PREMIÈRES CONFÉRENCES CLINIQUES
timoine. Sa maison de la rue de la Calandre devint bientôt un vaste laboratoire, où les drogues proscrites par la Faculté étaient préparées en grand. 11 obtint môme, à cet effet, des lettres patentes spéciales : « Et d’autant, y est-il dit, qu’une partie des expériences qui s’y font, sont des remèdes tirés des plantes , animaux et minéraux, pour la préparation desquels il est obligé de tenir toute sorte de fourneaux, alambics, matras, récipients et autres vaisseaux et instruments de chimie et spagyrie, pour extraire, par les opérations dudit art, toute sorte d’eaux, huiles, sels, magistères, extraits, quintessences, chaux, teintures, régules, précipités, et généralement tous les autres effets dudit art de chimie... Permettons et accordons à tous ceux qui auront quelque invention ou moyen servant au soulagement desdits pauvres, tant valides que malades et invalides, mêmement quelque remède tiré des végétaux, animaux, minéraux, par le régime du feu ou autrement, le pouvoir faire en la maison dudit Renaudot et en sa présence, et non ailleurs.
Et, pour cet effet, avons permis audit Renaudot de tenir > chez lui lesdits fourneaux, et y faire toute sorte d'opérations chimiques, servant à la médecine seulement. » Ainsi, c’était une espèce de monopole de la chimie que Renaudot était parvenu à s’arroger, et qui lui était officiellement reconnu ; sa maison devenait, par là, le rendez-vous naturel des savants adonnés à ce genre d’études. Un progrès en amène un autre. La Faculté de médecine, ainsi que nous l’avons vu, était assez pauvre en moyens d’instruction pratique. Les étudiants le sen-