ou morales de chacun de nous en particulier, les fléaux qui lui viennent de la
qui eut lieu le 19 juin 1340, on vit l'image du Sauveur miraculeusement imprimée sur la poitrine de la sainte. »
^ Voy. ci-dessus Cécité.
~ « Elle est invoquée pour la guérison des yeux, parce que son nom vient de lux y lumière. »
^ Privilège dû « à la signification de son nom. »
*" « A cause de la signification de son nom (clarus, clair) , il est invoqué contre les maladies d'yeux. »
" Je pense que ceux qui ont pourveu sainct Clair ou saincte Claire de l'office de guarir les yeux, ont eu esgard à l'étymologie de leur nom, car on ne scauroit mieux guarir les yeux que de les faire voir clair. » (H. Estienne, t. II, p. 320.)
Saint Clair est le patron des miroitiers, des opticiens, des verriers, etc.
^ « L'altération de sa vue a été l'origine de l'invocation qui lui est adressée contre la faiblesse de la vue. »
*^ Il eut les yeux crevés par ordre d'Ebroin, maire du palais sous Clotaire III.
^ C'est par ses conseils que Tobie recouvra miraculeusement la vue.
* Les frotter avec une eau qui découle goutte à goutte de «on tombeau.
nature vivante ou inanimée, les catastrophes sociales contre lesquelles tous les efforts sont impuissants, ont de tout temps fait sentir au malheureux le besoin d'un protecteur surnaturel. L'homme l'a trouvé en Dieu par l'intercession des saints ^. » Aussi, bien que dans ce petit volume je n'aie pas donné place à l'art vétérinaire , mes lecteurs me sauront gré de leur rappeler que l'Église a toujours recommandé d'invoquer :
S'« Gertrude pour la guérison des chats*.
S. Jean-Baptiste — — agneaux^.
S. Loup — — brebis*.
S. Martin — — chevaux 5.
S. Éloy — — mulets.
S. Hubert — — chiens".
S. Antoine — — porcs.
' Lettre de Mgr l'évèquc de Pamiers,
^ Voy. ci-dessous, p. 247, note 9.
•' « A cause de l'agneau symbolique qu'il porte ordinairement sur un livre. »
* « A cause de son nom , il est invoqué contre cet animal carnassier. Cette invocation a entraîné le patronage des bergers, qui se sont mis, eux et leurs brebis, sous l'invocation du saint. »
^ Saint Grégoire de Tours raconte que « pour préserver d'accidents les chevaux, l'usage s'était établi en Guyenne de les marquer avec la clef de la chapelle de Saint-Martin. »
" Les marquer avec un fer rouge ayant touché l'étole du saint.
LKS MEDECINS. :247
S. Gall pour la guérisoii des coqs'.
S. Ambroise — abeilles.
S. Corneille — bêtes à cornes'.
S. Guéri n — bestiaux 3.
S. Bobon* — bœufs.
S. Tliion — animaux domesti-
ques'.
De très anciennes traditions recommandent encore d'invoquer :
S. Narcisse contre les mouclies°.
S. Grégoire — sauterelles'^.
S. Ulric — loirs ^.
S'^Gertrude — rats et les souris^.
' « La signification de son nom Gallus, qui veut dire coq, est cause de l'invocation qui lui est adressée. »
^ « Il n'en faut pas chercher d'autre motif que la consonance de son nom avec celui des hêtes à cornes. »
^ Leur faire toucher une clef forgée avec un fragment du cilice de fer que portait le saint.
* Son nom latin Bos signifie bœuf.
' a Pendant vingt-deux ans, il fut employé à la culture des terres et aux soins à donner aux animaux domestiques. »
^' A cause d'un miracle opéré par lui.
■^ Elles infestaient la Navarre, et le saint les détruisit d'un signe de croix.
* « Depuis sa mort, aucun loir ne saurait vivre dans le pays qu'il habitait. Quelques personnes ont voulu y en apporter, mais ils meurent immédiatement. »
'■^ Écrire « sur des petits billets de papier neuf la formule suivante : Rats et rates, au nom du grand Dieu vivant, de la bienheureuse sainte Vierge et de la bienheureuse sainte Gertrude, je vous conjure de sortir d'ici et de vous en aller dans les bois. Rats et rates, souvenez-vous de sainte Gertrude. »
S. Ma(jne contre les cbenilles'.
S. Urbain — rats des champs'.
S. Fr. Borgia — taureaux.
S. Mandé — serpents ^
S'« Blandine pour donner du lait aux vaches.
