‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 121 sur 223 · LES CONSULTATIONS CHARITABLES · texte numérisé non relu

LES CONSULTATIONS CHARITABLES

traités fort simples sur la préparation des médicaments les plus usuels. L’auteur (et en cela il avait grandement raison) attaquait violemment le nombreux et coûteux fatras de juleps, apozèmes, opiats, potions cordiales et autres, que la pharmacie d’alors conservait comme une précieuse tradition de la médecine arabe. Comme c’était là le gagne-pain des apothicaires, on conçoit qu’ils durent jeter les hauts cris, lorsqu’ils virent la Faculté, par l’organe de Guybert, prôner « une médecine facile et familière » qui les réduisait à néant, et annoncer même au public que leur ministère était parfaitement inutile, et que chacun y pouvait aisément suppléer chez soi. Cette dernière proposition les révoltait. Passe encore pour les pauvres, qui ne peuvent faire autrement ! « Quant aux riches, il y a grand sujet de s’ébahir comment ils ne se laissent pas faire un habit et des souliers par celui qui n’est pas tailleur ou cordonnier, et cependant ils se font préparer et donner des remèdes où il y va de leur vie, par des femmelettes et domestiques ignorants ! »

Renaudot (ces lignes sont de lui) était épris de la chimie, et parce qu’il était docteur de Montpellier, et parce qu’il voyait dans cette science naissante une nouveauté pleine d’avenir. Pour lui, la chimie n’excluait pas la pharmacie, bien au contraire. Se concilier les apothicaires, en leur fournissant de l’occupation, les associer à ses propres travaux, c’était servir à la fois ses intérêts et ses instincts scientifiques. Disons tout : Renaudot fut, en son temps, l’un des plus fervents sectateurs de l’an-

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