‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 11 sur 223 · Isaïe, cap. vii, v · texte numérisé non relu

Isaïe, cap. vii, v

LR DOCTORAT.

mortui Christi latere perforato layiceæ acuto mu crone ? (1692)

On se croirait à Byzance, la veille de la prise de là ville par les Turcs, plutôt qu’à Paris, en plein règne de Louis XIY.

Ce discours achevé, le chancelier, les docteurs, les licenciés, escortés de toute l’assistance, se transportaient à la cathédrale, pour remercier la sainte Vierge d’avoir mené à bien les travaux commencés sous ses auspices. La main étendue sur l’autel des martyrs, le chancelier prononçait à demi-voix une courte prière, qui rappelait aux nouveaux élus qu’appartenant désormais à l’Église d’une manière plus particulière, ils devaient être disposés à tout sacrifier pour elle, même leur vie : Usque ad effusionem sanguinis. Ainsi se terminaient les cérémonies de la licence.

IX. Le doctorat, qui venait ensuite, n’en était pour ainsi dire qu’une conséquence naturelle, et n’exigeait pas comme aujourd’hui de nouvelles épreuves. Ce grade suprême était comme une dernière consécration qui ajoutait au droit de pratiquer déjà acquis, celui d’avoir voix délibérative aux écoles et de jouir de tous les honneurs de la profession. La licence introduisait un médecin dans le public oii il devait exercer son art; le doctorat l’introduisait dans le sanctuaire de la Faculté; d’où le caractère particulier des cérémonies qui l’accompagnent. Plus d’intervention des autorités civiles et religieuses; plus d’assistance étrangère. Tout se passe à

l’ancienne faculté.

huis clos, et comme en famille, avec une solennité non moins grande, mais plus intime, si je puis ainsi dire, et d’un caractère à la fois plus scientifique et plus simple. 1

Les statuts n’exigeaient qu’un intervalle fort court entre ce grade et le précédent, puisqu’au bout de six semaines on avait le droit de passer de l’un à l’autre. Mais, dans la pratique, cet intervalle était beaucoup plus long. On attachait une sorte de bienséance et d’esprit d’humilité à ne pas franchir si rapidement ce dernier pas. L’ordre des admissions à la licence réglait celui dans lequel on pouvait se présenter au doctorat. Toutefois , pour que l’abstention des premiers reçus ne pût porter préjudice aux derniers, on leur fixait un délai, après lequel on pouvait passer à ceux qui les suivaient. Après la supplique préalable faite dans les formes ordinaires , le doyen était chargé de faire une dernière et j minutieuse enquête sur la vie et les mœurs du licencié I postulant. Si le vote de la Faculté lui était favorable, il était admis à la Vespérie.

C’était un acte préparatoire qui se tenait , comme le mot l’indique, dans l’après-dînée. La présidence n’y pouvait être exercée que par un docteur de l’ordre des ■ anciens. Le président ouvrait la séance par un solennel discours dans lequel il retraçait au candidat l’importance, la dignité de la profession médicale, lui exposait les devoirs qu’il aurait à remplir, et les maximes d’honneur et de probité auxquelles il devait conformer sa vie. : Naturellement l’éloge de la très-salutaire Faculté de médecine faisait le fond de ce discours. On n’y pouvait

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