‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 189 sur 223 · TRAITÉ DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TRAITÉ DES PASSIONS

vements de resserrement ou de dilatation tout à fait analogues , la faculté irascible, qui a son siège au cœur avec la faculté vitale, produit l’espérance, le désespoir, la hardiesse, la crainte et la colère ; en tout onze passions simples qui, en se combinant entre elles, ou en se transformant au contact de la faculté animale, produisent les infinies variétés dont famé humaine présente le tableau mobile et changeant.

L’étude et le dénombrement des passions étaient, on le sait, au dix-septième siècle, l’un des objets favoris des méditations de la philosophie , et , il faut le dire, l’un de ceux qui l’ont le moins bien inspirée. Chacun connaît les tentatives de Descartes1 et de ses disciples pour introduire dans cette partie de la science de l’homme une prétendue exactitude mathématique. Peut-être le peu que je viens d’en dire suffira-t-il pour faire voir quelle influence les décisions de la Faculté exerçaient alors sur les esprits même les plus ennemis du joug de la tradition. Sans doute, rien de tout cela n’appartenait en propre à la physiologie du temps ; le galénisme en avait fourni les principaux matériaux. Pourtant, que de différences ! Pour Galien , la passion était le produit direct du tempérament ; le vice était simplement une maladie susceptible tout au plus d’un diagnostic et d’un traitement. Point de responsabilité ni de mérite2. Pour des médecins orthodoxes, au contraire, il s’agissait, avant tout, de sauver la liberté

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