PLÉIADE CHIRURGICALE
intérêts, et par conséquent pour faire taire toutes les rancunes. A la fin de cette période sanglante de notre histoire, il se trouva que les barbiers avaient encore fait du chemin, et qu’affermis parleurs derniers contrats avec la Faculté, ils s’étaient peu à peu habitués à l’idée de ne dépendre de personne. Pendant quelques années, ils négligèrent de prêter le serment prescrit; déjà ils affichaient la prétention de marcher seuls et de se passer d’une onéreuse protection.
Y. La fin du seizième siècle fut pour la chirurgie française une époque glorieuse : au moment où les autres sciences étaient encore muettes, où tout le travail de l’intelligence semblait absorbé par ces grands travaux d’érudition qui préparaient l’avenir, c’est un spectacle curieux que de voir se former, en dehors de la Faculté, de qui était censée émaner toute lumière, une école chirurgicale toute pleine d’un esprit nouveau, interrogeant la nature, faisant des expériences, et s’élevant presque sans guide à des conceptions pratiques de la plus haute importance. À la tête de cette pléiade marche un homme de génie, Ambroise Paré, le restaurateur, et l’on pourrait presque dire le créateur de la chirurgie chez les modernes, et qui put voir avant de mourir ses ouvrages traduits et commentés dans toutes les langues de l’Europe. Autour de ce nom incomparable se groupent ceux de ses disciples chéris Pigray et Guillemeau, ceux de Démarqué, des deux Colot, de Girault, de Séverin Pineau, et d’autres moins illustres, qui attestent,