PARTIES ET HUMEURS
L’organe secréteur de la bile n’est- il point influencé spécialement parla saison des chaleurs? Son maximum d’activité et de succeptibilité ne coïncide-t-il point avec l’âge adulte? Yoilà certes des rapports plus féconds, plus sûrs pour la pratique que les suppositions de Stahl et de Haller *. »
Y. Parties et humeurs. Les tempéraments nous ont donné en quelque sorte la formule générale de l’homme. L’anatomie, science de détail et d’analyse, a dû décomposer les organes, les envisager dans leurs formes, leurs rapports, leur structure. La physiologie reprend cette étude à un point de vue nouveau; elle distingue les organes corporels, d’après leurs usages, en : contenants,- ce sont les parties solides ; contenus, ce sont les humeurs; moteurs, ce sont les esprits.
Les parties, c’est, s’il faut en croire la définition, tout ce sans quoi nous ne pouvons vivre suffisamment ou commodément : de là leur division en parties essentielles ou de nécessité, et parties accessoires ou de commodité. Mais ces parties sont de plusieurs ordres ; et c’est l’un des principaux mérites de la génération d’anatomistes dont Riolan est en France le premier représentant, d’avoir repris cette étude de la mutuelle subordination des éléments anatomiques, étude assez négligée de l’antiquité ; ainsi ont été tracés les premiers linéaments de l’anatomie générale. Sans doute il y a encore fort
l . Michel Lévy, Traité d'hygiène publique et privée .
PHYSIOLOGIE DU XVIIe SIÈCLE.
loin de là au vaste ensemble créé plus tard par le génie de Bichat, et à cette belle classification des tissus, des systèmes et des appareils, qui a renouvelé la physiologie moderne. Cependant l’on ne saurait sans injustice méconnaître les premiers et louables efforts tentés dans cette direction. En fait, la notion de tissu se cache au fond de ce qu’on désigne alors sous le nom un peu vague de parties vraiment similaires , savoir : les os, les cartilages, les fibres, les membranes, les ligaments, les tendons, les chairs, la peau.
Par leur union, par leurs combinaisons variées, les . parties similaires forment les organes, instruments , lesquels sont de trois ordres. Le premier ordre comprend les organes de la structure la plus simple : tels sont les nerfs, les artères, les veines. Les organes de second ordre atteignent déjà une texture plus complexe : ainsi les muscles possèdent chacun un corps charnu, un tendon, une gaîne fibreuse, etc. ; les doigts comprennent des phalanges, des articulations, des ongles, un appareil tactile. Enfin de la réunion de plusieurs organes de second ordre résultent des organes de troisième ordre, véritables machines vivantes destinées à accomplir, par l’association de différentes pièces, une seule et même fonction.
Il est à déplorer que ces vues d’ensemble, qui contiennent de véritables éléments de progrès, viennent aboutir à la doctrine des quatre humeurs, dont elles ne sont guère que le préambule. Ici c’est encore Galien qui règne en maître, et nul n’oserait le contredire sur