‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 15 sur 223 · BANQUETS A LA FACULTÉ · texte numérisé non relu

BANQUETS A LA FACULTÉ

Genève, M. l’évêque de Belley mon bon ami, Justus Lipsius, *et enfin de François Rabelais, duquel autrefois on m’a voulu donner vingt pistoles. Que dites-vous de cet assemblage? Mes invités n’étaient-ils pas en bonne compagnie?... »

Ces trente-six docteurs en belle humeur, ces portraits de savants hommes, qui peignent si bien les sympathies littéraires et scientifiques de l’amphitryon et de ses convives, cette image de saint François de Sales placée entre celles de Charron et de Rabelais, comme un symbole de l’alliance bizarre qui se faisait chez eux entre les plus pures traditions religieuses et les allures les plus dégagées de l’esprit gaulois, n’est-ce pas un délicieux tableau d’intérieur, et ne semble-t-il pas, en le lisant, que l’on rajeunit de deux siècles? Du reste, Guy Patin, type achevé de cette époque et de ces mœurs, n’était pas sans un goût prononcé pour ces petites débauches d’esprit autour d’une table bien servie ; et il parle à plusieurs reprises, avec délectation, de l’excellente chère que l’on fait chez M. de Lamoignon.

Mais les meilleures choses ont leurs abus. L’usage voulait qu’en souvenir des anciens liens qui rattachaient la Faculté au chapitre métropolitain, les licenciés, le jour de leur bénédiction, invitassent à dîner le chancelier et tous les chanoines de la cathédrale. M. Sabatier1 raconte que vers \ 6o0, la Faculté ayant voulu supprimer ce repas comme trop dispendieux, les chanoines le

Page 1