DE L’ACADÉMICIEN CUREAU DE LA CHAMBRE
humaine ; mais il fallait aussi respecter les esprits animaux. De ces deux nécessités rivales, naissaient à chaque instant des contradictions qui, malgré tout, ont passé dans la philosophie. Pour tout le monde, en effet, le problème se ramenait alors à établir les rapports delà volonté avec les esprits animaux. De tous les ouvrages écrits dans cette direction, le moins connu, peut-être, et non le moins original, assurément, est celui d’un médecin, l’un des plus estimés pour ses talents et pour son caractère, Cureau de La Chambre, qui, à sa qualité de médecin ordinaire du roi Louis XIY, joignit l'honneur d’être l’un des membres fondateurs de l’Académie française , et , en cette qualité , eut occasion d’y recevoir Boileau-Despréaux. Son livre des Caractères des passions, quoique profondément empreint des doctrines régnantes , se distingue , sans parler des mérites du style, par un effort marqué pour* échapper aux étreintes de la tradition. Sa classification n’est, je le veux bien, ni meilleure ni pire que celles de ses contemporains; sa théorie d’une âme composée de parties et mobile dans l’espace, est une innovation assez malheureuse qui ne mériterait pas grande attention, n’étaient quelques vues ingénieuses qu’elle lui a suggérées sur des points de détail. Mais son vrai mérite, et ce qui le distingue de ses confrères, tant en philosophie qu’en médecine, c’est de ne s’être pas exercé seulement à expliquer les pas-
sequantur. — De propriorum animi cujusgue affectunm dignotione et curatione . — De cujuslibet animi peccatorum dignotione et medela.