‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 24 sur 223 · LA CLIENTÈLE · texte numérisé non relu

LA CLIENTÈLE

cette délicieuse parodie. S’il faut en croire Riolan1, tout s’y passait en miel et douceur. « L’union de nos consultations est admirable, dit-il; chacun est libre de dire son avis; il est permis à celui qui parle après de corriger modestement, sans passion et animosité, l’avis précédent. Medicorum controversiœ, disait Hippocrate, justam ignorantiœ suspicionem ostendunt , concordia inter eos magnam cognitionis spem demonstrat. »

Nul doute qu’Hippocrate n’ait ici raison, comme toujours; mais j’aimerais mieux, je l’avoue, que Riolan me fournît la preuve qu’en cela ses préceptes étaient toujours observés. Du reste, les statuts règlent avec grand soin la manière dont les choses doivent se passer : « Dans les consultations, les plus jeunes opinent les premiers et selon l’ordre de leur promotion au doctorat. Ce qui est décidé à la majorité des voix est, du consentement des collègues, rapporté par le plus ancien au malade, à ses parents ou aux personnes qui prennent soin de lui. »

Yoilà donc le rôle de l’ancien bien nettement défini. Molière l’interprète à sa manière : une querelle est survenue entre Artémius et Théophraste. M. Tomès est pour Artémius : « Ce n’est pas que son avis, comme on a yu, n’ait tué le malade, et que celui de Théophraste ne fût beaucoup meilleur assurément ; mais enfin il a tort dans les circonstances, et il île devait pas être d’un autre avis que son ancien2. » On voit que M. Tomès est

1 . Curieuses Recherches sur les Escholes en médecine de Paris et de Montpellier.

Page 1