‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 192 sur 223 · VICES DE LA METHODE · texte numérisé non relu

VICES DE LA METHODE

VIII. Je ne me flatte pas assurément d’avoir pu en quelques pages résumer, dans ce qu’elle a de technique, cette physiologie quasi officielle, œuvre respectée de plusieurs siècles, et base de tout un ensemble médical, dont elle nous donne en quelque sorte la mesure. Il faudrait y ajouter l’exposé de la pathologie plus originale et plus pratique qui la complète et la corrige souvent. Il suffit à mon dessein d’en avoir marqué les caractères saillants. Jamais science ne fut mieux coordonnée, ni en apparence plus complète. Tout s’y tient depuis le commencement jusqu’à la fin : la doctrine des éléments mène sans effort à celle des tempéraments, aussi bien chez l’homme que dans le reste de la création vivante; les tempéraments particuliers expliquent la nature et le rôle des parties et des humeurs; des esprits et des facultés de divers ordres se subordonnent ou s’associent pour mouvoir toute la machine; là où

« un véritable désespoir. Alors l’amour, qui n’était auparavant « qu’un enfant, devient le père de toutes les passions; mais un « père cruel, qui n’en a pas plutôt produit une, qu’il ne l’étouffe « pour donner le jour à une autre, qu’il n’épargne non plus que « la première. Il fait naître et mourir en même temps cent sortes « de désirs et de desseins; et à voir l’espérance et le désespoir, « la hardiesse et la crainte, la joie et la douleur qu’il fait succéder « continuellement l’une à l’autre, le dépit et la colère qu’il fait « éclater à tous moments, et le mélange qu’il fait de toutes ces « passions, il est impossible que l’on ne se figure quelque grande « tempête, où la fureur du vent élève, abat et confond les vagues, « où les éclairs et les foudres rompent les nuées, où la clarté et « les ténèbres, le ciel et la terre semblent retourner en leur « première confusion. » ( Op . cit.)

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