Enfin, comme chez les personnes affligées d'une organisation nerveuse, les plus légers incidents de la vie peuvent devenir causes de maladie, j'ajouterai que, de tout temps, les fidèles ont cru que :
S. Médard'^, S*^ Suzanne et trente -cinq autres saints décidaient la pluie à tomber. S. Raymond^ et S. Die ^ l'arrêtaient.
S. Clair amenait le beau temps, un temps clair.
S. Biaise commandait au vent'.
S. Grégoire de Nazianze procurait un temps
* " Elles fuyaient devant son bâton planté dans un champ. »
^ « Si quelqu'un, ayant éprouvé un dommage de la part des rats des champs, donne aux pauvres un pain pour les âmes du père et de la mère du bienheureux Urbain, il en sera pour toujours préservé. "
^ Voy. ci-dessus, p. 244.
* « Assailli par une pluie torrentielle, il en fut garanti par un aigle qui l'abrita sous ses larges ailes. »
^ « Elle cessait immédiatement en sonnant les cloches placées auprès de son tombeau. »
® Il suffisait de porter en procession sa tunique. ^ " En allemand blasen, blas veut dire souffle. »
LKS MÉDECINS. 249
favorable aux récoltes. S. Urbain les rendait abondantes. S. Roland les empêchait de pourrir. S. Nicolas les assurait contre l'incendie.
S. Séverin faisait fructifier la vigne et S. Christophe les pommiers.
S. Dominique, S. Christophe arrêtaient la grêle; S. Gaucher apaisait les orages; S. Yalérien, les tempêtes *.
S. Aurélien ^, S*' Hélène, S*' Scholastique préservaient de la foudre.
S. Juste ^ et S*' Agathe"^ empêchaient les tremblements de terre.
S. Honoré % S*' Ursule^ et S. André "' facilitaient les mariages.
Les gens malheureux en ménage appelaient
' « Immédiatement après son martyre, un vent violent s'éleva. »
^ Il en avait été frappé.
^ « On constata que ses os s'agitaient dans son sarcophage avec un certain retentissement. »
* » Une éruption des plus A'iolentes de l'Etna s'arrêta tout à coup au moment où on lui opposa le voile de la sainte. »
^ Il emplovait tout son argent à doter des jeunes gens et des jeunes filles.
® Elle fut l'institutrice des onze mille vierges.
"^ Lui adresser l'invocation suivante : " 0 saint André, faites que je trouve un bon et pieux mari. Aujourd hui, montrez-moi celui qui me prendra pour épouse. "
à leur aide S. Gengoul \ S. Gomer^ et S. Arnoul ^.
S. Daniel de Padoue protégeait les femmes séparées de leur mari, et leur en apportait des nouvelles.
Il fallait invoquer S. Aselipe « contre les pensées impures et contre la jalousie conjugale, w
S. Achard et S. Acaire "^ adoucissaient les gens acariâtres.
S. Avertin rendait les enfants intelligents ^ .
S. Abraham les empêchait de crier.
' Sa femme l'ayant trompé, « Dieu permit qu'elle fût affligée tout à coup d'un bruit honteux et sans interruption pendant tout le reste de sa vie, ce qui la livra à la moquerie et aux sarcasmes publics. »
« ... Et comme sa femme ne le veut croire, il luy fait si large ouverture au guichet de son serrail par derrière, que toute sa vie elle ne fait que continuellement chanter basse et puante note. » (Marnix de Sainte-Aldegonde, p. 378.)
^ Sa femme avait un caractère intraitable. Il " réussit à la convertir entièrement par sa douceur et plus encore par ses prières. »
^ Par vous, par votre lécherie,
Suis-ge mis en la confrarie Saint Ernol, le seigneur des cous.
{Roman de la Rose, édit. elzév., vers 9,431, t. II, p. 326.)
* « Quand on a dit que sainct Acaire guarissoit les acariastres, je ne doute point qu'on ait regardé à l'origine de son nom. « (H. Estienne, t. II, p. 312.)
* On les conduisait à son autel pour les avertiner.
