‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 149 sur 223 · DES BARBIERS · texte numérisé non relu

DES BARBIERS

mer un complément nécessaire de leur éducation, qu’ils devaient obtenir tôt ou tard. La Faculté ne pouvait pas voir ces choses, aveuglée qu’elle était par son instinct de domination. Mais nous qui les voyons, nous éprouvons une satisfaction rétrospective à entrevoir, au milieu de l’immobilité apparente d’un siècle de privilèges, les conquêtes qu’un travail obscur et persévérant prépare de longue main à la liberté des professions.

VI. De leur côté, les chirurgiens de Saint-Côme n’avaient rien négligé pour constituer fortement leur collège, et pour obtenir, de gré ou de force, leur entrée dans l’Université. En général, on peut dire que leurs plus audacieuses tentatives en ce sens précèdent ou suivent de près les actes d’union entre la Faculté et les barbiers ; ce qui est d’ailleurs assez naturel. C’est ainsi qu’en 1576 nous les voyons, dans une assemblée générale de l’Université, formuler la demande expresse de faire partie de la Faculté de médecine, et à ce titre de recevoir la bénédiction du chancelier, défaire des leçons publiques, etc. Plusieurs édits des rois de France leur avaient bien accordé ou confirmé cette autorisation 1 ; mais ces édits étaient restés à l’état de lettre morte, et

1. Dans une ordonnance de François Ier, il est ordonné « que lesdits professeurs, bacheliers, licenciés, maîtres en icelui art, mariés et non mariés, jouissent de tels et semblables privilèges, franchises, libertés, immunités et exemptions, dont les écoliers, docteurs-régents, et autres gradués et suppôts de notre Université, ont accoutumé de jouir et user. » (Secondes lettres patentes de 1544.) — Confirmation de ces privilèges par les rois Henri II, Charles IX et Henri III.

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