‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 158 sur 223 · ET ARRÊT DE · texte numérisé non relu

ET ARRÊT DE

tum, quod obstricti præsentes tenerent, et ipsi venturi in nomina legerent posteri, sanxit hoc decretum in Facultatis commentariis referendum, typis edendum, significandum singulis. »

Ce décret, écrit sur une grande feuille en vélin , et revêtu du grand sceau de la Faculté, fut enfermé dans une boîte d’argent. Douze docteurs, le doyen en tête, le portèrent chez l’avocat général; on y joignit une magnifique édition des œuvres d’Hippocrate en cinq volumes in-folio.

Les chirurgiens songèrent, mais trop tard, à faire rompre l’union qui leur avait été si funeste; dernier espoir qui leur fut bientôt ravi. Avec quelle joie Guy Patin se promet le spectacle des mutuelles récriminations de ses ennemis ! « Ce procès va à les voir plaider les uns contre les autres; nous serons les spectateurs. L’arrêt que nous avons obtenu ne laissera point de demeurer en son entier : robes coupées et abattues, bonnets écornés et renversés. Ils se mangeront les uns les autres, et il n’y aura jamais grande perte. » Assister ironiquement à des dissensions intestines entre des ennemis vaincus, alors qu’on n’en a plus rien à craindre, c’est le dernier raffinement delà vengeance satisfaite.

IX. Guy Patin n’eut pas ce plaisir : aux premiers moments d’irritation succéda un découragement profond. Barbiers et chirurgiens ne tardèrent pas à s’apercevoir que leur défaite était définitive. L’année ne s’écoula pas, qu’on ne les eût obligés à enlever de leur

Page 1