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Chaque maître ne pouvait avoir plus d’un apprenti

cependant dans les hôpitaux, et notamment à l’Hôtel- Dieu des places de garçons chirurgiens ou de premiers compagnons nommés pour six ans, et destinés à servir les pauvres, sous les ordres du chirurgien traitant. Ces places correspondaient, à peu de chose près, à celles des internes d’aujourd’hui. La nomination se faisait au concours : le jury se composait des administrateurs de l’hôpital, du substitut du procureur général, et autres notabilités administratives ou commerciales , voire même de médecins. Ces compagnons, en raison des services qu’ils rendaient, et de l’instruction qu’ils étaient censés acquérir pendant ce long et rude apprentissage, obtenaient une réduction considérable des frais d’examen, et la dispense d’une partie des épreuves imposées aux aspirants à la maîtrise1.

L’enseignement officiel se donnant dans l’amphithéâtre de la Faculté de médecine, celui de Saint-Côme ne devait consister qu’en des conférences ou démonstrations pratiques, d’où la théorie devait être, autant que possible, absente. A cet effet, l’un des anciens maîtres >

était désigné chaque année par la communauté. Les rè-

1 . Ambroise Paré regardait son séjour de trois ans à l’Hôtel-Dieu de Paris comme un de ses plus beaux titres : « Faut sçavoir que par l’espace de trois ans i’ay résidé en PHostel-Dieu de Paris, ou i’ay eu le moyen de veoir et connoistre (eu esgard à la grande diuersité des malades y gisans ordinairement) tout ce qui peut être d’altération et maladie au corps humain : et ensemble y apprendre sur une infinité de corps morts tout ce qui se peut dire et considérer sur l’anatomie, ainsi que souvent i’en ay fait preuue très suffisante, et cela publiquement à Paris, aux escholes de médecine. » ( Avis au lecteur .)

glements ne lui laissaient le droit de faire d'une façon complète que le cours d’opérations. Encore y mettaientils de singulières restrictions : les cadavres appartenant de droit à la Faculté, il était spécifié que les démonstrations se feraient sur des animaux pour les opérations du ventre et de la poitrine, et sur la tête d'un veau pour l’opération du trépan ! Voilà où mène la logique. Nous avons vu comment l’enseignement des chirurgiens de Saint-Côme ne fut, heureusement pour la science, qu’une longue et opiniâtre protestation contre ce système de prohibitions vexatoires. Nous n’avons pas à y revenir. Ajoutons, comme trait caractéristique, que, par une mesure dont le besoin s’était fait sentir plus d’une fois, défense était faite aux élèves de se présenter aux leçons avec épées, cannes ou bâtons.

Pour être reçus maîtres, les aspirants devaient faire le grand chef-d'œuvre . Nul n’y était admis, s’il n’avait l’âge de vingt-deux ans. Cependant une dispense de deux années pouvait être accordée aux fils de maîtres. Pour s’y présenter, il fallait avoir deux ans d’apprentissage, et en outre avoir travaillé trois ans sous un maître, ou un an au moins à l’Hôtel-Dieu. Les interrogations portaient « tant sur la connaissance du corps humain, sujet de chirurgie, maladies externes qui aviennent en lui, comme apostèmes, plaies, ulcères, fractures et dislocations, et autres dépendances de la chirurgie, que sur la connaissance des remèdes et médicaments tant simples que composés, comme onguents, emplâtres, cérats, pultes, poudres, liniments, huiles, céroüannes

et toutes espèces de pirotiques, tant actuels que potentiels : comme aussi sur les opérations qui sont nécessaires pour la guérison desdites maladies; ensemble seront tenus de faire pour chef-d’œuvre démonstration anatomique du corps, ou de quelque partie d’icelui, avec les opérations chirurgicales, comme bandages, saignées, applications de cautères, trépans et autres h» L’aspirant se présentait, assisté d’un conducteur pris parmi les maîtres, lequel, dans le cas où l’apprenti n’aurait pas fait les démonstrations suivant les règles, devait réparer sa faute. Après une requête et une légère interrogation préalable, sous le nom de tentative, le candidat était immatriculé pour le premier examen. On lui fixait le jour de l’assemblée générale, et il était chargé de porter chez les maîtres le billet de convocation. Chaque examen ne pouvait durer moins de deux heures. Un ou deux docteurs en médecine y assistaient à une place d’honneur; mais, depuis longues années déjà, ils n’interrogeaient plus. Ils recevaient trois livres pour cette assistance muette. L’examen était fait, devant tous les maîtres, par quatre d’entre eux tirés au sort, par le premier chirurgien ou son lieutenant, par les prévôts et le doyen d’âge. L’épreuve finie, le candidat se retirait, et l’assemblée prononçait sur son compte. S’il était jugé capable, on le renvoyait à deux ans pour l 'entrée en semaine.

On donnait ce nom à une série d’épreuves qui du-

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