IPAR LA FACULTÉ DE MÉDECINE
répandre la lumière parmi les Gentils. Voilà de bien grandes images pour une question de clous et de saignées. Mais ces images ne paraissaient pas exagérées, lorsqu’il s’agissait d’affaires aussi importantes qu’un procès de privilèges. C’était l’époque où l’on voyait les cordonniers plaider contre les savetiers qui s’ingéraient de fabriquer des souliers, et les savetiers contre les cordonniers qui se permettaient le raccommodage.
Donc, les barbiers demandèrent un beau jour à étudier l’anatomie. Mais ici se présentait une difficulté. Les règlements universitaires étaient précis : les leçons publiques ne pouvaient se faire qu’en latin. Parler latin à des barbiers, cela ne les avançait guère. On décréta donc que l’enseignement serait donné en latin, et les j explications en français. Ce fut alors qu’au grand scandale des puristes, on vit s’introduire dans les Écoles,
! mais pour ce cas particulier seulement, ce latin bizarre,
| mis à la portée des ignorants, véritable langage macaronique, parlé, chose surprenante, par d’excellents latinistes ! Qui fut le plus indigné? Naturellement ce furent i les chirurgiens. Ils suscitèrent de nouvelles chicanes, soutinrent que l’enseignement de l’anatomie leur appartenait en propre. 11 se trouva des magistrats conciliants qui crurent tout arranger par une de ces demi-mesures qui ne satisfont personne. Ils décidèrent que, dans l’amphithéâtre de la Faculté, un docteur enseignerait l’anatomie sans toucher au cadavre, qu’un chirurgien serait chargé des dissections, que les barbiers assiste- 1 raient aux leçons et tâcheraient de comprendre. C’était