‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 10 sur 223 · LK PARANYMPHE · texte numérisé non relu

LK PARANYMPHE

« il ne manquait pas de relever éloquemment les mérites divers. Un orateur, bachelier ou autre, portait la parole au nom du chancelier, et invitait l’assemblée à se rendre, à jour fixe, à la grande salle de l’archevêché.

Là, nouvelles cérémonies. A cinq heures du matin ! les docteurs y tenaient une assemblée préparatoire, destinée à établir l’ordre de réception des candidats. L’im- I portance donnée à ce classement était un des principaux moyens d’émulation dont on disposât alors. Obtenir le premier lieu à la licence, était pour un jeune homme la plus belle des récompenses, et, d’ordinaire, le gage d'un brillant avenir. Aussi ce vote était-il entouré d’un appareil extraordinaire. Pour y prendre part, les docteurs devaient fournir la preuve qu’ils avaient assisté à la majeure partie des disputes publiques. Ils s’en-

I gageaient chacun par un serment prêté entre les mains du chancelier, à ne rien accorder à la faveur, à ne tenir compte que du seul mérite. Puis ils jetaient dans l’urne la liste que leur dictait leur conscience. De la comparaison des listes ainsi faites résultait l’ordre définitif des admissions.

A dix heures, la salle s’ouvrait aux représentants des grands corps de l’État, à la magistrature, à l’administration, à toutes les notabilités convoquées pour la circonstance. La liste qui venait d’être arrêtée était proclamée à haute voix. Alors les récipiendaires tombaient à genoux, et, tête nue, dans l’attitude du recueillement, ils recevaient la bénédiction apostolique que le chancelier leur donnait en ces termes : Auctoritate sanctœ

l’ancienne faculté.

sedis opostolicœ , qua fungor in hac parte , do tibi licentiam legendi, interpretandi , et faciendi medicinam hic et ubiqae terrarum, in nomine Patris, et Filii, et Spiritus sancti. Ici et par toute la terre ! C’était là cette glorieuse prérogative dont la Faculté était si fière, et qui toujours contestée, mais toujours vaillamment défendue, lui fit des ennemis dans l’univers entier, qu’elle espérait bien voir un jour à ses pieds.

Alors le chancelier proposait une question au licencié qui venait d’obtenir le premier rang, et celui-ci la traitait immédiatement. Comme le chancelier n’était pas médecin, que c’était là d’ailleurs un discours d’apparat destiné à une assemblée composée d’éléments fort divers, la question proposée avait presque toujours une physionomie religieuse ou littéraire, propre à toutes les amplifications et à toutes les subtilités. Disons à l’honneur de la Faculté, que les sujets qu’elle traitait étaient plus sérieux, lorsqu’elle était chez elle. Voici quelquesunes de ces questions , que Hazon 1 appelle poliment ingénieuses :

An quartanœ curandœ concernât ebrietas? (1658)

Utrum Tobiœex piscis felle curatio naturalis? (1 668)

An qui mel et butyrum comedit , sciât reprobare malum et eligere bonum 2? (1670)

Ex qua parte rnanaverit aqua , quæ profluxit e

1. Hazon, Éloge historique de la Faculté de médecine de Paris,

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