S. Louis de Gonza.^iie conseillait les jeunes gens pour le choix d'un état *.
S. Joseph de Gupertino devait être invoqué par les jeunes gens qui avaient des examens à subir ^.
S. Joseph, époux de la sainte Vierge, indiquait des appartements à louer ^.
S. Antoine'^, S. Landry ""j S. Amable*^, S. Mamert ^ éteignaient les incendies.
S. Antoine de Padoue ^, S*" Anne ^ et S. Gatien ^^ faisaient retrouver les objets perdus.
^ " A l'âge de seize ans, il eut recours à la sainte Vierge, afin d'apprendre ce que Dieu demandait de lui. Une voix miraculeuse lui dit distinctement qu'il devait entrer dans la Compagnie de Jésus. "
* A l'examen qu'il eut à subir pour le sacerdoce , " les premiers interrogés répondirent si bien que l'évèque jugea inutile d'interroger les autres. Il admit indistinctement tous les candidats, y compris Joseph, qui fut fait ainsi prêtre le 4 mars 1628. »
' Parce qu il n'en avait pas trouvé à Bethléem, ce qui fut cause que Jésus naquit dans une étable.
* « Interprétation toute matérielle du symbole des flammes placées à ses pieds. »
^ Son suaire, opposé aux flammes, éteignit un incendie qui s'était déclaré à Paris sur l'emplacement du Grand Châtelet. ^ Ses reliques éteignirent un bûcher.
"^ Le « déluge de ses larmes éteignit un incendie. » ^ « Parce que les objets perdus s'appelaient autrefois épaves, et que la ville de Padoue était appelée jadis Pava, Pave par les Français. »
^ « A cause de l'ordre parfait qui régnait dans sa maison. » ^° « La divine clémence a honoré le bienheureux de ce
S. Vincent faisait retrouver les objets volés ^
Les rois Mages préservaient de tout dang^er au cours des voyages ^.
S. Julien THospitalier ^ et S*' Gertrude assuraient partout aux voyageurs un bon gîte.
S. Yves assurait le gain des procès ^,
S. Gilles^ et S. Orens ^ préservaient de la peur.
privilège spécial que quiconque aura perdu quelque chose, et le demandera avec conliance au cœur du saint, aura certainement la joie de le retrouver. "
^ Il fit retrouver à une pauvre femme la vache qu'on lui avait dérobée.
^ On sait que, guidés par une étoile, ils vinrent adorer l'enfant Jésus dans sa crèche. " En beaucoup de lieux, on célèbre, le mercredi des Quatre-Temps de décembre, la messe du départ des Mages; cette messe, qu'on appelle communément la messe d'or, est dite en faveur des voyageurs. »
^ Surtout pour les voyages sur l'eau.
'^ Il était avocat, et plaidait pour les pauvres. Ce fragment d'une hymne ancienne est resté célèbre : Sanctus Yvo erat Brito, Advocatus et non latro, Res miranda populo.
5 « Les guerriers (saint Louis, Raymond IV, les Croisés) ^ avant d'affronter la bataille, demandaient à saint Gilles le courage au sein des couibats. »
^ « Le prêtre entoure le cou et les mains de la personne à genoux avec la chaîne à laquelle sont attachées ses reliques,. en disant : « Par l'intercession du bienheureux pontife Orens, que Dieu vous ceigne de la chaîne de la sagesse et de la ceinture du courage. »
S'* Brigitte ^ révélait à chaque chrétien le jour et riieure où il mourra.
Je m'arrête sur ces derniers mots , qui nous ramènent indirectement à la médecine et aux médecins. Toutefois , un regret me reste. Parmi les innombrables bienheureux rassemblés dans les divines phalanges, j'ai cherché en vain celui dont l'intercession m'eût surtout été précieuse. Aucun d'eux ne promet d'une manière spéciale son concours aux historiens, aux érudits, aux chercheurs. Il m'aurait pour tant été bien doux de rencontrer un protecteur céleste qui, touché de mes naïves invocations, eût consenti à prendre sous son patronage ces petits volumes, à guider leur humble auteur dans sa tâche, à le défendre contre les erreurs, à éclairer sa critique, à le douer d'impartialité, à rendre son style simple, clair et concis; enfin, à lui assurer, ce dont il n'a que trop besoin, l'indulgence de ses lecteurs. Je n'ai pu découvrir cette âmetutélaire, et il m'est pénible d'avouer qu'après un si consciencieux travail sur les prérogatives des bienheureux, je ne sais encore à quel saint me vouer.
^ « !Xotre Seigneur lui révéla l'heure de sa mort. C'est là l'origine de l'invocation qui lui est adressée pour avoir connaissance de ce moment à la fois si anxieux et si solennel. »