DEUX CLASSES D’HOMMES DANS LA FACULTÉ
son goût. Honnête et laborieuse, elle regarde les hommes et les choses de la cour avec défiance, et je dirais presque avec un secret dédain. Un certain instinct de conservation lui dit qu’il en coûte cher de vivre avec les grands. «
Pour ne parler que des médecins, qui seuls doivent nous occuper, et qui, comme je l’ai montré, étaient libres de choisir leur entourage, il y avait donc deux partis à prendre : ou bien s’en tenir à leurs occupations journalières, se fréquenter entre égaux, et, leurs consultations finies, retourner à leurs livres et à leurs amis ; laisser aller le monde, en riant sous cape des sots et des intrigants qui le mènent; se rattacher fortement aux traditions du passé; vivre d’indépendance et de travail, avec peu de profits matériels, mais en revanche avec beaucoup de sécurité et de dignité ; ou bien, au contraire, courir les chances de la fortune, et se lancer dans les entreprises ; s’attacher aux grands, essuyer la familiarité des gens de cour, au risque d’y perdre beaucoup de liberté, et de cette délicatesse de sentiments qui est à la stricte probité ce que la pudeur d’une femme est à sa vertu. Ces deux voies étaient ouvertes, mais elles s’excluaient naturellement. C’est la première semence de division dans ce petit monde que nous étudions. Les premiers étaient de beaucoup les plus nombreux ; les seconds étaient les plus riches , et malgré cela, peut-être même à cause de cela, les moins estimés parmi leurs confrères.