‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 17 sur 223 · MOEURS INTIMES · texte numérisé non relu

MOEURS INTIMES

nul ne doit interrompre. Le tumulte, les récriminations, les injures sont bannies à tout jamais de la Faculté.

— Fort bien, dira-t-on. Mais ces statuts étaient-ils observés? — Je n’oserais dire qu’ils le fussent toujours ; mais, la part faite aux passions humaines, dont il serait aussi par trop injuste de ne pas tenir compte, on peut dire que tout le secret de la puissance de la Faculté était dans l’observation de ces salutaires maximes. Lorsqu’on a vécu pendant quelque temps dans un commerce intime avec cette antique société, on en retire une douce et saine impression. Il y règne comme un parfum d’honnêteté qui réjouit l’aine par je ne sais quel mélange de virilité et de candeur. Disons d’ailleurs, à l’honneur du grand siècle, qu’il en était de même dans la plupart des professions libérales, le barreau, la magistrature, l’enseignement. C’est la bourgeoisie vue par ses beaux côtés : la probité, le désintéressement, l’esprit de famille avec toutes les vertus qu’il comporte.

Nous sommes naturellement beaucoup moins bien renseignés sur ce que pouvait être la vie des étudiants d’alors. Mais il me paraît difficile qu’entourés de tels exemples, et d’ailleurs astreints comme ils l’étaient à une rude discipline, ils n’en retirassent, eux aussi, des habitudes honnêtes et laborieuses. — J’approuve volontiers Angélique refusant, par amour pour un autre, la main de Thomas Diafoirus. A vrai dire, elle n’y a pas grand mérite. Mais aussi, l’on n’a pas tous les jours sous la main, comme dans la comédie, un Cléante jeune, beau, spirituel et riche. Le choix est alors trop facile.

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